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De l’utilité des animaux

Sur Internet, ce n’est pas compliqué, on voit des animaux partout. Vidéos, images, gifs animés, slideshare, etc. Toutes les espèces sont représentées. Mention spéciale pour les mammifères : leur proximité biologique avec l’homme trouve une reconnaissance online, ne serait-ce que dans l’abondance de memes qui leurs sont consacrés.

L’objet de cette petite note est pointer le rôle joué par les animaux en matière d’altérité. L’animal, par son apparence singulière, aide à faire prendre conscience (notamment aux jeunes enfants) qu’il n’y a pas que des humains sur terre. L’animal est également un outil de choix pour familiariser les petits à la responsabilité (le nourrir, le promener, etc.) ou au deuil (on pourrait dédier une note entière à l’utilité des poissons rouges programmés pour décéder en 8 jours pensés pour confronter les enfants à la mort et au caractère éphémère de la vie).

Les animaux sont nos amis (on dénombre plusieurs dizaines de millions d’animaux de compagnie en France), nous leur parlons, nous les écoutons, nous les choyons. Nous les dotons d’une personnalité et nous leur confions nos états d’âmes (en témoigne cette petite invention).

Ce constat a motivé la création de Pablo the Drug Mule Dog, un chien britannique qui sensibilise la populace aux risques de la drogue. Comme l’explique un des planneurs de chez Mother, l’animal est une tierce personne idéale pour tenir des propos grave sur un ton léger et humoristique. On repense ici à la technique de la “marionnette chaussette”, parfaite pour faire passer un message à un enfant (finis ta soupe, va te brosser les dents) en reportant son attention sur un autre émetteur.

Pablo travaille pour le compte du site préventif Talk to Frank . L’utilisation d’un chien adoucit encore un peu plus le discours anti-drogue.

Alors que la démarche consistant à appeler un conseiller est freinante (va-t-il me juger? à partir de quel stade faut-il appeler? mon problème n’est pas assez grave pour appeler une hotline anti-drogue quand même, si?), l’idée d’inventer un personnage fictif (Frank) manquait un peu de matière (le site précise : Frank is NOT a person, cool mais un peu perturbant).

C’est à ce moment que Pablo arrive. Parler à un animal est certes un peu absurde, mais symboliquement beaucoup moins impliquant.

Voici un exemple de contenu qui fait vivre le discours de Pablo : son voyage en Colombie.

Une manière futée  d’utiliser une mascotte à la mode 2.0, un peu à la manière du Monkey de la marque de thé PG Tips (dont l’article parle également).

[MàJ] Cette étude corrobore ce point : les enfants préfèrent la nourriture dont le packaging est décoré d’un animal.

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Un tactique appelée surnom

Il est des tactiques si simples qu’on ne les remarque même plus. L’attribution d’un surnom à une personne (famille, ami, collègue…) connote la familiarité, le lien, l’attachement. En d’autres termes, un Graal pour bon nombre de marques.

Naturellement, ces initiatives émanent souvent des gens et des usages : on n’imagine pas surnommer quelqu’un sans bien le connaitre (les peoples font partie des gens qu’on connait).

Les surnoms restaient jusqu’à présent cantonnés à une sphère restreinte : familles, bureaux… Ce qui participait à leur conférer une dimension ultra-communautaire : sont autorisés à surnommer les gens initiés, les connaisseurs, cf. cet article sur les surnoms des logos utilisés par les graphistes ou les surnoms donnés par la presse à quelques charismatiques patrons (exemple cool : Neutron Jack pour Jack Welsh de General Electric, l’homme aux 100 000 licenciements).

Et puis le web est passé par là, charriant dans son sillage sa dose de participation permettant à n’importe qui de prendre la parole, publier, partager, commenter.

Résultat : les surnoms qui ne dépassaient pas le stade de l’intimité sont exposés à la lecture de tous… Ce qui invite les personnes incriminés à en tenir compte.

Cela ne date pas du web mais on devrait voir cette pratique se généraliser.

Parmi les marques ayant réussi à capitaliser sur leur surnom, on trouve Monoprix qui a ouvert ses Monop’ (et Daily Monop’), l’Institut d’Études Politique ayant adopté le terme SciencePo, McDonald’s devenu McDo (pour les intimes).

Face à ces succès, certaines marques misent délibérément sur leurs surnoms, qu’ils viennent de la rue ou d’une initiative institutionnelle. Par exemple, la vodka superpremium Belvedere s’est attribuée le petit nom de Belve (prononcer belle vie) histoire de reconnecter une base de clients plus large.

Dans un registre plus léger s’inspirant des gens, la marque de bière Keystone light exploite intelligemment son surnom : Stones. Traditionnellement positionnée sur la légèreté (CQFD), elle a dépassé sa promesse de base grâce à son nickname en créant un personnage publicitaire Keith Stones.

Son gimmick publicitaire : Hold my Stones possède un double sens.

Dans un premier temps, il évoque avec finesse le geste consistant à demander à un ami de nous tenir notre bière (le temps d’allumer une cigarette ou d’aller aux toilettes par exemple),

Dans un second temps, il porte un double-sens dégueulasse, parfaitement bien exploité en publicité :

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10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #8

1. Les canards ont un accent… Dixit des scientifiques britanniques.

2. Le Duchenne Smile est le type de sourire le plus naturellement liée à un moment de plaisir.

3. Les trains roulent à gauche, même en France. Parce que le chemin de fer a été démocratisé au Royaume-Uni, où on roule à gauche pour une raison historique simple. A l’époque, la majorité des gens étaient déjà droitiers. Les chevaliers préféraient donc se positionner à gauche de la route afin d’être plus agile avec leur épée en cas d’attaque. C’est la SNCF qui le dit. Merci à mes collègues pour l’anecdote.

