Marketing

Dans la civilisation du présent, les lovebrands ne peuvent avoir de vision

Lovemarks, love marques et autres love brands (ces expressions sont déposées la plupart du temps) font le quotidien des marketeux. Désignant le pouvoir d’une marque à séduire les gens par le prisme mythique de l’amour (forcément un peu dangereux puisqu’il conduit les agents économiques à prendre des décisions irrationnelles, ex. payer plus cher pour un produit équivalent), devenir une love marque est une ambition caressée par de nombreux directeurs marketing.

En travaillant brièvement sur le gender marketing*, nous avons eu l’occasion de faire furtivement allusion aux thèses de l’école de Francfort, notamment au point de vue de Marcuse sur les risques de la répression du désir. Avec beaucoup d’autres, ses textes firent écho dans les années 60-70 au moment de la libération sexuelle. Marcuse apporte un éclairage inspirant sur les changements de repères temporels de notre civilisation, passée d’un axe passé/avenir (la tradition et l’avenir) à celui du présent (la jouissance immédiate).

Virtuel mon amour de Serge Tisseron donne une explication très complémentaire de cette idée : les écrans participent également de notre focalisation sur le présent. Les connaissances et les informations s’y affichent plus vite, se zappent, se superposent. Le mode d’appréhension de la connaissance du livre-codex semble loin.

Ce double éclairage (on pourrait en citer des centaines d’autres) sur notre obsession pour la jouissance immédiate pose la question de la projection dans l’avenir.

Les love marques sont-elles le réceptacle des projections fantasmatiques de marketeurs bien ancrés dans leur époque ou le fruit de dizaines d’années d’injonctions à la consommation hic et nunc? Avec ou sans love, les marques peuvent-elles encore se projeter dans l’avenir?

Par défaut
Evènenement, Geek, Médias

La parenthèse Gutenberg

Hier se tenait à La Cantine une conférence organisée par le département MISC du Celsa intitulée Les experts du numérique : le génie, le geek et le truand.

Intervenant au sein du premier volet réservé au génie, l’historien Milad Doueihi a fait une jolie référence à Gutenberg pour aborder le sujet de la propriété intellectuelle. L’occasion de prendre un peu de recul sur un des effets collatéraux les plus passionnants de l’invention de l’imprimerie.

Lire la suite

Par défaut
Geek, Innovation

La data visualization : nouvel eldorado des éditeurs?

La visualisation de donnée est une discipline permettant de formaliser visuellement des données abstraites : statistiques, mesures métriques, ondes…

Dans la vie de tous les jours, on en reste souvent aux basiques graphiques Excel…

Cet outil demeure en outre un formidable levier de communication : "une image vaut mieux qu’un long discours" comme dirait l’autre (cf. ces quelques superbes exemples) : un aphorisme lié au fait que la visualisation des données convoque 80% des ressources de notre cerveau.

Il existe bien d’autres données beaucoup plus complexes qu’une température ou un EBITDA… D’où une opportunité à saisir pour les experts de la formalisation des données : les éditeurs et graphistes.

Après tout, ils ont bâti leur réputation avec la data visualization de texte : romans, BD, magazines…

Pour mieux comprendre à quoi peuvent ressembler des données compliquées, je vous recommande cette courte conférence :

Par défaut