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De l’incompréhension inquiétante du web par les professeurs

Cet exemple de piège mis en place par un prof sur Wikipedia est symptomatique. A la manière des majors du disque ou des éditeurs, le corps professoral ne comprend pas internet.

Certes, un exemple ne fait pas une loi et les journalistes sont tout autant responsables que les auteurs de cette histoire. Il n’empêche : ce type de plaisanteries est inquiétant.

Si quelques professeurs n’arrivent pas à se réinventer, c’est triste mais naturel face à ce type de mutation technologique. Que la nouvelle garde n’ait pas pris les mesures nécessaires pour adapter l’enseignement à la situation présente est regrettable. Internet est une révolution cognitive, la mémoire est une faculté changée à jamais. Pourquoi s’escrimer à exiger du par coeur ?

Evidemment, les enfants ont intérêts à apprendre à utiliser les bonnes sources et croiser leurs informations. La question n’est pas là. Tout ce qui est écrit sur le net n’est pas vrai, comme tout le reste. C’est pourtant l’école et l’Enseignement qui nous a appris à vénérer l’écrit….

Les profs feraient mieux d’adapter leur enseignement à la situation en aidant les jeunes à mobiliser des connaissances en ligne en vérifiant la véracité des faits plutôt qu’en piégeant leur curiosité, parfois paresseuse, mais toujours pro-active.

Nous ne sommes pas les seuls à nous interroger…

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Pourquoi les mauvaises marques (me) donnent envie de faire du marketing

L’industrie du marketing et de la communication est championne de l’agacement.

Pas une semaine sans que les articles dénonçant la quantité de déchets pullule, pas une semaine sans que chacun ne soit gêné par une expérience de marque délétère : file d’attente en boutique, incompétence du conseil, labyrinthe administratif, etc.

Le temps passe et le fossé entre les promesses et la réalité ne bouge pas d’un iota. Pendant ce temps, la pression publicitaire augmente, les investissements, explosent, les moyens et manières d’utiliser les moyens se multiplient.

Dans les foyers, on a appris à tolérer le bourdonnement ambiant contre des compensations : journaux ou programmes télévisés bon marché, plateformes sociales gratuites. C’est un trade-off comme un autre. A la différence que les marques ne laissent pas le choix (cf. ce texte de Banksy résume la situation).

Si les gens tolèrent la pub, c’est par impuissance plus que par goût. Ils ont bâti avec le temps une carapace hermétique, à la manière des travailleurs en open space dont le casque protège des dérangements.

Quelques prophètes répètent pourtant que les marques doivent changer de posture et échanger d’égal à égal avec les publics auxquels ils souhaitent faire passer un message mais ce genre d’innovation (ça aussi) en dit long sur le désarmement de certains marketeurs (qui n’est pas sans rappeler les parents qui finissent par payer leurs enfants pour qu’ils leur donnent un coup de main) :

Pourtant, les métiers du marketing continuent à attirer. Les écoles se multiplient, les demandes d’entretien affluent. Certes, le profil des candidats a changé mais tout de même. Qu’est-ce qui pousse les gens à embrasser ce corpus de métier?

Le glamour des années 80 est loin derrière nous. Les salaires sont bas. Les clients systématiquement traités de trouillards. Les horaires abominables. L’envie de créer du sens? Peut-être. Améliorer le système ? On l’espère tous.

L’impossibilité de se débarrasser des sollicitations indésirables est un moteur. C’est parce que quelques marques nous font vibrer qu’on ne tolère la bêtise ou la gaucherie d’une infinité d’autres.

La médiocrité n’est pas un constat mais un moteur, une source d’opportunités : tel appareil fonctionne mal, tel expérience est incomplète, tel besoin n’est pas assouvi.

Vivre dans un environnement pollué par les marques est une source d’inspiration pour améliorer les choses. S’il n’y pas de bien sans mal, les marques ne devraient jamais se contenter de ce statut quo, dégradant pour ses clients comme pour ses professionnels.

0,1% n’est pas un standard tolérable :

Diapositive extraite de cette présentation :

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Memento mori : les marques nous protègent-elles de la mort?

La consommation n’a jamais aussi bien porté son nom. Pas celle qui manipule les signes, celle qui brûle, étymologiquement.

La consommation consume, fait disparaître, tue, réduit en cendres.

