Humeur

A l’aube d’une nouvelle révolution industrielle, les marques devraient plus que jamais se considérer comme des voyages plutôt que des destinations

Suite à la note d’hier sur les industriels qui se rendent compte que la différenciation est une mythologie en perdition (plus de détail ici, ici ou ), il y a matière à interroger la notion de statut.

Si ce dernier existe depuis la nuit de temps, les révolutions industrielles ont systématiquement bouleversé sa définition. Avoir l’électricité ou l’eau courante fut statutaire à une époque, tout comme rouler en automobile ou prendre l’avion.

Comme l’explique Olivier dans ce commentaire, plus la technologie avance et plus il est difficile de créer de la valeur ajoutée dans la fabrication (pays à faible coût de main d’oeuvre, imprimantes 3D…). Les marques ne peuvent plus se contenter de vendre des objets mais des expériences (où l’on retrouve une excellente illustration de l’hypothèse médiologique selon lequel les idées influent les outils comme les outils influent les idées, cf. le digital…). On passe de l’avoir à l’être.

On peut ainsi raisonnablement décréter officiellement l’obsolescence du statut et invoquer la sagesse taoïste selon laquelle l’important est le voyage, pas la destination. Si le statut est mort, les marques ne devraient plus se considérer comme des destinations mais comme des voyages. Elles doivent être des leviers (/ des ingrédients) au service d’autre chose : l’expression personnelle, la cohésion sociale, la sauvegarde de la planète, peu importe.

N’importe qui peut rouler en Mercedes ou posséder un sac Vuitton. Tout le monde ne peut/ ne veut s’engager pour une cause quelconque, apprécier la qualité d’une publication ou jouir d’une invitation spéciale dans un musée.

Cette prééminence du money can’t buy sur la performance industrielle laisse entrevoir un âge d’or pour les métiers du marketing et de la communication.

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Insights, Music

Clash des générations : la mémoire du geste du walkman

Une expérience intéressante a été menée en Angleterre en vue d’illustrer les comportements inhérents aux objets qui nous entourent. Consécutivement aux 30 ans du walkman, un journaliste anglais s’est amusé à confier pendant quelques jours un walkman à un adolescent habitué du iPod.

Les réactions générées par l’expérience ne manquent pas de piquant.

Pour commencer, le jeune a du mal à comprendre le système des 2 faces de la cassette. Ensuite, il exprime ses doutes quant à la qualité sonore des enregistrements magnétiques. Pour terminer, il s’étonne de la laideur de l’objet et des réactions produite par les passants dans la rue, ce qui donne un nouveau coup de marteau sur la caractéristique "accessoire de mode" du baladeur Apple.

Chaque objet produit ses propres utilisations, c’est une aspiration quasi universelle du design. De fait, le teenager réinvente la fonction shuffle en avançant ou rembobinant arbitrairement la cassette.

Cette interaction etait relativement prévisible, pourquoi?

La dématérialisation de la musique a induit un biais d’utilisation énorme dans la consommation et l’écoute de musique. L’album a quasiment disparu au profit d’une écoute "au morceau". La musique ne s’apprécie plus comme un tout mais comme une somme de partis (donnant par là même du fil à retorde aux tenant de la holistique), ce qui réduit considérablement – dans certains cas uniquement – la portée de l’oeuvre.

Redécouvrira-t-on un jour des albums construits au sens opéra-rock du terme ? La génération zapping renoue-t-elle plus prosaïquement avec le sens premier de l’album qui était une compilation disparate d’inspirations et de ressentis?

Les remixs électro de plusieurs dizaines de minutes formatés en un unique mp3 en sont peut-être la réincarnation…

Source : PSFK

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