
Dans l’ouvrage (édité par le MIT) I’ll have what she’s having, on nous explique pourquoi et comment l’homme est un être social. Contrairement à l’héritage des Lumières qui rêve un homme rationnel face au choix, une immense partie de nos comportements et attitudes s’expliquent par le herdism, ie. une confiance inconsciente et irrationnelle pour ce que fait le voisin (d’où des apps qui jouent la pression des pairs). Sociologues, anthropologues, ethnologues et neurologues sont formels.
Ce constat n’est pas un désaveu de notre cogito mais un simple biais. Nous ne sommes pas individuellement responsables de nos actes, nous agissons par conformité. Par confort aussi.
La métaphore qui correspond le mieux à la manière dont nous nous comportons, c’est le fonctionnement des deux hémisphères cérébraux. Contrairement aux romantiques qui imaginent une rive de la raison et une rive de l’émotion, les hémisphères dissimulent une zone du focus et une zone des "tâches de fond". Exemples : on utilise le cerveau gauche pour lire, marcher sur un fil ou brancher sa Freebox / on utilise son cerveau droit pour marcher, se tenir debout ou respirer (cf. talk infra).
On pourrait appliquer la métaphore des hémisphères cérébraux à notre processus de décision. Certains de nos choix sont conscients, d’autres automatiques.
Dans ce contexte – j’en viens à mon point – comment peut-on sérieusement imaginer que ses clients sont bêtes? Est-il possible d’imaginer que l’intelligibilité d’une argumentation relève de la rationalité?
Le plus souvent, se plaindre de la sottise de son client, c’est se plaindre de sa propre incapacité à communiquer un point de vue. Rejeter la faute sur les autres est une souffrance, la souffrance d’un constat d’échec. La quantité de blogs façon viedecom est là pour le rappeler.
Nous sommes des animaux sociaux, la présentation d’une hypothèse ou d’un argument doit être envisagée dans cette perspective.
Soyons constructifs que diantre !

