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Comment les blogs ont tué les rédactions

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Cet article faisant état de la survie des blogs parmi les émetteurs d’information repose l’éternelle question : quel statut ont les auteurs vis-à-vis d’une marque-média? Sont-ils des marques-filles ou d’anonymes composantes d’une marque-mère?

  • Certaines marques ont fait le choix de jouer à fond la carte de la marque-mère. Le plus célèbre est The Economist dont les journalistes ne signent par leurs papiers.
  • La plupart concilie tant bien que mal les deux avec une masse de journalistes peu visibles gravitant autour de quelques superstars, genre Florence Aubenas au Monde ou feu David Carr au New-York Times.
  • D’autres jouent carrément le jeu des auteurs-stars, hébergeant essentiellement des éditorialistes invités au détriment de leur marque (tu sais sur quelle chaine travaille Jimmy Fallon?) propre ou autorisant leurs plumes les plus connues à ouvrir des blogs ou écrire des bouquins en leurs noms propres.

Aucune de ces trois formes n’est meilleure qu’une autre.

Toutefois d’un point de vue branding, il faut bien reconnaitre que la cohabitation d’une marque-mère et d’une ou plusieurs marques filles pose problème. Parce que l’une et l’autre voient leurs périmètres respectifs évoluer dans le temps, que l’une peut gêner/endommager l’autre, etc. etc.

Je ne sais plus quel écrivain expliquait qu’on avait tué le collectif le jour où les ligues ont accepté d’apposer le nom des joueurs de football dans le dos (un phénomène que les rugbymen ne manquent jamais une occasion de pointer pour vanter leurs différences) pour augmenter les ventes de maillots.

C’est le point de l’article plus haut sur les blogs, chérissant l’aura de l’auteur au détriment du média.

Ce qui est in-fine une erreur économique.

Le business model des médias c’est le packaging.

Faire des buckets de contenus médiocres sauvés par un contenu star : c’est le principe d’un bouquet de chaines du câble ou du satellite, d’un album de musique, de la manière dont les tarifs publicitaires sont calculés sur une chaine ou dans un journal (tu n’achètes pas la case de l’anchorman vedette mais une case dans la chaine).

Casser cette logique de bundle permettant de créer de la valeur et de financer des contenus qui ne pourraient pas vivre sans les locomotives posera tout ou tard problème, le jour où l’exception culturelle sera battue en brèche.

Et puis un jour les bloggueurs se syndiqueront car ils se rendront compte qu’on coûte plus cher à plusieurs, et qu’une marque n’était finalement pas une si mauvaise idée que ça…

Les bloggeurs gagneraient sans doute à porter des maillots de rugby plutôt que des maillots de foot.

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Face à des arguments abstraits, rien de tel qu’un animal pour substantifier la rhétorique

Run4Tiger wwf

Pour des raisons de nature humaine, nous réagissons plus à des stimulations émotionnelles que rationnelles.

C’est le grand drame de Milton Friedman, la grande joie de Daniel Kahneman.

Cette campagne WWF au bénéfice de la sauvegarde des tigres en Russie est de ce point assez géniale.

La cible des joggeurs est non négligeable : l’association a décidé de challenger leur esprit de compétition (les fondements moraux d’apps de quantifying self) pour courir contre un tigre.

Magique et malin (même si la réponse sur les réseaux sociaux n’est pas monumentale).