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La magie du verbe a encore frappé : l’art délicat de la stéganographie

Il y a quelques semaines, un article parait dans Wired. Il traite d’une technique antique ayant recouvré par le hasard des réseaux sociaux une actualité brûlante : la stéganographie. Ce procédé consiste à dissimuler un message dans un message.

Relaté dans son Enquête par Hérodote au 5e siècle avant Jésus-Christ, le plus historique des exemples stéganographiques provient de Démarate – ancien roi de Sparte – alors que la Perse menace d’envahir la Grèce. Ayant pris connaissance du complot ourdissant, Démarate grave un message à l’intérieur de la cavité boisée qui accueille la cire des tablettes de l’époque. Une fois recouvert de cire, le message put transiter et les ennemis n’y virent que du feu.

Cette technique a été utilisée des tonnes de fois dans l’histoire. La note Wikipédia est à ce sujet bien renseignée.

NB : contrairement à la cryptographie dont les messages sont incompréhensibles sans le protocole de décodage, la stéganographie héberge un double sens au sein d’un sens premier tout à fait intelligible.

Si cette astuce est remise au goût du jour actuellement, c’est que certains chercheurs ont observé des cas sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Les scientifiques avancent une raison simple à ce redéploiement de e-ruse : l’arrivée des parents sur le social network.

Le cas cité par Wired fait référence à une jeune fille qui pour annoncer sa rupture sur Facebook, a posté la séquence musicale de La vie de Brian Always look on the bright side of life. Ce message portait deux significations principales :

  1. Le titre de la chanson visait à rassurer comme si de rien n’était la maman sur l’état mental de sa fillette,
  2. La scène des hommes crucifiés sous-entendait le malaise et la souffrance de la jeune fille vis-à-vis de ses amis au courant.

Si l’exemple de la revue est un peu tiré par les cheveux, l’emploi de la sténographie ne laisse – je l’espère – indifférent personne. Tout le monde a du employer au moins une fois dans sa vie des détours plus ou moins subtiles pour communiquer plusieurs choses à la fois (la prose rimbaldienne restant à ce jour l’emploi le plus expert).

C’est cool qu’il y ait un mot rien que pour raconter ça.

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