Marketing

La social TV transforme toutes les émissions en programmes live

Parmi les phénomènes que la vieille télévision a encore du mal à appréhender, on trouve la social TV : ie. des tweets, du facebook, des check-ins effectués par les spectateurs d’un programme.

Mis à part quelques dispositifs très encadrés et très ponctuels (type The Voice sur TF1 ou X Factor/Superbowl), les chaînes ne savent pas quoi faire de ces productions textuelles échangées durant les émissions.

En y regardant bien, cet immobilisme est doublement déconcertant.

D’abord parce qu’on a longtemps pensé que la télévision ne survivrait pas au raz-de-marée digital et qu’on se rend compte que les chaines n’ont finalement jamais compris leur rôle anthropologique (faut-il préciser que dans n’importe quelle langue, on ne dit jamais regarder un programme mais regarder la télévision).

Surtout parce que la social TV transforme n’importe quel contenu en live : la météo, le JT, le talk-show, le film, le télé-achat. Jadis, à peine 10% des contenus étaient live (le sport, parfois le JT et quelques émissions de variété). Aujourd’hui et demain, l’expérience live peut se propager à tous les contenus grâce aux conversations qui s’y greffent.

Pour les producteurs et diffuseurs de contenus, c’est une aubaine.

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Innovation

"Ce n’est pas parce que nous pouvons faire quelque chose que nous devons le faire" : ce que l’innovation dit de notre rapport au monde

Le dernier numéro d’INfluencia consacré à la mobilité héberge un article de Patrice Duchemin qui aborde un point fondamental : ce n’est pas parce que nous pouvons faire quelque chose que nous devons le faire.

A la croisée de la loi de l’instrument de Maslow et de la pensée du libre arbitre, cette interrogation sur l’Homme et son environnement fait assez naturellement écho à de nombreuses problématiques, commerciales a fortiori. Faut-il se précipiter sur Pinterest lors de son lancement? Les marques doivent-elles se rompre au jeu du web social? Le QR code est-il le nouveau mode d’emploi? (pour creuser le sujet, allez donc potasser la présentation infra)

La question levée par Patrice Duchemin est brûlante car elle nous renvoie à notre capacité de prise de décision. Dois-je suivre la nouveauté? M’y opposer?

Entre les deux pôles, la zone grise du choix argumenté (rationnel ou émotionnel) effraie. Notre cerveau n’est pas programmé pour réinterroger les évidences acquises lors de notre expérience, au contraire.  Il crée des raccourcis qui lui permettent de gagner du temps et se consacrer à d’autres sujets.

La nouveauté s’oppose ontologiquement aux enseignements de l’expérience. On ne peut savoir si Pinterest est une bonne ou une mauvaise chose, contrairement à la plaque brûlante de la cuisinière que l’enfant touche accidentellement avant de comprendre et d’enregistrer que c’est désagréable.

L’adhésion à la nouveauté est de nature idéologique : toujours plus, toujours mieux, toujours plus heureux. Elle s’inscrit dans une forme de progressisme. Est-ce que les agences de pub sont progressistes? Possible. Pour tout un tas de raison : la mode se démode et que vive l’accélération des renouvellements, essentiellement.

Pour le reste, si les agences de pub versent dans l’innovation, c’est moins par progressisme que par manque de libre-arbitre. Opter pour un des deux pôles est rassurant, rapide, facile, confortable, parfois rentable. Peser le pour et le contre, surtout en matière d’innovation, n’a rien d’évident. C’est pourtant le seul intérêt du métier que nous faisons. Sans réflexion, nous sommes morts, nous n’avons plus qu’à programmer les ad exchanges qui nous remplacerons demain.

L’innovation ne doit pas être accueillie aveuglément mais les yeux ouverts, au service d’un dessein plus large. On peut tout faire avec l’innovation. Le meilleur comme le pire. L’innovation est un moyen pas une fin.

Quelle est votre fin?

* Pour les gourmands aveuglés par l’innovation, prenez un quart d’heure pour revenir sur terre (merci Greg pour le lien) :

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Humeur

Le problème avec les gens…

Cela sonne comme une rengaine annonçant le pire comme le meilleur : l’imminent besoin d’adaptation ou le passage en force.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ne se comportement pas comme les marques le souhaitent.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ne vivent pas en miroir de l’organisation des entreprises. Pour les gens, une Renault Mégane et un Renault Trafic appartiennent à la même marque. Pas pour Renault. Pour l’individu lambda, accéder à Google Maps depuis une application ou un raccourci écran, c’est pareil.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ne respectent pas les intentions (conservatrices) des marques. Sans véhicules de fonction, les berlines haut de gamme ne seraient achetées que par des notables de province. Sans dépense à perte, la plupart des marques de luxe ne résideraient ni sur les Champs, ni place Vendôme. Parler aux gens riches est un choix plus coûteux que rentable.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ont du répondant.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils possèdent la dernière instance de la décision.

A quoi ressemblerait le monde si les marques contrôlaient les gens? A une armée de clones dépensiers sans âme. Les marques naissent de la singularité et la complexité des environnements socioculturels. Comment expliquer les succès de Red Bull / Monster autrement que par l’aseptisation cognitive du monde moderne qui conduit les gens à rechercher des sensations fortes? Facebook par un besoin d’expression personnelle et d’individuation? Apple par l’essor de la classe des créatifs culturels?

Les marques dorment sur une mine d’or et y cherchent du charbon, le charbon de la commodité, qui chauffe tous les foyers à la même température, se transporte facilement et s’extrait depuis des millénaires.

Le problème avec les gens, c’est une solution.

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