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Tout sauf de la fidélisation, de l’acquisition à court terme au mieux : une énième critique de la gamification

Ce n’est pas la première fois que ce blog s’attaque à la hype 2011 appelée gamification.

Un petit ouvrage – de qualité fort médiocre – apporte un éclairage psycho-sociale supplémentaire sur les limites de cette soi-disant vision du monde.

Primo, les techniques de gamification sont souvent court-termiste. Si une personne peut être motivée par un but à atteindre (ex : une carte de fidélité dans un kebab, n’ayons pas peur des exemples minables), elle a peu de chance de se repéter au jeu une fois l’objectif atteint : c’est le post reward resetting phenomenon. Les jeux vidéo sont souvent pensés pour être finis une fois, au mieux, il existe plusieurs routes menant à la même quête.

Secundo, plus l’incentive est brandie comme un trophée, plus les gens sont biaisés. Au travail, si un manager se contente de promesses monétaires à ses équipes, il rentre dans une spirale vicieuse ou l’argent devient la seule motivation. Spontanément, les gens donnent moins. Le jour où il ne peut plus rémunérer ses salariés à la mesure des objectifs qu’il fixe, c’est la grève. Les récompenses extrinsèques sont parfois moins efficaces que les intrinsèques (cf. Brian Knutson).

Tertio, les mécaniques à récompense variables sont bien plus efficaces que ceux à récompense fixe. L’illustration idéale étant le fonctionnement d’une machine à sous dans un casino. Les gens ne camperaient pas des heures devant les machines s’ils connaissaient la fréquence systématique d’intervention du jackpot… (cf. conditionnement opérant).

Ces points montrent que la gamification peut être utile dans une optique d’acquisition à court terme, moins à long terme… Arrêtons donc d’y voir une martingale à la fidélisation (dont on connait par ailleurs la valeur…*)

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10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #90

1. Encore pire qu’en NBA, 78% des joueurs de NFL sont fauchés 2 ans après leur retraite.

2. Bill Cosby est membre honoraire des Harlem Globe Trotters, aux côtés d’Henry Kissinger, Bob Hope, Kareem Abdul-Jabbar, Whoopi Goldberg, Nelson Mandela, Jackie Joyner-Kersee et Jean Paul II. Merci Chloé

3. Les jeux vidéo violents encourageraient la collaboration et l’esprit d’équipe.

4. Les risques portés par les craquements de doigts sont une mythologie (tout comme on explique aux enfants qu’ils ne doivent pas loucher sous peine de rester bloqués).

5. Le mascaret est un phénomène de surélévation de l’eau d’un fleuve ou d’un estuaire provoquée par l’onde de la marée montante lors des grandes marées. Merci Arthur.

6. Un sale con coûterait en moyenne 160 000$/an à son entreprise.

7. L’extreme programming, mode d’organisation souple et intense visant à réduire des problèmes en un temps record.

8. L’uncanny valley ou vallée dérangeante désigne la réaction de dégoût exprimée face à des robots ressemblant trop à des humains.

9. Black Sabbath a lancé son premier disque un vendredi 13.

10. Un texte écrit dans une police difficile à déchiffrer est perçu comme plus expert/savant/compliqué par ses lecteurs. Source

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10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #89

1. En moyenne, les femmes se rasent 70% de la surface de leur corps contre 10% chez les hommes.

2. Le lacquer index, nouveau lipstick index. Merci Françoise.

3. Un championnat de plats… Merci Sylvain

4. L’ouroboros, serpent qui se mord la queue, symbole de la régénération de la nature.

5. Les plaisanteries du 1er avril serait nées d’une erreur de calendrier :

6. Quelques phrases toujours célèbres que l’on doit à Shakespeare :

7. Bosch est une fondation familiale à but non lucratif.

8. Porter une blouse blanche rendrait plus intelligent et crédible…

9. Les références de Lewis Carroll faites à George Boole.

10. La carte de tendre, métaphore géographique des états amoureux créée au 18e siècle pour deviser en paix :

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Dans la civilisation du présent, les lovebrands ne peuvent avoir de vision

Lovemarks, love marques et autres love brands (ces expressions sont déposées la plupart du temps) font le quotidien des marketeux. Désignant le pouvoir d’une marque à séduire les gens par le prisme mythique de l’amour (forcément un peu dangereux puisqu’il conduit les agents économiques à prendre des décisions irrationnelles, ex. payer plus cher pour un produit équivalent), devenir une love marque est une ambition caressée par de nombreux directeurs marketing.

En travaillant brièvement sur le gender marketing*, nous avons eu l’occasion de faire furtivement allusion aux thèses de l’école de Francfort, notamment au point de vue de Marcuse sur les risques de la répression du désir. Avec beaucoup d’autres, ses textes firent écho dans les années 60-70 au moment de la libération sexuelle. Marcuse apporte un éclairage inspirant sur les changements de repères temporels de notre civilisation, passée d’un axe passé/avenir (la tradition et l’avenir) à celui du présent (la jouissance immédiate).

Virtuel mon amour de Serge Tisseron donne une explication très complémentaire de cette idée : les écrans participent également de notre focalisation sur le présent. Les connaissances et les informations s’y affichent plus vite, se zappent, se superposent. Le mode d’appréhension de la connaissance du livre-codex semble loin.

Ce double éclairage (on pourrait en citer des centaines d’autres) sur notre obsession pour la jouissance immédiate pose la question de la projection dans l’avenir.

Les love marques sont-elles le réceptacle des projections fantasmatiques de marketeurs bien ancrés dans leur époque ou le fruit de dizaines d’années d’injonctions à la consommation hic et nunc? Avec ou sans love, les marques peuvent-elles encore se projeter dans l’avenir?

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Quelles sont les marques qui annoncent sur les sites porno?

Ce film visant à recueillir des candidatures pour un concours organisé par une agence de pub pose une question qu’on oserait qualifier d’importante : y’a-t-il des marques qui s’associent au porno?

Les innovations ne manquent pourtant pas dans cet univers*, qui plus est extrêmement populaire. Quelles audacieuses lovebrands (hors-sites de rencontres ou godemichés) ont dépassé le stade de l’hommage suranné de la vague du porno chic?

Une bonne âme bossant en agence média pourrait-elle nous donner des infos sur les marques qui annoncent sur des plateformes de vidéos ou d’images ?

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