
L’industrie du marketing et de la communication est championne de l’agacement.
Pas une semaine sans que les articles dénonçant la quantité de déchets pullule, pas une semaine sans que chacun ne soit gêné par une expérience de marque délétère : file d’attente en boutique, incompétence du conseil, labyrinthe administratif, etc.
Le temps passe et le fossé entre les promesses et la réalité ne bouge pas d’un iota. Pendant ce temps, la pression publicitaire augmente, les investissements, explosent, les moyens et manières d’utiliser les moyens se multiplient.
Dans les foyers, on a appris à tolérer le bourdonnement ambiant contre des compensations : journaux ou programmes télévisés bon marché, plateformes sociales gratuites. C’est un trade-off comme un autre. A la différence que les marques ne laissent pas le choix (cf. ce texte de Banksy résume la situation).

Si les gens tolèrent la pub, c’est par impuissance plus que par goût. Ils ont bâti avec le temps une carapace hermétique, à la manière des travailleurs en open space dont le casque protège des dérangements.
Quelques prophètes répètent pourtant que les marques doivent changer de posture et échanger d’égal à égal avec les publics auxquels ils souhaitent faire passer un message mais ce genre d’innovation (ça aussi) en dit long sur le désarmement de certains marketeurs (qui n’est pas sans rappeler les parents qui finissent par payer leurs enfants pour qu’ils leur donnent un coup de main) :
Pourtant, les métiers du marketing continuent à attirer. Les écoles se multiplient, les demandes d’entretien affluent. Certes, le profil des candidats a changé mais tout de même. Qu’est-ce qui pousse les gens à embrasser ce corpus de métier?
Le glamour des années 80 est loin derrière nous. Les salaires sont bas. Les clients systématiquement traités de trouillards. Les horaires abominables. L’envie de créer du sens? Peut-être. Améliorer le système ? On l’espère tous.
L’impossibilité de se débarrasser des sollicitations indésirables est un moteur. C’est parce que quelques marques nous font vibrer qu’on ne tolère la bêtise ou la gaucherie d’une infinité d’autres.
La médiocrité n’est pas un constat mais un moteur, une source d’opportunités : tel appareil fonctionne mal, tel expérience est incomplète, tel besoin n’est pas assouvi.
Vivre dans un environnement pollué par les marques est une source d’inspiration pour améliorer les choses. S’il n’y pas de bien sans mal, les marques ne devraient jamais se contenter de ce statut quo, dégradant pour ses clients comme pour ses professionnels.
0,1% n’est pas un standard tolérable :

Diapositive extraite de cette présentation :
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