Notre Lien Quotidien

Innovation round-up #10

1. Un casque de vélo qui se met à sentir très fort lorsqu’il faut le changer. Un petit miracle de prévention pensé par des marketeurs, évidemment (2 casques valent mieux qu’un…)

2. Une ampoule entièrement autonome grâce à des petits panneaux solaires et une batterie.

3. Une machine à café qui identifie les utilisateurs et leurs préférences (espresso, latte…) par leur smartphone.

4. Un système de bouteilles d’eau consignées sur lesquelles un message apparait au fur et à mesure que les gens la rapportent à la boutique d’embouteillage. Un peu cher mais l’idée de faire marcher l’esprit de curiosité des gens au service d’une belle cause est malin.

5. La prothèse Neptune qui redonne du lustre aux hommes-grenouilles.

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La France souffre d’un biais rétrospectif

Le biais rétrospectif fait partie de la famille des biais cognitifs, soit des tours que notre cerveau nous joue par manque d’information. Les anglo-saxons l’appellent aussi hindsight (contraction de hind, dérivé de behind, et sight).

Le biais rétrospectif (ou “I-knew-it-all-along effect”) désigne donc la tendance à juger a posteriori qu’un évènement était probable ou pas. Ce phénomène s’explique simplement : lors que nous repensons à un évènement passé en possession des informations présentes, il nous semble évident que les choses devaient se passer comme elles se sont passées.

Affirmez au comptoir d’un PMU que vous étiez sûr que la France ne passerait pas le premier tour et ça y’est, vous faites partie de la catégorie des victimes du biais rétrospectifs.

Plus d’infos sur les biais cognitifs sur l’article Wikipédia ou ce petit guide très bien fichu.

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Un joli coup pour Jeopardy? Élémentaire mon cher Watson !

Depuis quelques jours, le monde s’emballe pour Watson, le nouveau superordinateur IBM. Programmé durant des centaines de milliers d’heures pas des ingénieurs chevronnés, cette machine relaye Deep Blue dans la réalisation d’un fantasme humain vieux comme le canard de Vaucanson : fabriquer une machine plus intelligente que l’homme.

D’innombrables questions refont surface : faut-il se méfier de l’informatique? La machine finira-t-elle par dominer les hommes? Bla bla bla.

Outre l’extrême difficulté de programmer une machine capable de comprendre que la valeur de la connaissance réside moins dans la performance pure que dans la capacité à mobiliser le savoir dans un contexte donné, IBM sert cordialement la soupe à une institution US de l’entertainment : Jeopardy.

IBM s’est mis en tête de détrôner les meilleurs joueurs de Jeopardy avec son nouveau joujou, façon match d’échec contre Garry Kasparov en 1997, à une différence près. Le géant de l’informatique s’attaque cette fois à une marque…

Il y a 15 ans, la confrontation homme-machine ne faisait la publicité que d’IBM et du champion, sur fond de relents post-guerre froide. Aujourd’hui, le fabricant s’associe à une émission pour jauger les compétences de sa bête.

Certes, le monde émerveillé découvrira sans doute les nouvelles aptitudes du robot mais l’intérêt de cette communication n’est-il pas ailleurs? A savoir dans le choix d’un jeu télévisé comme mètre-étalon de l’intelligence humaine. Pour Jeopardy, c’est une excellente opération… Une très belle preuve, semblable dans le fond au projet Rocket Project Sony.

Je vous laisse découvrir cette petite vidéo de présentation de l’opération, digne des meilleurs teasers publicitaires :

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Du protectionnisme linguistique

Les lacunes des Français en matière de langues étrangères n’est un secret pour personne. Méthodes d’enseignement, formations professionnelles ou initiatives culturelles (films en VO, etc.) : dans l’hexagone, tout concourt à l’ignorance de l’altérité linguistique.

A priori, cette particularité semble pénalisante à bien des égards: manque d’ouverture d’esprit, repli identitaire, inadéquation avec l’environnement économique mondialisé, manque de compétitivité et de valorisation de nos talents…

Toutefois, une facette de notre ignorance tire son épingle du jeu : la qualité de service. Pour les Français, elle passe quasi-irrémédiablement par des outils en langue française.

Pas besoin d’avoir fait Harvard pour savoir que l’économie occidentale se tertiarise. Dernière tendance en date : l’outsourcing et l’industrialisation des services. Call-centers, plateformes logistiques et autres services offshorés se multiplient.

Les coûts baissent, tant mieux. La qualité de service aussi et ça, c’est tant pis… Allez expliquer à vos équipes ou vos clients que le service après vente parle mal le français, vous verrez leur réaction… Apprenez leur qu’ils parlent anglais avec un accent indien et on réclamera votre tête.

L’industrialisation des services n’est pas encore tout à fait compatible avec notre médiocrité linguistique. Les français préfèrent bosser en français. Tomber sur un SAV implanté au Maghreb ou en Sibérie n’est pas une expérience jugée plaisante. Potasser un mode d’emploi traduit du chinois par des équipes roumaines est décourageant. Comment créer de la valeur dans ces conditions ?

D’où l’idée suivante : et si nos facultés passaient du statut de faiblesse à force? Et si le protectionnisme linguistique finissait par réussir à la montée en gamme du secteur tertiaire?

Eh oui, c’est ça la France…

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Advertising aftermath : le icing

La pratique défraie la chronique outre-Atlantique : le icing est un jeu d’alcool consistant à forcer ses amis à descendre une bouteille de Smirnoff Ice cul-sec.

Le principe est simple : vous tendez une canette de pre-mix à votre bro (pote) qui doit immédiatement la siffler, un genou à terre. Vous êtes iced. En voici les règles, succinctement expliquées par un type qui a essayé d’importer le icing en Californie :

Né dans les fraternités des universités américaines du nord-est, ce jeu a conquis le coeur (et l’estomac) de l’Amérique : étudiants, collégiens, jeunes professionnels (y compris des banquiers).

Forcément, tous les yeux sont rivés vers Diageo, propriétaire de la marque, qui dément formellement être à l’origine de cet usage, malgré un passif un peu embarrassant, le succès viral de leur campagne pour Smirnoff Raw Tea :

Le groupe se débat tant bien que mal pour ne pas être associé au icing…

Il a réussi à faire fermer le site qui compilait les icing en photos et vidéo : Brosicingbros.com (pour mémo, en voici quelques exemplaires pas piqués des hannetons) mais personne n’est vraiment dupe de leur démarche, quelque peu embarrassante à la vue de leur récent effort de promotion du Drink Responsibly, un must d’hypocrisie publicitaire.

Une illustration supplémentaire de la puissance des meme consumer-generated… Tout est question d’usages

Source : NY Times

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