
Il fallait bien que cela arrive un jour. Google vient de lancer son encyclopédie collaborative Knol, attaquant de front la célébrissime Wikipédia. Les principes de publication sont les mêmes, chaque internaute peut offrir sa contribution et enrichir la base de savoirs.
La principale différence de Knol réside dans la possibilité de faire de la publicité via des liens sponsorisés au sein des articles. Entre l’utopie du tout-gratuit et de l’accès universel au savoir et un modèle monétarisé de la connaissance, il y a un gap que seul Google pouvait franchir, grâce à sa force de frappe auprès des chercheurs et étudiants en mal de trésorerie, à grands coups de perspectives juteuses.
La chasse aux articles postés par les sociétés était déjà une plaie sur Wikipédia, elle promet de gangréner Knol. Les écoliers du monde entier pourront désormais pomper préparer leurs exposés de sciences naturelles grâce à une documentation fournies sur les molécules développées et brevetées par les laboratoires pharmaceutiques, la physique quantique inventée par Areva et les acides aminés produits par Danone et Nestlé. Encore plus fort que les intégristes détracteurs de la théorie de l’évolution de Darwin, une troisième voie va peut-être voir le jour, où chaque entreprise pourra se réapproprier le statut de démiurge omniscient du monde-qui-nous-entoure.
Les profs vont adorer… Je ne parle pas des cabinets d’avocats pour lesquels la chasse au non-respect de propriété intellectuelle ne fait que commencer…