Le futur des agences de pub ressemble à un fast-food. Non bio.

Une conversation avec votre DC en 2025
Une conversation avec votre DC en 2025

Pas besoin d’être devin (ni sceptique) pour imaginer le futur de notre métier.

  • Côté création : des messages générés automatiquement.
  • Côté média : des messages diffusés automatiquement.

Des pre-rolls sur Apple Watch, des millions de beacons nous spammant non-stop, des bannières mobiles, contextuelles, achetées en temps réel.

Demain tout le média s’achètera à la façon du digital, aka. au kilo, à l’image des plus gros investisseurs en programmatique (les voyagistes, les distributeurs, la mode, l’automobile).

Et si chaque message est adapté à une cible, un contexte, un produit, comme le dit Bob Hoffman de Ad Contrarian :

The economics of inexpensive online advertising has meant that only a foolish agency would hire high-priced, talented people to write and design banner ads, website copy, and tweets. […] Advertising is becoming fast food.

Le futur de notre métier ne justifie aucun salaire supérieur à celui des Turks d’Amazon, il va falloir trouver des manières de recréer de la valeur.

Répéter à tous vents comme un mantra que le digital a tout changé bien évidemment, nous en sommes les premières victimes. Pas suffisant toutefois, et puis trop facile à copier.

Vendre des méthodos inutilement compliquées? Oui mais encore trop facile à copier.

Ouvrir une usine à message en Inde? Oui sans doute mais glauque.

Exporter nos expertises chez les nouveaux acteurs de la création (régies, éditeurs, boites de production) ? Pourquoi pas.

Faire perdurer un savoir-faire premium dans une industrie standardisée? Triste mais pourquoi pas.

Ce qui fait le talent d’une agence, c’est sa créativité, ou sa poésie, cette valeur incopiable. Dommage que cela ne rapporte plus.

On adore se moquer du concept d’uberisation de l’économie, autre nom du néo-libéralisme galopant

clara gaymard

Ce document est une pépite concentré jargonisant (les grands obstacles à la disruption étant la fiscalité et la réglementation…) emblématiques des fantasmes et des incohérences qu’inspire l’uberisation de l’économie.

Il a cependant l’agréable vertu de ridiculiser ce concept dont on ne répétera jamais assez le véritable objectif : déréguler et individualiser l’agent économique (même Deloitte ne se hasarde pas à parler de création de valeur, cf slide 10), endommager le vivre-ensemble au nom de la “disruption” des vieux acteurs.

Ces mêmes vieux acteurs dont on est quand même content de pouvoir utiliser les infrastructures – Amazon ou Uber n’iraient pas bien loin sans La Poste ou le réseau routier… – pourtant pointée du doigt par les Uber de l’économie.

On s’emmêle définitivement les pinceaux au moment où le document se met à parler de GE ou P&G, confondant sans détour l’économie on-demand (aka. le secteur tertiaire), de la collaboration (modèles P2P) et les méthodes de management innovantes et horizontales.

Bref, un ramassis d’idées reçues à prendre avec des pincettes. D’ailleurs les consommateurs ne s’y trompent pas : ils voient avant tout dans la sharing economy une opportunité de regagner du pouvoir d’achat.

Dommage, les slides sur l’innovation sont claires et intéressantes.

A quoi sert une marque? Demandez leur avis aux start-ups.

steve bill ennems amis hypocrisie

Demandez leurs avis aux start-up évaluées des milliards alors qu’elles ne crachent rien ou qu’elles n’ont jamais su faire autre chose que leur métier de base (sans parler de celles qui n’ont pas d’autre modèle économique que de se faire racheter par un gros balourd du Nasdaq).

Une marque, c’est un repère, c’est une promesse, c’est l’espoir de tomber sur quelque chose.

Et pourtant, la réalité financière de ces marques est bien hétérogène.

C’est à ça que sert le branding : créer et entretenir des mythes.

Merci Vincent pour la vidéo