Difficile de battre en brèche LE hot topic de la journée. Cuil est un nouveau moteur de recherche lancé par des anciens de chez Google. Il promet un plus vaste index de pages que Google – de la frime inutile en fait, entre 300 et 400 millions de pages trouvées, nobody cares – et présente les résultats de votre recherche sous forme d’onglets “intelligentes”. Les premiers essais ne sont pas révolutionnaires mais l’interface 3-colonnes est plaisante et efficace.
Nul doute que Cuil devrait parvenir a se tailler une miette du gâteau de la recherche sur Internet car Google ne devrait pas tarder à agacer. En effet, rien ne me surprend plus que l’hégémonie quasiment incontestée du géant made in Brin and Page.
Google fait des concessions pour s’implanter en Chine, on pardonne. Youtube refile en douce ses données utilisateurs à Viacom en échange d’une immunité sur les abus de copyright, petit tollé mais tout va bien. Google est utilisé par les 2/3 des internautes, Google nous invite à installer sa toolbar sur nos postes qui analyse et enregistre tous nos faits et gestes en mode détente, Google finance les écoles, les universités, certains projets humanitaires, d’autres scientifiques, soigne vos enfants… Etrangement, Microsoft jouit du même monopole sur l’univers du software et tout le monde s’indigne.
Comment Google parvient-il à ne pas être diabolisé? Est-ce une questions de temps? Ses patrons parviennent-ils à ne pas faire étalage de leurs revenus que nous imaginons pharaoniques? L’insolente position de Google est-elle tout simplement éclipsée par l’expansion généralisée de l’industrie du web? Les dépenses de mécénat sont-elles assez visibles pour nous faire gober la pillule?
Voici un petit panorama des moteurs de recherche alternatifs – le terme “concurrent” ne semble malheureusement pas approprié – qui vous permettront de faire la nique au manitou.
Commençons par le commencement, les moteurs qui se font les hérauts de l’interface et de la transversalité des sources informatives, sans autre objectif d’améliorer l’expérience de navigation.

Addict-o-matic affiche les résultats de votre recherche sous forme de wall composé des sources les plus fréquentées, quelles que soient leur nature : texte, vidéo, son et autres.
Allsearchbox fonctionne selon les mêmes modalités et permet en un click d’interroger simultanément les sites généraux les plus fréquentés.

SearchMe présente les résultats selon une interface soigneusement copiée sur celle d’iTunes.

Même topo pour Viewzi qui propose de naviguer entre les fenêtres visuellement.
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Place aux moteurs plus sophistiqués, à l’affut d’une évolution des algorithmes de recherche plutôt que d’un simple relifting graphique.

Powerset, récemment racheté par Microsoft qui-n’a-pas-dit-son-dernier-mot sur le juteux marché de l’Internet. De loin le plus prometteur des challengers de Google, Powerset incarne une nouvelle catégorie de moteurs de recherche sémantiques, qui s’attache à saisir le sens – au sens linguistique du terme – de la requête, contrairement au reste du monde qui fonctionne selon des mots clefs. Powerset est disponible en version béta et fonctionne pour le moment uniquement au sein des articles de Wikipédia.

Wikia, lancé en début d’année par Jimmy Wale, le papa de Wikipédia. Echec cuisant pour le moment mais feuille de route prometteuse à travers l’intégration des personnes et de leurs réseaux sociaux dans les résultats de recherches. Dans les faits, aucun de ces projets n’est encore opérationnel, peut-être le seront-ils un jour…

Wikiwix cible les plus férus de Wikipédia d’entre vous, à travers une interface épurée et un périmètre d’activité concentré sur la célèbre encyclopédie. Un petit bonus en quelque sorte, dispensable en diable mais potentiellement utile.
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Pour terminer, quelques search engines qui ne mangent pas de pain mais dont les caractéristiques sont à remarquer.

Ecocho plante deux arbres toutes les 1000 recherches effectuées grâce à l’argent récolté via des liens publicitaires fonctionnant grosso modo selon les mêmes modalités que chez Google. Cocorico, c’est un site français.

Goosh s’adresse aux plus geeks puisqu’il n’a d’autre mérite que de détourner Google selon une interface graphique tout en code brut, façon MS-DOS.
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En guise de petite conclusion, nous pouvons noter sans prendre de risque que la route sera longue pour la concurrence… Google règne sans partage sur le marché de la publicité en ligne, son principal rival Yahoo est dans le rouge et ne souhaite pas s’associer à Microsoft, ce qui risque d’ouvrir une voie royale à un bon vieux monopole. C’est sans compter sur l’Union Européenne… Même si le business modèle est bon, qui empêchera Google ne pas systématiquement racheter à grand coup de survalorisation les start-ups aux bonnes idées?
Le deal avec Digg a récemment échoué mais devrait tôt ou tard finir par être entériné, renforçant par là-même le schéma d’indexation des résultats reposant sur un modèle participatif. Quelle force de frappe pourrait investir suffisamment de fonds dans l’avenir pour contrer Google et son armée d’ingénieurs et de financiers aux aguets?
Aucune raison particulière de pleurnicher en tant qu’utilisateur, mais en tant que publicitaire, quel champs de possible pourrons-nous explorer au sein d’un paysage aussi balisé? On vend des liens sponsorisés, OK, et après? On rentre dans les petites cases, comme tout le monde…
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