Humeur, Publicité

Le retour inquiétant du sexisme dans la publicité

Ce post est également publié chez Jocelyn de 40 Centimes, un blog réputé pour ses interviews vidéos de personnalités emblématiques des métiers de la com.

S’il y a une journée de la femme, ce n’est pas sans raison. Les 364 autres jours de l’année ne lui sont pas dédiés. C’est dommage, notamment lorsqu’on bosse dans la publicité.

Si certaines marques prennent leur rôle d’agents sociaux à coeur et engageant des conversations à tendance progressiste (on pense à Eram et les familles recomposées ou Castorama avec les gays), d’autres s’ingénient à s’enraciner dans le passé.

On a cru que le porno chic de la fin des années 90 était le chant du cygne du sexisme en pub. Que les débats liés à la représentation de la femme s’étaient orientés sur son apparence (minceur, photoshop, etc.) ou sur la construction du genre* (cf. The Kooples ou omniprésence de l’androgynie dans les années 00).

Il y eu bien quelques fâcheuses résurgences (cf. Dolce & Gabbana et les tournantes), mises au crédit de la culture de certaines marques ou de la personnalité d’un créateur fantasque, mais on pensait le sujet clos.

Pourtant, depuis quelques mois, apparaissent çà et là des images en prise avec les vieux démons du sexisme et de la misogynie. Évitons de dresser un panorama exhaustif (ça prendrait malheureusement trop de temps), voici quelques exemples symptomatiques :

Premier niveau de sexisme : Marie. S’il est vrai que la marque de surgelés au nom féminin s’inscrit dans une vision des femmes aux foyers, elle n’était pas obligée de continuer à ne s’adresser qu’aux femmes en 2012. C’est bien connu, les hommes ne cuisinent pas, encore moins des surgelés.

Autre exemple qui ne touche pas que les femmes : L’étudiant. Ces deux visuels délivrent une piètre image des jeunes femmes. Dans le premier cas, on dresse un amalgame entre la passion pour la mode et l’idiotie (au moins orthographique si on ne tient pas compte de l’expression imbécile de la jeune fille). Dans le second cas, la bimbo est assimilée à la réussite. C’est effectivement de dont tous les hommes rêvent…

Dans le même registre que la femme de footballeur, Dupire fait presque petit joueur… Attention : le second degré n’atténue aucunement la représentation rétrograde de ces images de femmes protégées par un homme fort capable d’entretenir le foyer (au sens propre).

Dans une moindre mesure, Cerise de Groupama n’est pas épargnée : en prodiguant ses conseils avisés, elle signifie l’astuce des produits Groupama qui peuvent même être expliqués par une blonde ingénue :

Autre variation de la femme par Ford : maman ou putain. Rien d’autre. C’est chic :

Plus récemment, Suchard défraie la chronique. Quelques mois après avoir installé un excellent positionnement comparant les sensations du chocolat à celles du sexe (sans discrimination), la marque dérape en se présentant comme (quote) : le chocolat qu’on t’offre si on veut te baiser. Pas de version masculine en contrepartie, les femmes sont les seules ambassadrices de la lubricité sur terre, c’est bien connu. Eve n’a-t-elle pas croqué la pomme, contrevenant aux conseils d’Adam le sage?

Pour Pâques, c’est l’apothéose :

Je ne comprends pas comment ces affiches n’ont pas été plus attaquées par les femmes… On a coutume de louer l’actualité de l’aphorisme fordien "parlez en bien ou en mal mais parlez-en", justifié par le paradigme conversationnel du 365.

Cet article voudrait démontrer le contraire. Tout comme Marine Le Pen devait être représentée lors du scrutin présidentiel afin de préserver la pluralité démocratique, la vitalité et la variété des discours de marque est bon signe. Aussi, il est de notre devoir de citoyen de commenter et discuter les choix opérés par ces acteurs publics qui ont voix au chapitre.

En tant que citoyen, je suis contre le sexisme, le passéisme et le patriarcat. Comme dirait l’autre, "non, ce n’était pas mieux avant". Vive le progrès et vive les marques qui font avancer les choses !

* Pour les courageux, voici un peu plus d’infos sur le gender marketing :

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Dilemne : comment les marques assument les "tuning boys"

C’est une brève parue sur le site de Caradisiac qui introduit le sujet : comment les marques automobiles gèrent les adeptes de tuning?

Largement répandu à travers le globe, le tuning consiste à customiser son véhicule selon des modalités pas toujours très glamours… Les idées reçues véhiculées par ces pratiques sont d’ailleurs mal connotées en dehors des communautés de fans.

La logique marketing poussent les marques à monter en gamme et essayer des vendre des voitures toujours plus équipées à des prix toujours plus hauts. Il devient toutefois compliqué de gérer cette stratégie lorsqu’une partie de sa clientèle y injecte les valeurs du tuning, souvent très populaires (cf. vidéo ci-dessous)…

Quelques marques tentent de "premiumiser" le tuning. Après tout, ce hobby n’est pas forcément incompatible avec le marketing de la personnalisation et de la série limitée.

Mini propose par exemple à ses clients une gamme d’accessoires très vastes qui leur permettent de tuner sa voiture de manière chic.

Ford va présenter plusieurs préparations tunées de sa Mustang au SEMA show, THE salon du tuning à Las Vegas. La marque s’est rendu compte que son modèle culte était l’auto la plus customisée au Etats-Unis. Les propriétaires ont dépensé pas moins de 31 milliards de dollars l’année dernière en accessoires… Une manne bienvenue pour l’industrie automobile US en berne..

Comment concilier les aspirations statutaires des marques avec la réalité des usages des consommateurs? Vaste sujet…

Une autre stratégie qui marche pas mal, c’est les cargirls sur les salons… Ou comment attirer les consommateurs en quête de statut ET les adeptes de la jante alu… La photographe Jacqueline Hassink s’est amusée à en faire un reportage photo :

Le reste de la galerie ici.

Dur dur la culture…

Bonus : une petite perle

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Contre tendance

Les marchands de coffre-forts se frottent les mains, ceux de livret A pareillement. Au milieu du tumulte, le secteur automobile fait partie des bastions des plus touchés : pouvoir d’achat des consommateurs en berne, motorisations inadaptées à l’environnement économico-environnemental, design manquant d’audace signe le déclin d’entreprises centenaires tels General Motors ou Ford outre-atlantique.

Au fin fond de l’Amorique, un village d’irréductible gaulois Contre vents et tempêtes, Rolls Royce vient d’augmenter ses ventes de 20%. Une belle leçon de relativisme pour ses mastodontes consommant 40 litres au cent facturés 400 000 euros… On nous cache tout on nous dit rien !

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