Marketing, Médias

Le transmedia planning : nourriture pour fans

C’est un lien posté par Benoit sur Posterous qui inspire la rédaction de cette note. Le fait qu’un ancien stratège Naked soit un des théoriciens du transmedia planning n’y est sans doute pas innocent non plus…

En quelques mots, c’est quoi le transmedia planning ? "A narrative extension across media plateforms".

Une stratégie qui permet de nourrir ses fans ou clients en exploitant de multiples supports.

Quelle différence avec une campagne à 360° traditionnelle? Ces dernières déclinent une idée unique sur plusieurs supports alors que le transmedia planning alimente en informations spécifiques chacun des supports exploités.

Cette approche permet de faire vivre le lien qui unit des consommateurs avec une marque ou un produit :

  • D’une part, les gens ne sont pas aspergés par les messages à leur insu mais vont à leur rencontre.
  • D’autre part, cette stratégie s’adresse à des fans à la recherche d’informations qui n’intéressent qu’eux.

Le schéma ci-dessous résume le principe d’alimentation d’une communauté selon la méthode du transmedia planning :

Tous les efforts de communication leur sont adressés afin qu’ils améliorent leur connaissance d’un sujet et qu’ils en discutent entre eux.

Les séries TV sont de grandes adeptes de ce type de tactique :

  • Les héros de Skins ont des profils Myspace abreuvant les fans de scoops et de dates d’évènements,
  • L’agence Sterling Cooper de Mad Men à un fil Twitter relatant des informations sur la série ou des gossips imaginaires "entendus dans les couloirs",
  • Lost et le comparateur de vol Kayak proposent aux clients de s’envoler sur la compagnie fictive de la série : Oceanic Airlines.

On se souvient par ailleurs de quelques superbes cas de TMP au cinéma.

Pour Matrix, on a vu apparaitre aux quatre coins du monde des produits dérivés permettant de mieux comprendre l’univers et ses détails : plusieurs versions du scénario, portraits des protagonistes, "préquel" (récit ayant lieu avant), jeux vidéos et documentations offrant l’opportunité d’être totalement incollable.

Idem pour Batman Begins (cf. ci-dessous) ou Le Seigneur des anneaux.

En somme, le transmedia planning est l’outil ultime de création de lien entre marques et consommateurs… Peu de marques ont franchi le cap. On se souvient d’Audi et sa campagne The Art of the Heist.

Il y a fort à parier que les nouvelles possibilités offertes par le web devraient participer au développement de cette stratégie rêvée par tout storyteller qui se respecte.

Voici une vidéo des créateurs de la série Heroes qui expliquent succinctement leur usage du transmedia planning :

NB : Nous avions dédié une veille Né Kid il y a quelques mois sur les ARGs, des modes de communication inspirés par les jeux de rôle, ayant de nombreux points communs avec le transmedia planning :

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Rectificatif : les Mad Men sont bel et bien démoniaques

Faisant suite à mon article dubitatif sur le caractère pertinent de la première saison de la série Mad Men diffusée sur AMC, je tiens à présenter toutes-mes-plus-plates-excuses à la clique de Don Draper.

Mécanisme à rebondissement bien huilé, scoping rapide et profond de chacune des personnalités des protagonistes, critique exquise en vrai-faux-technicolor des psychoses de l’époque, allusion à des problématiques dont-on-ne-soupçonnait-pas-l’existence-et-que-nous-nous-appropriions-bon-grés-mal-grés-du-haut-de-nos-vingt-ans…

La première saison est une franche réussite. Rendez-vous cet été pour la suite des hostilités.

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Draper le looser

La petite communauté marketingo-geek s’est récemment émue d’une nouvelle série diffusée – dans l’anonymat – le dimanche soir sur TPS Star : Mad Men.

Encensés par Télérama, je dois bien avouer que les 3 premiers épisodes m’ont laissé dubitatif. Il est par ailleurs intéressant de noter le bouleversement que vit ces dernières années le statut de la série télé, passant du ringard – certaines appellent ça culte - des Amour, Gloire et Beauté, Magnum et consors au populaires et branchés Six Feet Under ou Weeds. Ca fera trés certainement l’objet d’un post prochain.

_ Les publicitaires sont cyniques et trop sûrs d’eux : pourquoi pas…

_ Les femmes sont gourdes et peinent à tenir la bride de leur libido récemment tolérée par les sixties-préfigurant-par-la-même-les-années-hippies : pourquoi pas…

_La péquenaude est ravie d’avoir trouvé un job downtown et les femmes aux foyers s’ennuient dans leur résidences pavillonaires… : ça commence à faire beaucoup.

Beaucoup de clichés sur le way of life, un pubard-superstar qui doute de lui (il trompe sa petite-femme-bien-sous-tout-rapport avec une illlustratrice free-lance) et du bien-fondé de ses travaux (pub pour des cigarettes)… Au bout de 3 épisodes, Mad Men peine à ne pas me faire penser à un bootleg choucroute & gomina du 99F de notre Beigbeider national (le générique rappelle le suicide fantasmé de FB dans l’adaptation de Jan Kounen) mêlé au spleen vaporeux de Virgin Suicide.

Affaire à suivre

Mise à jour : un an plus tard. Quel con je fais. C’est génial.

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