
Engagé depuis plusieurs années, le déclin de Kodak semble désormais inéluctable. Cette marque fera date dans les annales du marketing.
Un leader meurt en 15 ans : 30Mds de capitalisation en 1995, 200M aujourd’hui.
Tous les ingrédients du succès étaient pourtant réunis : une santé financière insolente (20% de marge opérationnelle au sommet de sa gloire), des innovations de ruptures de puis sa création il y a 130 ans (les films couleurs, les appareils automatiques, les capteurs numériques…) et un positionnement marketing parfait : le partage et les kodak moments.
Malgré ce cocktail explosif, qui pourrait rappeler celui de quelques grandes autres marques, Kodak meurt d’une insuffisance industrielle, bouleversé par les asiatiques sur les appareils, pas assez solides sur d’autre segments périphériques (impression, développement, machines pro), plus de détails ici.
Une variable peu prise en compte par les marketeurs, pourtant fatale, que les meilleures stratégies ne peuvent contourner.
A l’occasion de la mort d’une des premières marques pensée pour être globale (l’histoire du nom Kodak est celui d’un mot prononçable facilement de la même manière dans toutes les langues du monde), les articles pullulent (dont cette excellente rétrospective chez Adage) et on est frappé par l’extrême modernité des messages Kodak, riches en insights technologiques. En voici un rapide florilège :
Les mots s’envolent, les écrits restent :
Les tirages sont des preuves :
La photographie supprime l’espace temps…
… plus de détails ici :
L’image est verbe :
Le bonheur ne vaut que s’il est partagé + l’image est une langue universelle :
Quand on voit la manière dont la photographie a évolué ces 10 dernières années (proche de celui de la Wii sur la catégorie des jeux vidéos, ie. l’usage supplantant la technicité), on ne peut que regretter l’échec de Kodak, qui sur le papier, avait pourtant compris.
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