
Voici une autre illustration des merveilles de la convergence entre observation et validation autorisés par les datas. L’effet Hawthorne a parlé, pour la musique cette fois-ci.
Une étude menée par Suvi Silfverberg, Lassi A. Liikkanen et Airi Lampinen de l’Institut de l’Information d’Helsinki a montré que nos goûts musicaux changent lorsqu’ils sont exposés publiquement, notamment sur internet.
Pire, dans l’optique de maintenir un niveau de désirabilité ou d’érudition musicale, les sujets étudiés préfèrent carrément changer leur écoute que d’essayer de berner les gens en affichant les derniers groupes à la mode sur leur profil.
Listening to a song doesn’t necessarily mean that one likes it — or wants to be known as the kind of person who does.
Les problématiques liées à la gestion de sa personnalité numérique sont donc officiellement transférables à la musique. Nul doute que d’ici peu, on devrait pouvoir expliquer bon nombre d’autres comportements online grâce à de petites études ad hoc. La légèreté des dispositifs nécessaires pour observer et valider une hypothèse est dérisoire.
En quelques minutes, on peut monter un groupe ou une étude et expliquer l’effet Arte (la chaîne préférée des Français malgré ses 3% de part de marché) à nos activités sociales online.
En vérité, plus le web devient social (comprenez “mes informations à la vue de tous”), plus les gens réfléchissent à leur comportement. A terme, le web pourrait s’homogénéiser, comme dans la vraie vie.
Des normes commencent à apparaître.
Initialement calquées sur les usages IRL (se montrer dans les bons endroits, écouter les disques branchés ou porter une marque in sont des comportements nés offline), elles pourraient progressivement s’adapter à des usages et des conventions propres au web, délaissant alors l’effet diligence au bénéfice de leurs propres tactiques (comme tend à le soutenir le développement des 2e comptes Facebook sous avatar dont parle ici Pierre Bellanger).
Le web va-t-il devenir un fidèle reflet des conventions sociales ou saura-t-il faire parler ses conventions empruntes d’éthique nerd et hacker? Réponse à venir.