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La post-publicité a inventé le marketing conversationnel il y a longtemps

La post pub intervient comme adaptation à l’indifférence totale des gens aux ressorts traditionnels. La post pub est une réinterprétation des codes de la publicité à l’aune de ce changement d’attitude. La post pub est l’étape qui suit deux grandes ères : la réclame jusqu’à la moitié du 20e siècle puis la publicité durant les 50 dernières années.

Quelques exemples intéressants d’hyperréalité :

La bière Rolling Rock il y a quelques années :

La vente à la sauvette organisée par Vuitton lors de l’inauguration de l’expo Murakami au MoMA. Idem pour les marques qui commettent des vraix/faux impairs.

Les hôtels Kyriad il y a quelques semaines :

Les serviettes hygiéniques Maxipad par Body Form il y a quelques jours :

L’hypothèse charriée par la post pub, c’est que le marketing conversationnel est antérieur au web. La maturité des gens face à la pub a forcé les publicitaires à repenser ses modalités de prise de contact depuis longtemps.

De la même manière que le web est né d’une structure sociale préexistante, le marketing conversationnel est né de la réinvention de la pub. Internet a joué un rôle de catalyseur, pas d’initiateur.

Les premiers avatars de la post pub remontent à loin. Quand on repense à quelques grandes campagnes (et même en France oui oui) telles qu’Avenir et Myriam, Eram et l’image de la femme dans la pub ou Les ronds rouges arrivent, pas la peine de s’en convaincre longtemps : tous les ingrédient du marketing conversationnel étaient déjà là. A peu de choses près, ces idées auraient pu être pensées pour les réseaux sociaux.

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Goodby pour Rolling Rock : un autre excellent cas de faiblesse transformée en force

C’est une étude de cas comme on les aime : intelligente, créative et efficace. Cerise sur le gâteau : celle-ci est passée inaperçue.

En 2007, Goodby, Silverstein & Partners planche sur Rolling Rock, une des dernières marques indépendantes de bière des Etats-Unis qui vient d’être rachetée par Anheuser. Alors que les observateurs s’attendent à ce qu’Anheuser tue le peu de caractère qui reste à la marque pour la remplacer par un de ses fleurons, Goodby décide de ne pas rassurer les gens :

Show the world how a great beer will always triumph over bad marketing

L’agence rebondit sur les craintes du public et imagine la pire campagne de communication possible, conforme au scénario catastrophe attendus par les derniers fans : des visuels atroces, des innovations sexistes et les excuses répétées du vrai/faux VP de la marque au sujet de films tendancieux. Naturellement, les films n’étant jamais passés à la TV, les questions commencent à se poser. La marque dissémine habillement quelques indices sur le web et la mayonnaise prend petit à petit.

In fine, Rolling Rock réussit son pari en diminuant l’âge moyen de ses clients, augmente son CA et remporte l’Effie 2008 (dont le cas est disponible ici).

Voici la vidéo récap de la stratégie :

Merci à Grégory pour les infos.

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