Marketing, Publicité

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #26

1. Les pirates ne condamnaient pas leurs ennemis à marcher sur la planche. Ils les jetaient juste par-dessus bord.

2. L’imbroglio autour de la dépouille de Molière.

3. L’étonnante histoire de la découverte de la pâtisserie.

4. La mémorable campagne anti-tabac Truth -(cf. ce résumé) orchestrée par l’agence Crispin Porter + Bogusky est un vrai succès. Désormais, les ados américains fument plus d’herbe que de cigarettes. Une victoire?

5. Apocalypse Now, palme d’or de Francis Ford Coppola, s’inspire de la nouvelle Au coeur des Ténèbres de Joseph Conrad, racontant les horreurs de la colonisation au Congo Belge.

6. Indiana Jones existe. Il est Français.

7. Dans les années 80, on ne s’expliquait pas le taux de mortalité plus bas que la moyenne dans le XIIIe arrondissement parisien. Toutes sortes de rumeurs virent le jour, dont la plus belle reste celle consistant à insinuer que les Chinois ne déclaraient pas leurs morts, les cachaient à l’étranger pour revendre leurs papiers d’identité… Plus d’infos sur le phénomène de rumeur :

8. Il existe 18 techniques imparables en matière de rhétorique de la mauvaise foi. Précieux document. Merci Anne.

9. 90% de nos décisions seraient prises sur le mode pilote automatique.

10. Selon une étude publiée dans le Journal of Marketing Research, le luxe chez les hommes fonctionne comme un loup dans une bergerie. Si un individu achète un produit luxueux qui ne convient pas à sa garde-robe ou à son intérieur, il va préférer opérer un upgrading total de ses possessions plutôt que de retourner l’objet qui ne convient pas à son standing actuel.

Pourquoi ce comportement? Dans la majorité des situations, on considère que les objets de luxe sont mieux que les objets bons marché. De fait, ils représentent à nos yeux un standard de qualité qui relève la barre et éclipse le reste.

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Marketing

Fesses, boucs et soutiens-gorge

Aujourd’hui, lien quotidien spécial, assuré par mon ami Alexandre (fréquemment cité sur ce blog).

C’était le buzz du week-end dernier sur Facebook: les statuts des membres féminins se sont mis à pulluler de la mention de telle ou telle couleur.
Sans qu’on sache vraiment pourquoi.
Pas de pot cependant: la mention "vert" sous le nom d’Anne Lauvergeon ne témoignait pas de sa nouvelle passion pour l’écologie, mais plus probablement de quelque chose de bien plus trivial.
La couleur de son soutien-gorge.

L’hypothèse la plus couramment retenue (qui a donné lieux à divers articles sur le web – voir ici ou là) est en effet qu’il s’agissait d’une action virale de sensibilisation à la cause de la lutte contre le cancer du sein.

La couleur mentionnée par vos amies correspondait donc à celle du soutif’ qu’elles portaient au moment de l’update de leur statut.

Quant à savoir si celles qui ont laissé la même couleur pendant trois jours rentabilisent leur sous-vêtements en les portant tout le week-end…

On peut douter de l’efficacité de cette "campagne" de sensibilisation, comme l’ont d’ailleurs déjà fait de nombreux observateurs.

Pas vraiment de message derrière cette simple action (ou alors personne n’en a fait explicitement mention); choix de l’action virale pas forcément très appropriée et visibilité mise à mal par un manque de lisibilité (on a vite fait de retenir  la couleur du soutif’ de ses copines; moins les raisons qui les motivent à la donner – a fortiori quand ces raisons n’étaient pas mentionnées, la plupart du temps).

Mais là n’est pas le débat – vu qu’en réalité, personne n’est vraiment certain qu’il s’agisse bien d’une quelconque initiative lancée par Dieu sait quelle association ou agence.

Même pas l’ombre d’un communiqué cherchant à s’en attribuer la paternité.

Et ce n’est peut-être pas un hasard.

Car bien davantage que du marketing viral, tout cela ressemble à une autre forme de buzz qu’on connaissait déjà sur Internet, mais via l’e-mail: le hoax (cf. , et )et ses chaînes pour des causes fictives.

Soit tous ces mails a priori bien intentionnés qu’on recevait (reçoit ? dans ce cas, il est peut-être temps de changer d’amis) par dizaines alors qu’Internet entrait dans la sphère du grand public.

Dans le doute, chacun faisait suivre – des fois que ce bébé teckel nécessitant un don d’organes de toute urgence existe vraiment.

