
Le cinéma connait un nouvel âge d’or, dont le centre de gravité bouge petit à petit depuis les studios vers les spectateurs.
Autrefois, le modèle de production est de distribution était totalement verrouillé et contrôlé. Un producteur, un distributeur, un exploitant. Point barre. Les temps changent, voici une petite revue des initiatives bouleversant l’industrie :
_ La (co)production crowdsourcée : n’est pas toute neuve mais elle fait petit à petit son chemin. Touscoprod ou Peopleforcinema proposent aux spectateurs d’apporter leur contribution à des projets. Difficile de tout monter à partir des dons mais malin pour clôturer un tour de table.
_ Le fan-film est un des fruits de la démocratisation des outils de création numérique. Un court-métrage de bonne facture peut être réalisé pour 3 francs 6 sous, rendant possible les retours en grâce de quelques gloires passées : Mortal Kombat, Punisher, Batman… Voir l’article des Inrocks.
Un retour en force des formes de production pionnières est envisageable, ce que montrait déjà Be Kind Rewind pendant l’âge de la VHS.
_ Le subbing ou fansubbing est une tactique étonnante, à la dynamique ludique et compétitive, consistant à proposer des sous-titres aux films/séries/vidéos dans toutes les langues. En d’autres termes, des gens de tous âges/horizons/sexes se constituent des teams en ligne pour faire des concours de traduction. Le rêve de tout prof de langue qui se respecte. Voir l’article de Rue89 à ce sujet.
Ces 3 pratiques ou usages illustrent la dynamique collective autorisée par le web. Elles soulignent en outre l’incroyable immobilité de l’industrie du cinéma, qui a bien du mal à s’ouvrir aux nouvelles formes d’expression artistique.