
Le combat qui oppose Apple et Samsung dans le premier procès du siècle offre un piteux spectacle, à coup d’accusations en tous genres, d’interdictions de lancements de produits ou de campagnes de pub diffamatoires.
Ce combat de titans a des sérieux airs de combat de coq. Si les arguments des deux parties ne manquent pas de poids, le message envoyé au public n’a rien de très positif. On nage en plein Kramer contre Kramer, où les deux responsables du foyer se battent au détriment des enfants. Certes, Samsung et Apple n’ont jamais été vraiment drivé par ce que les gens pouvaient penser d’elles. On se souvient de cette phrase emblématique de Jobs :
"Il est très difficile de designer un produit à travers des focus groups. La plupart du temps, les gens ne savent pas ce qu’ils veulent avant que vous leur ayez montré…"
Si l’autocentrisme de Jobs lui a plusieurs fois donné raison d’un point de vue business, le public se moque de ces bisbilles entre géants plus riches les uns que les autres. En pleine récession, cette affaire a quelque chose d’obscène. Rien de tel pour attiser le sentiment de défiance des gens vis-à-vis des marques.
On pourrait également évoquer la bataille philosophique qui se joue derrière cette chicane. Sorte de baie des cochons assaisonnée au 21e siècle, le litige Apple contre Samsung sanctionne deux visions du monde différentes où les définitions de la propriété industrielle et intellectuelle sont fort différentes. On n’a sans doute pas fini d’en entendre parler compte tenu de la montée en puissance de l’économie asiatique.
Néanmoins, au-delà de cette différence culturelle, les deux marques méritent un zéro pointé pour leur propre marketing. Le modèle ouvert qu’elles prétendent soutenir via leurs app-stores alimentés par des développeurs tiers aura désormais des airs d’alibi cachant une réalité bien plus pragmatique. Samsung comme Apple n’ont rien d’ouvertes, elles exploitent juste la créativité des autres à leur profit, sans belle histoire à raconter.
On s’en doutait un peu mais faire acte de contrition de manière aussi assumée manque cruellement de poésie…
N’oublions pas que :