Que tous ces messages inutiles aient pu saturer la bande passante du Web – ou même empêcher les vraies chaines de solidarité de recevoir l’attention qu’elles méritaient à force de crier au loup à tout bout de champ – ça, c’est bon pour ces rabats-joie d’Hoaxbuster.

Quelles leçons tirer de tout ça ?

Peut-être pas grand chose: après tout, on n’a jamais vraiment su pourquoi ces hoaxes/chaines fleurissaient sur le Net.

Qu’on les fasse suivre parce que ça ne coûte rien (en apparence), ça se conçoit.

Mais l’intérêt que pourrait avoir quelqu’un à les initier est tout de suite moins évident – campagnes de diffamation mises à part.

Néanmoins, on peut remarquer que ce genre de phénomène ne peut apparaître qu’avec un média de masse.

En effet, il faut suffisamment de gens capable de croire au message, puis ensuite de le faire suivre etc.

Et c’est en ça que la transposition de ce phénomène de l’e-mail vers Facebook est signifiante : elle témoigne de nouveaux usages d’Internet, et du déplacement des audiences et du temps passé sur une partie du Web vers une autre partie du Web.

Ainsi c’est une des preuves supplémentaires que Facebook (et les réseaux sociaux en général) sont en train de devenir des médias de masse à part entière, puisqu’ils ont atteint la taille critique à partir de laquelle peut émerger et vivre sur ces plateformes ce genre de phénomènes.

Ce que tout ça souligne donc, ce n’est ni plus ni moins que Facebook et les réseaux sociaux ne sont définitivement plus restreint à une niche d’utilisateurs, mais deviennent des pratiques aussi courantes que l’e-mail (dont ils récupèrent les bons comme les mauvais cotés).

Preuve en est que selon certaines estimations, Facebook représenterait jusqu’à 1/4 des pages vues par les Internautes aux USA, et aurait réussi à convaincre grosso modo 1/4 des internautes mondiaux de s’y créer un compte (350-400 millions d’utilisateurs Facebook fin 2009 selon le site VS 1,5 à 2 milliards d’internautes dans le monde selon les estimations).

Reste qu’encore maintenant, côté marques et annonceurs, on est loin d’avoir exploité tout le potentiel de ces réseaux où se concentre l’audience.

1/3 des annonceurs seulement les prendraient en compte dans leurs stratégies web, selon l’IAB.

La faute au manque de modèles économiques… mais aussi de méthodologies permettant de mesurer le sacro-saint ROI sur ces supports – où se jouent peut-être moins des enjeux de ventes immédiates que d’image de marque et de réputation (et ça, c’est vachement plus coton à mesurer !).

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Insights, Marketing

L’effet Mozart

Avant de se lancer dans une recherche plus conséquente sur la rumeur et les mécanismes de diffusion des croyances populaires (une veille Né Kid est dans les tuyaux), je voudrais vous parler aujourd’hui d’un superbe coup de bluff qui a pris une tournure particulière ces derniers jours via une innovation amusante : un accessoire iPod pour faire écouter de la musique à son bébé… in utero.

A l’origine de ce produit high-tech, il y a une croyance sous-jacente fantasmagorique : l’effet Mozart. Des recherches menées dans les années 80 avaient en effet montré que faire écouter à son bébé – durant sa grossesse a fortiori –  de la musique classique rendait plus intelligent.

Ces tests ont été remis en cause quelques années plus tard mais la croyance a subsisté… Des jouets, des livres, des articles, des instruments didactiques ont été commercialisés… Rapportant un joli pactole à leurs auteurs. Un ouvrage intéressant revient sur le cas Mozart.

Pourquoi cette rumeur tenace a-t-elle tenu tête aux démonstrations scientifiques? Difficile à dire. En tout cas, il est amusant de se pencher sur ces phénomènes irrationnels. Jean-Noël Kapferer a également consacré un bouquin sur le sujet.

Connaissiez-vous par exemple la rumeur d’Orléans (attention, gros dossier) ? Cette histoire en vogue dans les années 60/70 est un canular pensé par le sociologue touche-à-tout Edgar Morin. Ce dernier avait répandu dans les médias (via un savant dosage d’articles abscons et témoignages interlopes) l’histoire selon laquelle les cabines d’essayages de commerçants juifs de la préfecture du Loiret étaient dotées d’une porte secrète débouchant sur un réseau de traite des blanches international !

Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, la rumeur d’Orléans n’a jamais été démentie officiellement, ce qui a donné lieu aux supputations les plus fantaisistes. Il existait même une version Barbèsienne de la rumeur, prétendant que les dames qui essayaient des robes de mariées dans les boutiques bon marché du 18e arrondissement se retrouvaient kidnappées dans des harems orientaux…

Incroyable non?

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