Face à l’ubiquité de la technique, le langage SMS va sauver le monde

UN-Women-Ad-2_495x700 jpg

Conformément à son habitude, Hubert Guillaud pose les bonnes questions : oui, les algorithmes font évoluer notre langage (cf. cette note).

Face au raz-de-marée technologique, deux approches sont possibles.

A. S’en moquer. C’est la voie du progrès, le cours de l’histoire, personne n’y peut rien, autant s’adapter, nous nous en sommes très bien sortis jusqu’à présent.

B. S’en défier. Niquer le système, braconner la machine, être plus malin que l’ordinateur (#double sens équivoque).

Si tu optes pour le plan B, sache que tout jargon est plus compliqué à comprendre pour une machine, donc potentiellement subversif. Sache également que le jargon étant moins institué, il a plus de facilité à évoluer dans le temps et en fonction de ses utilisateurs, et donc de passer perpétuellement sous le radar de l’algorithme.

Le langage SMS est un braconnage de haut-vol, pas un hold-up sur la langue française.

Les filter bubbles racontent comment Google est une gigantesque machine à reproduction sociale

arbre coeur internet gravure

On a tout dit ou presque sur le TED talk d’Eli Pariser : beware online filter bubbles.

Outre l’absence de poésie des algorithmes, on ne parle pas du caractère très endogame de la vision Google, gigantesque machine à reproduction sociale :

Ce phénomène se traduit par le fait qu’un fils d’ouvrier a plus de chance de devenir ouvrier que de quitter sa classe sociale et de même qu’un fils de cadre aura plutôt tendance à devenir cadre à son tour que de changer de classe sociale. Source Wikipédia

Pour reprendre des termes bourdieusiens, l’environnement culturel dont nous héritons filtre nos centres d’intérêts. Ca vous rappelle quelque chose?

Notre héritage socioculturel filtre donc nos recherches, ce que Google s’empresse d’affiner au fur et à mesure (cf. ces observations ici ou là sur le like).

La question de Pariser reste donc totalement posée. De là à imaginer des mécaniques de discrimination positive au sujet de l’information il n’y a qu’un pas…

GPS to get lost : quand les marques nous aident à lâcher prise

labyrinthe infini perdu égarement hésitation

Au service d’une promesse historique d’aventure, bousculant les néo-explorateurs dont les destins sont (tout) tracés en pointillés, dans un contexte culturel qui ne laisse plus aucune place au hasard : cette initiative Jeep fait du bien.

GPS to get lost : une fonction de l’ordinateur de bord créatrice de hasard et de sérendipité, de poésie de l’inconnu, de génération de surprise.

Certains crieront au plagiat de l’app Serendipitor. Peut-être.

Mais quelle belle rencontre entre cette marque et cette fonctionnalité. L’alchimie culturelle (même si Jeep sait aussi être très bizarre).