Médias

De la différence entre contrôle et influence : le point commun entre les marketeurs et les militaires

sos inspiration panneau route détresse appel SOS

Cet article sur les changements de stratégie militaire aux USA résume bien la différence entre le contrôle et l’influence.

Dans le premier cas, l’émetteur cherche à avoir la main sur chaque information qui le concerne tandis que le second cas consiste à inspirer la manière dont les gens parlent de vous.

Rétrospectivement  la première option est pleine de naïveté. Les outils de mesure actuels ont permis de montrer qu’en moyenne, 2/3 (voire 3/4) des contenus en ligne concernant une marque  n’ont pas été créés par elle. Si les pensées analogiques étaient immatérielles et/ou privées, les gens n’en pensaient pas moins. Imposer à des individus une manière de voir le monde relève des régimes totalitaires.

La majorité des marques croit pourtant encore à son pouvoir de contrôle sur son discours, ses publics, ses perceptions. La plupart des dogmes du marketing moderne datent de la guerre froide : l’USP, la ménagère de moins de 50 ans, les études de motivation, les tactiques de mediaplanning (vagues, pics, rémanence, bêta de mémorisation…). Si nos outils ont évolué, l’idéologie qui les sous-tend est d’un conservatisme inouï. Le marketing est dans la même situation que l’armée américaine il y a un demi-siècle (la concomitance géographique des deux champs disciplinaires n’est pas fortuite).

On se souvient de la citation d’Einstein à propos de la folie : "doing the same thing over and over again and expecting different results."

En parlant aux mêmes personnes en attendant des résultats différents, nous nous fourvoyons. Les marques et leurs agences doivent changer de posture, au pire influer, au mieux inspirer. Une fois de plus, Einstein a le dernier mot : "No problem can be solved from the same level of consciousness that created it."

Par défaut
Humeur, Insights

Non à l’insight valise, non à l’insight unique !

En ce jour de solstice d’été, la grognerie est autorisée. Rien de plus agaçant que l’emploi du terme insight à tout bout de champ.

C’est à se demander si ses utilisateurs ne sont pas rémunérés au mot clef. Voilà un bel exemple des limites du quanti sur le quali. On assaisonne les insights à toutes les sauces. Il peut être :

  • Une observation : quand ils achètent un écran plat, les gens donnent leur vieux téléviseur à leurs enfants,
  • Une vérité générale : les vacances sont un moment de détente,
  • Une idée reçue : les hommes ne font pas attention à eux,
  • Un cliché : les femmes sont plus maniaques que les hommes,
  • Une statistique : 72% des plus de 60 ans ont l’impression que la pub ne s’adresse pas à eux,

Il y en a pour tous les goûts.

Un complet paradoxe, dans la mesure où on l’utilise majoritairement comme une USP. L’insight a bon dos, on le charge de tout, c’est le magistrat de la reco. Je me demande combien de clients y croient encore.

En outre, on parle d’insight consommateur quasi systématiquement au singulier. On sait pourtant que l’insight ne se définit pas par son unicité mais par sa capacité à regarder une situation depuis un angle étonnant et pertinent.

Non seulement il n’y a jamais un mais des milliers d’insights consommateurs, mais les insights ne se cantonnent pas aux consommateurs. On peut regarder différemment n’importe quoi : un marché, une catégorie, un rayon, un point de vente, un média, une mode ou une communauté.

Il n’y a pas UN unique insight salvateur et absolu, ce genre de prétention paresse est insupportable. Les agences gagneraient en crédibilité à être plus modestes.

Par défaut