
On ne compte pas une journée sans tomber sur des articles prononçant l’oraison funèbre de l’industrie du disque.
A grands coups de communiqués de presse, les patrons des majors fustigent le téléchargement, pourrissent les artistes passés chez des tourneurs (organisateurs de concerts) ou des marques généralistes (cf. Starbucks ou Zadig & Voltaire), les projets de loi (pas assez méchants), les organismes gérant les droits…
Bref, ils ne savent plus trop sur qui taper pour faire la démonstration de leur colère asphyxie face au grand chamboulement que leur modèle économique est en train de rater.
Car la musique fait sa révolution, qu’on se le dise.
Les jeux vidéo de simulation musicale sont un carton. La fréquentation des salles de concerts augmente. On n’a jamais découvert autant de groupes amateurs ou pro (il y a du bon et du moins bon, je concède) grâce à Myspace…. La décennie aura était marquée par le sceau des Star Academy, Pop Idol et autres XX Got talents…
C(e)rise sur le gâteau, les fabricants d’instruments ne connaissent pas la crise.
Que répondrait à ça Pascal Nègre? La grossièreté de l’amalgame qu’il défend s’affiche un peu plus chaque jour. S’il y a bien une crise du disque et du support, la musique en général connait un âge d’or, au même titre que l’écriture, qu’en disent les académiciens.
Vive la musique! (toute la musique)
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J’adore les Smiths !
Pareillement !
Il y a 10 ans, je travaillais au sein d’une grande radio musicale et je négociais avec Universal la possibilité de télécharger des titres sur le site de cette radio. C’était avant l’ère iTunes et autres et cette major était déjà à la traîne sur les nouveaux usages. Après un an de refus divers de la part de Pascal Nègre, il finit par accepter les téléchargements… à condition qu’ils se fassent depuis son site, qu’on paie 20 euros par mois d’avance pour télécharger 10 titres. Bien entendu, si on ne téléchargeait pas les 10 titres, on perdait la somme de toute façon. Ca coûtait plus cher qu’un CD ! Évidemment le service a fait un bide. Et moi, je voyais les jeunes auditeurs basculer sur d’autres plateformes de téléchargement non légales (Napster).
À la même époque, je négociais également avec la Fnac pour qu’on puisse au moins commander les CD via le site site de la radio (tant que les CD se vendaient encore) mais nous avons fait affaire avec un de ses concurrents. À l’époque, l’agitateur culturel ne voulait pas risquer de vendre un CD de moins en boutique en en vendant un de plus sur Internet, qui ne constituait qu’un axe défensif contre Amazon et (alors) Alapage.
Ce qui montre bien (ce n’est pas nouveau) que les acteurs installés sont rarement les mieux placés pour inventer le monde d’après.
Mais ce que ton post montre bien, c’est que cela ne les empêche pas de bien faire passer l’idée que le marché est mourant (la musique) alors qu’il ne s’agit que de leur business (les disques).
Juste une petite remarque.
Je suis tout à fait d’accord avec le fait que la musique en groupe marche bien en ce moment.
Avec quand même un gros point noir, en tous cas à Paris, le peu de bars / petites salles qui font jouer live des groupes.
Je n’ai pas de stats, mais en tous cas pour le rock (au sens très très large, disons pas Jazz et musique qui fait pas mal de niveau sonore avec batterie), j’ai le sentiment que le nombre de salles qui programment les petits groupes a été divisé par 3 ou 4 en qqs années. La faute aux associations de riverains.
Si comme toi, je trouve qu’effectivement la musique va très bien, qu’on peut même parler d’une certaine forme d’âge d’or de la création, et que les grosses salles de concerts font le plein partout en France, le lien entre la grosse salle de concert et la fête de la musique ou la cave, c’est à dire le petit bar, petite salle où jouent des groupes amateurs ou semi-pros me semble assez menacé.
Et pour ce qui est de l’industrie du disque. Je pense sincèrement qu’en rien ça ne nuit à la création musicale, le souci c’est plutôt la “censure de masse”. Je ne sais plus le mot exact, mais l’idée c’est que plutôt que de censurer une oeuvre, tu en mets 100 sur le marché pourries. Du coup la bien passe inaperçue. Ici pas de volonté de censure évidemment, mais une inondation de musique de piètre qualité, copier-coller de la tendance, musique consommable matraquée, sans saveur etc, pour faire un gros coup dans l’i-tunes store, reprise dans de la pub, n-ième compil de disco au supermarché, gros contrats avec les radios qui passent en boucle, etc, etc.
Bien sûr que ça n’empêchera pas la création de musique de qualité, mais le pauvre bougre qui n’aura pas eu le droit a une “éducation” musicale, pourra-t-il seulement l’écouter ?
C’est le seul point négatif que je vois à la révolution actuel.
Merci pour ton commentaire Louis!
En espérant que les pauvres bougres pourront se réfugier chez les nouveaux disquaires, toujours plus pointus et segmentants : http://www.leparisien.fr/paris-75/les-disquaires-independants-remettent-le-son-13-02-2010-814013.php
En espérant aussi que ces nouveaux élans endiguent le décès des salles de concert.
Et oui l’industrie de la musique n’a pas encore compris l’intérêt du net. J’ai fait un stage dans une Major et malheureusement, ils avaient une seule personne pour s’occuper de tout le digital du Label…
Ils n’ont rien compris et le pire est qu’ils s’accrochent à leur buisness model qui les a rendu riches dans les 8o’s – 90′s mais qui a encore envie de dépenser 16-19 euros pour un CD à la Fnac ? Peut-être eux mais pas la nouvelle génération en tout cas !
Effectivement, le disque devient de plus en plus difficile à défendre comme dépense.
En revanche, ce qui constituait les “à-côtés” de l’industrie (concerts, produits dérivés, vidéos, etc.) s’octroie progressivement le statut de revenus principaux, pour lesquels les consommateurs ne sont pas prêts de s’arrêter de consommer.