4. Chez les puristes, le Kremlin-Bicêtre est surnommé le KB (merci Emilien). Le nouveau magasin Auchan implanté dans la ville s’appelle Okabé : “au KB”… Y’en a là dedans.

5. Il existe un Pi Day. Célébré par des enthousiastes capables de réciter plus de 100 décimales autour d’une bière.

6. 55% des SMS américains demandent “ou es-tu?”. Dixit Fallon. Profitez-en pour jeter un coup d’oeil au reste de la synthèse du SXSW 2010, plutôt intéressante.

7. La marque de rhum Havana Club est cogérée par Pernod-Ricard et… le gouvernement cubain.

8. La création de la carte Centurion d’American Express est née d’une légende. Un mythe en vogue dans les 80′s selon lequel il existait une black card incroyable donnant accès à des privilèges exceptionnels. Face à cet afflux d’idées et de fantasmes, Amex décide de lancer la carte noire quelques années plus tard. Merci Alex ;)

9. McDonald’s réalisé presque 50% de son CA français dans les drives. Une tendance qui se développe et qui arrange tout le monde (elle est peu coûteuse) : Auchan Drive (Leclerc prépare son me-too), des boulangeries et même des pharmacies…

10. Les cigarettes Marlboro ont commencées par être vendues comme des produits féminins. Suite à l’échec de cette stratégie et leur retrait du marché, elles réapparurent dans les années 50 (dotées d’un filtre afin de combattre les attaques sanitaires, c’est important de respecter les gens) en développant un marketing plus masculin, dont l’apogée publicitaire demeure le célèbre cow-boy.

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La folie des cartes heuristiques

Reflet plus ou moins fidèles d’une névrose mémétiques, le formidable site d’image 9gag (sorte de 4chan soft) offre un panorama en temps réel des petites manies qui se trament sur internet.

Dernier signal en date : les mind maps ou cartes heuristiques :

Une mind map est un outil graphique permettant de formaliser sa pensée : idées connectées les unes aux autres, chaine de raisonnement, arborescence, etc.

Malgré des origines un peu floues que certains attribuent à Aristote (rapport au mot “heuristique” venant d’eurisko, je trouve en grec, cf. euréka), la carte heuristique a été démocratisée par des psychologues des années 70 pour schématiser les fonctions liées aux hémisphères cérébraux (son graphisme évoque d’ailleurs celui des neurones).

Elle est en outre un pur produit informatique. La représentation des cartes heuristiques empruntent directement à celui des circuits électriques, voire des liens hypertextes ou des arborescences de sites web.

Les exemplaires que l’on croise sur la toile sont d’ailleurs là pour nous rappeler le caractère geek-gentiment-attardé de leurs auteurs :

Plus professionnellement, les cartes heuristiques sont utilisées pour des comptes-rendus de séances de brainstorming ou de parcours de décision :

Celle-ci ne manque pas d’ironie mais cela donne un aperçu à peu prés fidèle de son utilité…

Au-delà de son usage propre, cet outil a pu inspiré des créatifs (vogue des croquis, des publicité dessinées à la main) : elle constitue en effet un outil rêvé pour esthétiser le désordre. Petit clin d’oeil à la note sur la génération artisan, ou comment une technique induit une manière de voir le monde.

Flagrant chez le graphiste So-Me :

Une tendance vue également à la RATP ou au BHV il y a quelques années (impossible de mettre la main sur le visuel malheureusement)… Elle surfait sur la fin de la mode des affiches en aplat avec des silhouettes, intronisées par Apple et son iPod.

Histoire de bien terminer la digression, ces travaux me font également penser au graphisme tout typographique du milieu du 20e siècle, façon affiches de jazz :

Une tendance brillamment ré-interprétée dans les années 90 par Paula Scher :

David Carson (dont l’inspiration déconstructiviste est puissamment inspirée par le mouvement grunge des années 90) :

(Marrant cette mind map moquant l’interface de Mac OSX non?)

Voire même de Stefan Sagmeister :

Afin de boucler la boucle, petit hommage à une autre dérivation très sixties : le psychédélisme.

Il était logique de terminer cette petite balade par une référence aux substances psychotropes dont la représentation semble puiser tout droit dans celle des mind maps.

En guise de conclusion, voici exactement à quoi sert une mind map : à retracer des raisonnements et organiser ses digressions.

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Perception is reality : l’eau du robinet

Vu sur le blog du story-telling, un cas de design emblématique.

La grande agglomération de Lyon vient de lancer une carafe d’eau pensée pour accueillir l’eau du robinet.

Un exemple typique de la capacité du design à modifier la perception d’un objet (en l’occurrence, une commodité tout ce qu’il y a de plus ordinaire, article enrichi du cas de la Grenade aux USA via la marque POM) en vue de transformer l’eau en marque.

Une situation déjà vue dans le cas des Shreddies, une céréale canadienne dont la côte de popularité a augmenté grâce à un petit tour de passe-passe dont la publicité a le secret.

Même mécanique pour la boîte à chaussures responsable de Puma dessinée par Yves Béhar :

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