
On apprenait il y a quelques jours qu’Hugo Chavez, le charismatique chef d’Etat vénézuélien, croisé anticapitalisme, se faisait le porte-parole d’une cause autrement plus noble que l’indépendance pétrolière de l’amérique latine : l’accès universel au téléphone portable.
Pour la petite histoire, le penis phone – c’est son petit/grand nom – est la risée des marketeurs internationaux compte-tenu de son nom, mais peu importe (cf. 4×4 Koleos de Renault, couilles en grec), le naming fera l’objet d’une prochaine note.
Outre les intérêts financiers qu’Hugo doit détenir dans la firme qui commercialise ce Bic Phone à la sauce latino, on peut s’interroger sur l’image que renvoie un produit (sup)porté – involontairement ou non – par un chef d’Etat.
Est-ce que la Corona a réussi son entrée sur le marché français grâce à Jacques Chirac? Le succès du BlackBerry est-il imputable à son forcené-utilisateur-sauveur-du-monde Obama? L’Amérique était-elle cinglée de ketchup Heinz pendant que les Républicains étaient au pouvoir? Les Rolex sont-elle redevenues à la mode – Barbès ne compte pas – depuis que Sarkozy en arbore plusieurs rangées à chaque poignets? Seat sauve t’il les meubles en Espagne grâce à Zapatero?
Autant d’interrogations qui rallient la grande dichotomie sur laquelle plusieurs dizaines de livres et thèses devraient être rédigées chaque année : la mauvaise pub est-elle de la bonne pub? Est-ce le trashvertising, le spankvertising ou le smear marketing contribuent à faire préférer une marque?
Tout dépend de la marque me direz-vous… A marque grand public message consensuel, à marque de niche message polarisant et clivant…
Où est la frontière entre les deux? That is the question.
Source : Intomobile
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