
L’esperluette – ou perluette – est un terme aussi inusité que graphiquement familier. Elle résulte d’une des nombreuses abréviations utilisées par les moines copistes au Moyen-âge, dans notre cas il s’agit d’une fusion d’un E et d’un T (flagrant sur l’image de droite). Son étymologie est beaucoup moins claire, cf. article Wikipédia.
Toujours selon Wikipédia, l’esperluette serait essentiellement utilisée dans le langage publicitaire. Pourquoi donc ?
D’un point de vue graphique, l’esperluette est une aubaine : elle incarne l’union de deux caractères de natures différentes. Le E est petit et rondelet, le T est haut et longiligne. La magie de la graphie les réunit dans un tourbillon de courbes, de pleins et déliés, du meilleur effet. De là à les assimiler au mariage de la carpe et du lapin, il n’y a qu’un pas, vertueux en publicité, temple des associations d’idées et des concepts protéiformes.
Car c’est bien sémiotiquement que l’esperluette intéresse le landerneau pubard : allégorie de l’alliance et des conjugaisons, ce caractère typographique rapproche tout et n’importe quoi à moindre frais : associés d’une société, entreprise et clients, membres d’un band…

Pour terminer, clou du spectacle : l’esperluette est un signe quasi universel, comprenez, toute marque dotée d’un minimum d’ambition transnationale peut se parer d’un message puissant facilement. Une aubaine vous disais-je…
Plus d’infos : Ampersand & Hoefler
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