
Cette réflexion est facile mais comme on ne la lit nulle part (est-ce trop évident?), testons.
Le business de la communication est ingrat. L’instabilité des annonceurs, la volatilité des consommateurs et le turnover des salariés offre un environnement de travail prompt à défavoriser la stabilité des affaires. D’aucuns diront que cette soif d’équilibre est tueur de créativité. D’autres (votre CFO probablement) y verront une appréciable – bien que fugace – soupape de projection à moyen terme.
Si la plupart des agences se réclament de la trempe des créatifs, elles sont pourtant nombreuses à employer des astuces assurant un revenu récurrent, notamment les sagas publicitaires.
Cette tactique brillante directement inspirée des feuilletons littéraires, mercenaire de la guerre de l’attention, est le meilleur ami des directeurs financiers. Elle amortit les coûts fixes du pitch et des présentations clients en quelques mois à peine. L’agence produit des sequels, le client est content, plus besoin de réinventer la roue chaque année. Le boucher a trouvé sa vache à lait.
Ainsi, tout comme les organisations peuvent se déprécier par manque d’air frais, les sagas publicitaires prennent parfois la poussière, illustrant inconsciemment les états mentaux de leurs artisans.
La saga publicitaire tue et rend plus fort simultanément son auteur.
