Une belle jambe

Il semblerait que les déclarations de bonnes intentions énoncées par la profession aient inspiré quelques unes des campagnes préférées des français…
Le monde s’était ému de la campagne Nolita – shootée par Toscani – mettant en scène une jeune fille anorexique. Le monde a pleurniché les décès de quelques jolies plantes brésiliennes… Le monde a oublié assez rapidement les “plus jamais ça” brandis par les pontes de la mode.

Quand je parle du monde, je ne parle pas du Monde – le quotidien de référence – mais de la revue Elle qui n’a pas manqué d’étaler dans ses pages des photographies de mannequins squelettiques à l’occasion de fashion week parisienne, sous prétexte qu’elles portaient – à merveiiiiille – la dernière création Azria.
Elle assume son droit au paradoxe, c’est même la marque de fabrique de ce canard. Vous en connaissez beaucoup vous des journaux qui peuvent faire des éditos sur la pauvreté des femmes battues en Afghanistan en face d’un visuel pour la J12 de Chanel à 5000 ?
Bref, tout ça pour en arriver au vrai objet de cette note : le retour en puissance des jambes dans les chaumières. Les français viennent de couronner 3 visuels grand guibolesques :

McDonald’s : Venez comme vous êtes
Grand prix des médias Stratégies ; Grand prix du marketing des jeunes

Well : pub préférée et la “plus informative” des français selon l’APPM

Aigle : prix APPM de la pub la plus surprenante
Que dire de ces annonces?
Pas grand choses, sinon qu’elles militent – un peu – pour la fétichisation des jambes, le retour des mannequins-squelettes et l’absence de tête – qui a dit écervelage? – des femmes.
Un bel avenir en somme. Vive la France !
Source : APPM
Bonus :
Vendre de la séduction en creux

Attention, cas d’école de discours subliminal rigolo. Comment vendre de la performance et de la technicité à des nanas sportives en surface alors que message “planning” du film est : le sport vous permettra d’avoir le corps de rêve pour séduire les hommes. Réponse :
L’insight selon lequel les femmes se fichent du sport et du produit est un peu sexiste mais arbore une traduction créative très futée : il inclut les hommes dans le film de 2 manières :
- Par le point de vue troublé du cameraman qui exprime le bénéfice de la chaussure de sport par le rapport de séduction hommes/femmes ;
- Par l’insight selon lequel les femmes feraient du sport pour plaire, notamment à leur mari/compagnon.
Ce n’est pas du sport que Reebok essaie de vendre, c’est de la séduction ou de cohésion de couple.
Pour une fois qu’un film réussit à toucher les sportives et non sportives. Bravo ! (En espérant que les chiennes de garde US ne montreront pas leur museau…)

