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Le cupcake : human after all

On en entend parler à tous les coins de rue, c’est le nouvel objet à la mode à apporter dans les diners : le cupcake. Tout a commencé il y a quelques années, lorsque les scénaristes de Sex and the City ont eu la bonne idée de faire dévorer des cupcakes aux héroïnes lors d’une scène de confidence, associant brutalement cette alternative anglo-saxonne à nos petits fours à des instants de partage et de proximité.

Difficile de ne pas penser en parallèle à l’augmentation fulgurante de la consommation des macarons depuis leur featuring entre les doigts délicats de Kirsten Dunst by Sofia Coppola mais ceci est un autre débat…

Le cupcake nous raconte en outre la problématique de la cognition alimentaire. Ou comment les hommes (et les femmes) préfèrent manger des choses belles et bien disposées plutôt qu’un salmigondis d’aliments mal arrangés. C’est une des explications du nombre incalculable de publicités qui “jouent avec la nourriture” (sourires en ketchup, escargot dans le potage à l’aide de crème fraiche liquide, bonhommes en légumes…) afin de donner envie…

Le cupcake, c’est une petite gourmandise, qui rassure par ses dimensions modestes et son ornement chouchou/cuty/kawaï, opposées aux imposantes parts de gâteau disposées dans les vitrines de pâtisseries.

Le cupcake contribue à humaniser les héroïnes télévisuelles. Il révèle la relation qui les unit (on ne mange pas un cupcake, on se retrouve sur un banc pour gossiper) et atténue leurs images de sex symbol anorexiques et sculpturales.

En outre, ces gourmandises résonnent avec la tendance du Do it yourself rabattue à l’envi en temps de crise. Les gens restent chez soi et font la cuisine.

Cerise sur le gâteau, le cupcake est allègrement personnalisable. Il devient média personnel de son auteur.

En clair, le cupcake est un objet très humain. Il est fabriqué par des gens “comme nous” et nous rassure par son apparence friendly, inoffensive et sur mesure.

Miam Miam. Bravo aux malins qui contribuent à réconcilier la mode et la gourmandise. La route est longue mais on dirait que la décennie des 00′s placée sous le signe de la taille 34et de la perfusion s’éloigne…

Bonus : une petite galerie de cupcakes rigolos :

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18 Comments

  1. Le cupcake est en train de reprendre un des aspects de la success story du macaron parce que comme ce dernier, ses couleurs acidulées n’ont rien de naturel et qu’elles correspondent à une tendance profonde et historique dans l’alimentaire : cacher l’origine de nos aliments (le retour au produit naturel i.e terroir n’est à cet égard qu’un épi-phénomène). Et pour les adeptes de chicklit, il lui est supérieur sur un point : c’est très facile de confectionner des cupcakes chez soi. Mais à l’inverse, c’est ce qui fait du macaron une gourmandise plus chic : même après qq cours chez Lenôtre, préparer soi-même ses macarons reste une tannée. Le macaron garde donc son origine chic et noble (Ladurée,Hermé etc.). Et les délires caloriques de crème du cupcake rappellent bien qu’il est américain, c’est le McDo du gâteau (et je n’ai rien contre McDo au contraire).

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    • Jean

      Je suis d’accord avec toi sur le côté “mini hamburger”… La mini gourmandise surjouée (tous ces ornements, crèmes, décorations…)
      Quand à la tendance à cacher l’origine de nos aliments, je suis curieux d’en connaitre la source et les théoriciens. J’aurais plutôt dit l’inverse.
      Au plaisir de te lire
      Jean

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  2. MArlo

    Le Mc do du gâteau j’adore puisque moi je trouve que c’est l’emblème dans les gâteaux Mc Do des choses qui sont rester purement américaine et n’ont pas été françisé. Un cupcake et un cupcalke, il ne doit en aucun cas être préparé chez soi sinon ce serait un petit gâteau maison. Le must c’est quand on est sûr qu’il a été fabriqué industriellement et peut-être même qu’il n’a jamais connu d’ouvrier…Bon, ben moi je déteste les cupcake, ya rien de plus fade. et quand ya du goût, c’est juste grâce à la garniture coloré du dessus! bon, ben alors je suis has been! mais pour la discut’/révélation/gossipage, rien de mieux qu’une bière/café entre pote!

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    • Jean

      Nos bières sont leurs cupcakes… Effectivement, la pratique est moins répandue entre mecs… Pour combien de temps encore? ;)
      Je ne connais pas bien les versions industrielles, en France nous n’avons pr l’heure droit qu’aux versions bobos, donc chères et bonnes. Tu connais des marques de cupcakes industriels?

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  3. Concernant le fait de “dissimuler” les aliments constituants, cela s’explique de deux manières. Au Moyen Âge, la nourriture n’était presque jamais consommée “naturelle” : les fruits étaient de mauvaise qualité (il faudra attendre Louis XIV et La Quintinie pour cela) et consommés presque exclusivement sous forme de confitures ou de pâtes de fruits. La viande avariée était préférée sous sa forme bouillie, séchée, salée, saumurée etc. Pour des raisons de santé publique donc, la nourriture a perdu l’apparence de ses aliments constitutifs.

    À l’époque moderne, le développement a aussi conduit à séparer le lieu de la récolte ou de l’abattage (les campagnes) du lieu de consommation (les villes), développant une hyper sensibilité : aujourd’hui, on demande au boucher de nous vendre une viande “désincarnée” (di j’ose dire) qui ne rappelle en rien l’animal vivant (“enlevez-moi cette tête avec ces yeux qui ont l’air de me regarder !”).

    Le débat du naturel (terroir) face à l’artificiel (au sens d’artifice de présentation) traverse donc l’histoire du goût comme celui du dessin vs. la couleur traverse celle de la peinture.

    Ce thème a été traité par de très nombreux historiens du goût mais sans doute nulle part aussi excellemment que dans le livre de Madeleine Ferrières, Histoire des peurs alimentaires. Elle y explique notamment qu’on soit passé d’une civilisation zoophage (qui voyait tuer les bêtes et voulait que les aliments gardent la trace visible de cet abattage) à une civilisation sarcophage (sans trace de l’origine de nos aliments).

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    • Jean

      Superbe réponse, merci Sébastien, c’est hyper intéressant ! Je vais acheter le bouquin de Madeleine Ferrières.

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  4. zazie

    T’es en retard Jean, le cupcakes c’est deja depassé ! C’est les tripes qui sont hype, rognons et langue de boeuf!

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  5. Outre mon métier, j’ai une passion en effet, celle de l’histoire culturelle de l’alimentation, en particulier les desserts, que je décline dans un blog perso, Du Sacré au Sucré (http://du-sacre-au-sucre.blogspot.com/).

    Lorsque j’ai posté “Les cupcakes sont-ils les nouveaux macarons ?” en juillet dernier, les commentaires des lecteurs (et surtout lectrices) ont montré que le sujet les divisait gravement ;-) (http://bit.ly/4nwnbh)

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