Humeur

La soif de earned media est-il le fruit de l’immatérialité des marques?

Métaphore malabile d’une marque gérant son marketing conversationnel

Au-delà du manque de capacité à penser indépendamment des outils dont nous disposons, certains dogmes initiés par les marketeurs laissent pantois.

La course au eraned/shared media.

Quel est l’intérêt de générer du earned media pour une marque de petits pois? Un million d’études montrent que le earned n’explique rien d’autre que sa propre existence.

Avant ou après les internet, une marque engageante avait toutes ses chances de générer du bouche à oreille. Avant ou après les internet, une marque chiante reste une marque chiante. Tout le monde ne reste pas chiant/cool toute sa vie, il y a espoir.

En outre, chiant ne rime pas avec fauché, bien au contraire. Non seulement les cas de marques silencieuses couronnées de succès abondent (voir veille de Né Kid infra) mais cette démarche témoigne d’une forme de respect vis-à-vis des gens.

Pourquoi les marques rêvent-elles à tout prix de faire parler d’elle? N’est-ce pas péché d’orgueil que d’acheter l’attention des autres dans un environnement prompt au dialogue?

On a coutume de dire qu’un mécontent parle pour 10. Cause ou conséquence ? La sur-représentation de négativité en ligne est-il le fruit d’un véritable biais ou du comportement bizarre des marques ?

On ne parle pas plus quand on est mécontent que quand on est heureux. A qui oseriez-vous avancer cette hypothèse dans la vie? Franchement. Même sous couvert d’anonymat. Que reste-t’il de l’anonymat aujourd’hui?

On atteint ici toutes les limites de l’immatérialité de la marque. Si cette dernière était une personne en chaire et en os, nulle doute qu’on s’y reprendrait à deux fois avant de lui faire des recommandations faisant fi de toutes les règles de bienséance.

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Médias

A ressortir en réunion : la variété d’un mix media est corrélée à l’efficacité business

Plurality rocks!

Ce n’est pas un hasard si les vainqueurs de Cannes 2012 observent une plus forte pluralité de leur mix de moyens.

Mieux : la variété du mix s’accroit encore un peu plus parmi les shortlistés :

Ça tombe sous le sens mais mérite d’être répété : plus un message s’exprime de manière différente, plus il a de chance d’être effectivement reçu par les gens adressés. La variété d’un mix adresse des problématiques plurielles : moments, personnes ou contextes. De fait, par syllogisme, la richesse d’un mix vise moins à répéter la même chose sur différents moyens que dire des choses différentes sur chaque moyen. En outre, on peut en déduire que "parler moins mais mieux" est source d’efficacité business (qu’est-ce qu’il ne faut pas répéter parfois…).

Attention : ici, on ne parle ni de la manière, ni de la nature (digital/analogique – paid/owned/earned ou autre) des moyens. Il s’agit d’une data brute. Cette indistinction est aussi salutaire que nécessaire : dans l’esprit des gens, une marque qui parle reste la même quel que soit l’endroit où le verbe se fait : en magasin, à la TV ou à la machine à café.

A noter : la proportion de marques locales passe de 10 à 30% entre 2011 et 2012, parallèlement à l’augmentation du nombre moyen de channels employés. Preuve que la variété et la richesse d’une stratégie des moyens n’est pas le seul apanage des géants internationaux condamnés par leur poids à étoffer leur dispositif.

Voici le rapport complet de WARC sur la creative effectiveness :

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Marketing

Pour mieux connaitre les autres, les marques devraient commencer par mieux se connaitre elles-mêmes

Dans la jungle des points de contact, en voici un inhabituel : les plaques en fonte des fournisseurs d’accès à internet.

Installées sur les trottoirs des villes, ce n’est que récemment que j’ai compris qu’elles n’étaient pas l’unique apanage de France Télécom. Free a tiré son propre réseau dans le pays, il n’y a donc aucune raison qu’ils ne disposent pas de leurs propres plaques en fonte.

Fait étonnant : une marque aussi inspirée (du moins jusqu’à un proche présent) que Free n’utilise pas ses plaques autrement que le leader historique FT. Occasion en or d’activer un owned media à peu de frais, le trublion des télécoms est ici bien conventionnel… Dommage.

On devrait créer un club des marques qui gaspillent du fric en média au détriment de leviers gratuits : les packagings, les véhicules de livraison, les uniformes de vendeur ou les vitrines. Tant pis pour elle, d’autres l’ont parfaitement compris.

Ceux qui manquent de new bizz savent ce qui leur reste à faire.

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