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Habit de Morey Talmor : encourager les comportements en changeant de regard sur les médicaments

Voilà le genre de démarche qui me plait.

L’objet de cette approche a beau être un brin scabreux, il part d’une bonne intention : la santé.

L’étudiant Morey Talmor s’est amusé à détourner les codes de la cosmétique de luxe pour designer une gamme de produit de rehab baptisée Habit.

Une jolie illustration de vision décalée, invitant à considérer un objet autrement (cf. ces deux exemples).

Transformer les produits de rehab (au look médical nous rappelant à notre faute) en objets esthétiques participe de l’acceptation de sa condition, de la progression de son estime personnelle et sa guérison. La désintoxication est un comportement louable, autant l’encourager par un dispositif plaisant.

On aime aussi le nom choisi qui a l’élégance de supprimer le RE de rehab, synonyme d’échec.

Faire changer de regard sur un objet est une technique éprouvée mais efficace, souvent synonyme de créativité (on pense aux bouteilles d’eau d’Yves Behar ou aux écouteurs blancs d’iPod)

A ce titre, je vous invite à consacrer une heure à cette conférence de Luc de Brabandere ou parcourir ce document très opérationnel aidant à porter un regard neuf sur des objets triviaux.

Source

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La disponibilité heuristique ou l’agenda de nos arguments

Aujourd’hui, sujet amusant, auquel nous sommes confrontés quotidiennement.

Il est un biais cognitif appelé disponibilité heuristique (ou availability heuristic). Il désigne la tendance des hommes à prendre des décisions en fonction de la disponibilité d’informations qu’ils ont en mémoire plutôt qu’en fonction d’éléments plus rationnels et/ou généraux.

Si la fonction agenda émet l’hypothèse que les médias sont capables de donner plus d’importance à certains évènements que d’autres en fonction de la pression médiatique qui leur sont accordés, la disponibilité heuristique généralise ce biais à toutes nos décisions.

Exemple : un fumeur est capable de vous expliquer que la cigarette n’est pas nocive car il connait une personne de son entourage centenaire qui a fumé toute sa vie (on retombe sur le besoin d’un grenelle de l’argumentation).

Autre exemple : les faits spectaculaires qui marquent les esprits, tels que les attaques de requin ou les crashs d’avion. Certaines personnes vont justifier l’annulation de leur séjour aux Bahamas selon ces motifs alors qu’ils savent en parallèle que la probabilité de décès par ces causes est minime.

Dernier exemple : l’omniprésence de la crise dans les conversations de machine à café lui confère vraisemblablement un statut disproportionné auprès des gens lorsqu’il s’agit d’expliquer ou de justifier d’autres évènements.

Un peu compliqué à utiliser en réunion pour contre-argumenter, la disponibilité heuristique n’en demeure pas moins une clef de compréhension fondamentale dans les échanges en milieu tempéré.

Illustration épique (mais terriblement mal expliquée, rien à voir avec le subliminal) :

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Créativité et sérendipité : deux alliés de choix réunis dans plusieurs applis

Présentée sur le blog de Geoffrey Dorne (abonnez-vous si ce n’est pas déjà fait), l’application L’Imprévisibile (adaptée du jeu de société Le Jeu de la règle) enchante le quotidien à travers un système d’envoi d’e-mails aléatoires à ses contacts :

1/ Côté agenda personnel ou carnet de bord : les notes que vous aurez prises sur la page du jour de votre choix pourront être sauvegardées. Elles s’afficheront alors sur une page d’archivage recensant tous les jours que vous aurez annotés au fil du temps. Cette page d’archivage, intitulée « jours annotés », bénéficie d’une secourable fonction de recherche. Vos notes pourront être complétées ou revues à loisir.

2/ Côté envoi d’e-mails : vos destinataires recevront la page du jour de L’Imprévisible que vous aurez sélectionnée, avec votre texte écrit au centre.

Voici la vidéo de présentation :

Pensé comme un jeu, L’Imprévisible rappelle diablement les stratégies obliques (ou obliquity) de Brian Eno, pensée pour résoudre des dilemmes quotidiens et exercer sa créativité (voir détail ici).

On pense également à Serendipitor ou au jeu chinois plus ancien du Yi-Jing (à la mode dans les 70′s, votre mère sait peut être le tirer) tous les deux pensés pour stimuler la créativité et porter un regard neuf sur son environnement.

Un pas de côté et la perspective a déjà changé.

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Sur des marchés matures, la compétitivité passe par l’UX : deux bonnes raisons de vénérer l’expérience utilisateur

Y avoir consacré une veille il y a quelques semaines n’est pas innocent au traitement du sujet (cf. ci-dessous).

L’UX est une dimension essentielle du marketing et de la communication. Attifée d’une image encore très technologique, cette notion ne peut qu’accroitre son autorité dans les années à venir, pour deux raisons majeures.

Comme le souligne Donald Norman dans The invisible computer (on reconnait bien là la patte de Martin Heidegger), l’UX – ou user experience – signale la maturité d’un marché, où la compétitivité ne se cherche plus sur le taux de pénétration d’un produit mais dans l’expérience génératrice de fidélité (on pense ici à la majorité des biens d’équipements – auto, électroménager, hi-tech… – dans les pays industrialisés).

Second point. L’expérience produit du bonheur, contrairement à la propriété. Alors que les êtres humains ont tendance à évaluer les choses en se comparant, il est plus aisé de comparer un objet (la voiture de son voisin) qu’une expérience. Aussi, les expériences étant moins facile à répliquer, elles ont tendance à être perçues comme plus gratifiantes. Money can’t buy.

Quand on connait les tours que peuvent nous jouer notre mémoire (déformation ou disproportion), voici deux bonne raisons d’investir le champ de l’UX.

Voici la veille consacrée au sujet :

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Quand notre cerveau crée du sens là où il n’y a que du bruit

On avait déjà eu l’occasion d’aborder ce sujet lors d’une note consacrée à un projet ami : around your word.

S’il arrive que les gens croient des choses insensées, c’est normal. Notre cerveau nous joue des tours.

Around your word exploitait le mécanisme que Ben Goldacre appelle “voir du sens là où il n’y a que du bruit” s’exprimant par l’interprétation ou la connexion d’un ou plusieurs éléments n’ayant aucun lien.

Nous ne pouvons nous empêcher de reconstituer un énoncé ou chercher à compléter une information.

Cette vidéo exhumée des archives TED exprime parfaitement ce concept, ou comment notre cerveau est programmé pour établir des schémas :

[MàJ] D’autres parlent de chaos theory, d’autres encore de FN et LN : 

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