Quelle ironie, aussi, de lire la preuve que les personnes matérialistes observent une forte connexion à leurs marques fétiches en cas d’angoisse de la mort.

Il se protège grâce à leur hantise.

Vanité des vanités, rien n’a décidément changé.

On ne loue pas assez l’intelligence de ce visuel mythique, employé de surcroît par un créateur de le nom évoque doublement l’éternel : Christian Dior.

 

 

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Zappeurs, consommateurs ou paumés : la génération Y est une erreur fondamentale d’attribution

Les informations circulant sur le compte de la génération Y manquent de variété. Et pour cause, la majorité de ses descriptions émane des mêmes sources.

L’objet de cette note n’est pas de remettre en question le concept de génération. Ce découpage statistique est un repère symbolique, peu importe son exactitude.

Qu’on se retrouve ou pas dans les descriptions de la génération Y, on ne peut nier quelques ruptures générationnelles flagrantes : le manque de confiance vis à vis des institutions (introduit par la génération X), une tendance au zapping et au rejet de l’engagement, une forme de spleen accentué par la conjoncture économique, etc.

D’accord ou pas d’accord, on ne peut être assez aveugle pour douter des incidences engendrée sur les agents d’une société par le fait d’être né à l’époque du mobile, de l’ordinateur ou des mamans travailleuses, sans le mur de Berlin.

L’abondante littérature sur la génération Y offre un piédestal de qualité à l’analyse d’un biais cognitif génial dont on a déjà parlé : l’erreur fondamentale d’attribution.

Le récent sujet des Inrocks ou les tribunes dans les journaux ressassent les mêmes interrogations : comment leur parler? Quels idéals embrassent-ils? A quoi les reconnaître? A quoi nous répondons par d’autres questions :

  1. Comment raisonnablement analyser la situation actuelle à l’aune de référents dépassés? Outre le biais téléologique grossier, cela reviendrait à se moquer des vieilles personnes économes après avoir connu la guerre ou juger idiot l’usage intensif de la cigarette dans les années 50…
  2. La génération Y est la fille de la génération X. Elle même fille de la génération précédente. Il est étonnant de constater à quel point nos géniteurs semblent insatisfaits de leur procréation. Sont-ils insatisfaits de leurs rejetons? Ont-ils le sentiment d’avoir créé des monstres? Ont-ils la mémoire assez courte pour ne pas se souvenir de leur désir d’émancipation de leur propre cellule familiale?
  3. Les entreprises se plaignent du manque d’engagement de la gén Y, pour recruter comme pour consommer. Que font-ils pour nous engager? Ne sont-ils pas responsables de nos comportements de zapping ? Ne nous ont-ils pas appris à consommer?

La naïveté des producteurs de contenus est riche d’enseignement : perdons l’habitude de stigmatiser un comportement fruit d’une situation dont nous sommes responsables. Autrement dit, arrêtons une bonne fois pour toute de sous-estimer les causes situationnelles au profit des causes dispositionnelles.

Dans son intervention à Lift2012, la chercheuse Stefana Broadbent pointe la mauvaise foi des ré(d)acs accusant la technologie de désocialiser les gens. Elle montre que la dé-socialisation est le fruit d’une politique urbaine pavillonnaire et que la technologie a plutôt tendance à recréer du social. Pas le même que celui que nos aïeux ont connu mais du social quand même.

Il n’est pas un architecte qui ne puisse vous expliquer que notre environnement spatial influe profondément sur nos comportements. Aussi, les thuriféraires de la génération Y feraient sans doute mieux de se regarder le nombril avant de projeter sur leurs cadets tous les maux d’une société dont ils sont les signataires.

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It’s the little things : les petits riens sont responsables de notre bonheur

Le dernier paragraphe de cet article sur Psyblog confirme l’importance des non-évènements de notre vie.

Si les normes sociales ou la culture tendent à nous faire penser et déclarer que les évènements les plus importants de notre existence sont nos diplômes, nos mariages ou nos enfants, la vérité est ailleurs.

Une étude – il doit en existe bien d’autres – montre que les petits riens du quotidiens sont source de notre bien-être.

L’infra-ordinaire ou les premières gorgées de bière sont plus structurants que tout le reste.

Une autre manière de lire les statuts Facebook, la consommation ou autres challenges quotidiens (cf. ce film étonnant que je republie dans cet article ici) :

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