Humeur

I’ll have what she’s having : nous sommes moitié responsables de nos mauvaises relations avec les gens

Dans l’ouvrage (édité par le MIT) I’ll have what she’s having, on nous explique pourquoi et comment l’homme est un être social. Contrairement à l’héritage des Lumières qui rêve un homme rationnel face au choix, une immense partie de nos comportements et attitudes s’expliquent par le herdism, ie. une confiance inconsciente et irrationnelle pour ce que fait le voisin (d’où des apps qui jouent la pression des pairs).  Sociologues, anthropologues, ethnologues et neurologues sont formels.

Ce constat n’est pas un désaveu de notre cogito mais un simple biais. Nous ne sommes pas individuellement responsables de nos actes, nous agissons par conformité. Par confort aussi.

La métaphore qui correspond le mieux à la manière dont nous nous comportons, c’est le fonctionnement des deux hémisphères cérébraux. Contrairement aux romantiques qui imaginent une rive de la raison et une rive de l’émotion, les hémisphères dissimulent une zone du focus et une zone des "tâches de fond". Exemples : on utilise le cerveau gauche pour lire, marcher sur un fil ou brancher sa Freebox / on utilise son cerveau droit pour marcher, se tenir debout ou respirer (cf. talk infra).

On pourrait appliquer la métaphore des hémisphères cérébraux à notre processus de décision. Certains de nos choix sont conscients, d’autres automatiques.

Dans ce contexte – j’en viens à mon point – comment peut-on sérieusement imaginer que ses clients sont bêtes? Est-il possible d’imaginer que l’intelligibilité d’une argumentation relève de la rationalité?

Le plus souvent, se plaindre de la sottise de son client, c’est se plaindre de sa propre incapacité à communiquer un point de vue. Rejeter la faute sur les autres est une souffrance, la souffrance d’un constat d’échec. La quantité de blogs façon viedecom est là pour le rappeler.

Nous sommes des animaux sociaux, la présentation d’une hypothèse ou d’un argument doit être envisagée dans cette perspective.

Soyons constructifs que diantre !

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Humeur

Bienvenue dans la civilisation du oui

Il est fréquemment question de faire apparaître un bouton dislike sur les pages Facebook. Quelques hackers y parviennent laborieusement mais la plateforme freine des 4 fers. Pourquoi?

Plus on y pense et plus cela saute aux yeux : le seul succès de Facebook repose sur le like. A la différence près que le like Facebook n’a pas de contraire littéral. Sur Facebook, on ne peut qu’aimer ou se taire (et qui ne dit mot consent n’est-ce pas?). Aucun dispositif n’invite à manifester son mécontentement, sinon via les commentaires ou les messages privés. Sur Twitter, même principe, on voit qui nous suit mais on ne peut pas savoir quand les gens arrêtent de nous suivre (à moins d’employer une application tierce). Idem pour Google+.

A notre insu, on nous a transformé en Yes Men. On ne peut être que d’accord. C’est la dictature de la positivité.

Est-ce que cela anesthésie le sens critique? Difficile à dire. Est-ce que la silencieuse majorité qui ne like pas est considérée comme dislikeuse? Dur à dire.

Pour les milliers de marques qui partent à la conquête de fans, les risques encourus ne sont pas anodins. La tyrannie du yes repose sur un biais cognitif : la pensée désirée (ou pensée magique). Nous avons tendance à croire que lorsqu’on espère très fort quelque chose, elle a plus de chance de se réaliser. En somme, plus on regarde la vie du bon côté, plus nous serons heureux.

Aussi, dans ce contexte, si le désir manifesté ne se convertit pas en véritable amour, les marques pourraient déchanter. De la même manière que sur-promettre quelque chose est a un double tranchant, vivre dans un monde ou le seul OUI est possible est étonnant.

En fait, au-delà de ces quelques remarques, il est difficile de prédire les incidences à moyen terme de ces modalités d’échange.

Quel est votre avis sur la question?

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Insights

L’erreur fondamentale d’attribution comme grille de lecture au quotidien

On a déjà eu l’occasion d’aborder le sujet de l’erreur fondamentale d’attribution, un biais cognitif qui tend à nous faire expliquer une situation en nous faisant préférer les causes individuelles aux causes contextuelles.

Ce petit défaut de nombrilisme explique bon nombre de comportements et certains l’exploitent avec talent.

Une étude de l’Université de Londres montre que le quidam est plus susceptible de donner de l’argent à une association caritative en cas de catastrophe naturelle qu’en cas de crise générée par l’homme.

Une autre manière de décrypter les publicités pour la liberté de la presse, le dépistage du cancer du sein ou la prévention contre le sida…

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