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Cannes & la politique : une habitude?

Posté en Cinéma par Jean à 26 mai 2008

Les palmarès du Festival de Cannes auraient-ils la fâcheuse tendance de prendre le pouls des tensions (inter)nationales? Petite anti-chronologie condensée des 4 derniers vainqueurs.

Je suis peut-être de mauvaise foi mais mes oreilles ne m’ont pas trahies, Sean Penn, président du jury de la cuvée 2008 avait annoncé clairement ses intentions : “cette année, le Festival sera politique“.

Résultat : une grève de profs en colère et un appel du Club des 13 - Pascale Ferran et consort y dénoncent la difficulté du cinéma français à financer ses “films du milieu” - non lu par Christine Albanel plus tard, c’est Laurent Cantet qui est porté au Panthéon.

J’irai voir avec plaisir son adaptation d’Entre les murs, un roman gentillet du tout aussi gentillet François Bégaudeau (auteur d’un essai intéressant sur Mick Jagger). Ceci dit, impossible de ne pas garder à l’estomac cette petite aigreur d’un palmarès cannois une nouvelle fois social-oriented.

L’année dernière, Christian Mungiu est récompensé pour son terrible 4 mois, 3 semaines et 2 jours scellant ainsi l’adhésion de la Roumanie dans l’Union Européenne, soit.

En 2006, Ken Loach – le tommy favori de la gauche-bourgeoise-qui-lit-Télérama – triomphe avec le Vent se lève, émettant par là-même un message d’espoir non dissimulé aux conflits qui gangrènent les relations de l’Angleterre et de l’Irlande. Une belle intention certes mais qu’en est-il de la création et du 7eme Art à proprement parler? Faut-il nécessairement calquer le scénario d’un film sur des faits réels pour bâtir une oeuvre émouvante?

En 2005, petite accalmie, L’enfant des Frères Dardenne n’attaque que collatéralement les conditions de vie précaire d’un jeune couple belge.

2004 : apothéose. Tarantino décors Michael Moore et son Farenheit 9/11, petite pépite de cinéma orienté, façon “si-t’es-pas-d’acc-je-t’écoute-pas” sur fond d’invasion américaine en Irak…

La liste est longue, à tel point qu’on peut s’interroger sur l’évident corrélat que les 4 dernières Palmes d’Or affiche entre le cinéma dit d’auteur et les messages dont il se fait le hérault. A chaque époque ses maux, Pialat – dernier français récompensé à Cannes – avait adapté Bernanos dans le sulfureux Sous le soleil de Satan. La religion serait-elle devenue trop touchy pour être montrée au cinéma ?

En tout état de cause, la machine cannoise offre un bel avatar de notre époque et après tout, n’est ce pas aussi le rôle du cinéma que de laisser la société prendre la parole?

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