Marketing

Habbo : comment faire picoler les enfants?

Les problématiques de com relatives à l’alcool sont nombreuses. Les multiples interdictions à l’encontre des alcooliers rendent la communication complexe, chaque message est passé au crible d’un arsenal juridique kafkaïen.

Il y a bien des petits malins qui tentent des pirouettes. C’est le cas dans le sport, où les divergences législatives entre les pays autorisent sinon des jurisprudences du moins des confusions exploitées par les marques d’alcool. On pense par exemple à la H Cup, l’autre nom de la coupe d’Europe de rugby à 15, sponsorisée par Heineken.

En France, la marque hollandaise n’a rien le droit de dire (leur dernière tentative s’est soldée par un furieux échec) alors que dans beaucoup d’autres pays, on force à moitié les joueurs à descendre un demi à la mi-temps. Ce décalage de lois posent le problème de l’unification des juridictions (cf. Olympique Lyonnais qui n’a le droit d’afficher le sponsor de ses maillots que lors de ses déplacements européens) mais c’est un autre débat.

On se souvient par ailleurs de la pirouette de la marque de bière galloise Brains qui a utilisé lors du match de rugby France/Pays de Galles des maillots frappés de l’inscription "try SA" à la place de leur habituel "Brains SA". L’idée : contourner la législation française sur l’alcool sans pour autant faire disparaitre le sponsor. La mention "Try SA" a été présentée comme une simple traduction du terme "essai" (…rugby…) alors qu’en fait cela faisait la promo de la marque de bière… Personne n’a compris mais bon…

Internet offre en revanche un no man’s land juridique dont les marques d’alcool profitent allègrement. On ne compte plus les groupes, les pages fans sur Facebook ou encore les forums investis par les alcooliers. La pirouette : on ne peut pas contrôler les contenus UGC (user generated content)…

Naturellement, tout le monde SA s’essaie à la pub pour l’alcool en ligne, même les non-fabricants. C’est le cas de Habbo, un réseau social pour les ados, assez populaire de par le monde. Leur dernière trouvaille : créer un espace de discussion en ligne sous forme de bistro : le Bobba Bar.

Evidemment, cette petite perle technique est accessible depuis son ordinateur et son mobile. Tout ce qu’on aime. L’idée n’est pas de remettre en cause le rôle social des cafés dans nos sociétés mais plutôt de s’étonner de l’audace de ce projet.

Si l’association Familles de France (jamais avare d’une petite pique réac envers l’univers des jeux vidéo) tombe là-dessus, ils vont littéralement s’étrangler.

Habituer les jeunes à passer des bons moments dans un bar, il faut bien avouer que c’est politiquement incorrect, du moins en France.

De là à ce que certaines marques aillent les dragouiller, il n’y a qu’un pas.

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Geek

Un postmodernisme 2.0 : le datamoshing

Il y a quelques semaines, une vision me saute à la gorge : si les petites vidéos "I’m a mac" ou "I’m a PC" utilisent une direction artistique aussi épurée, ce n’est pas QUE pour simplifier au maximum le message, c’est SURTOUT pour faciliter les réutilisations, parodies et détournements qui donne de la profondeur et de l’ouverture d’esprit à la marque. Pour en savoir plus, c’est sur le blog de Né Kid que ça se passe.

Le datamoshing s’inscrit dans la lignée de ces usages propres au web. L’esthétique DM s’inspire des connexions bas-débit ou du DivX mal compressé. En plus de connoter l’artisanat et le home made – THE révolution du web – il joue la connivence avec le streaming et le piratage, un autre bouleversement de l’ère numérique.

Dans l’ancien monde, le datamoshing était un défaut parce qu’on le comparait à la télé ou au ciné, ie. des symboles de l’ère hertzienne ou pré-digitale.

Dans la nouveau monde, le datamoshing est un jeune postmodernisme qui transforme les antédiluviennes moqueries en expression artistique assumée.

Exactement le même switch culturel que lorsque la photographie a décidé à s’affranchir des codes picturaux inventés par la peinture pour définir son propre champs artistique : formats différents, travaux sur les temps d’expositions, hors-champs, etc.

De fait, rien de surprenant au fait que les musiciens usant de cette technique pour réaliser leurs clips incarnent à leur manière l’innovation : Kanye West ou Chairlift.

Source : Voxpop

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Médias

Le real time : nouveau 360° ?

On en entend parler à tous les coins de rues : le temps réel. Pourquoi les gens s’excitent à propos de ce vrai/faux phénomène annoncé comme une révolution?

Le temps réel, c’est avant tout le fruit de la progression technique. Il permet aux machines de supprimer le temps d’attente entre l’émission et la réception de message. Point. Rien de plus.

Toutefois, on peut présager d’une révolution dans notre rapport aux outils, mais pas tout de suite. Le temps réel ne va pas réinventer l’eau chaude tout de suite, on risque d’assister à un puissant effet de diligence.Kezako? Un mécanisme simple qui s’observe à chaque introduction de nouvelle technique : les nouveaux outils commencent toujours pas copier leurs remplaçants avant d’imposer leurs usages propres.

Exemples : les premiers wagons de train avaient le design des diligences (d’où le nom du phénomène), la photographie a commencé par reproduire la peinture, la télévision retransmettait (et même parfois en direct ;)) du théâtre, on télécharge des mp3 comme on achète des disques (le streaming demeure marginal dans les usages)…

Pour en revenir au temps réel, Google se la pète avec Wave (dont quelques unes des 100 000 invitations test ont trouvé preneurs sur eBay…) en prétendant réinventer l’e-mail :

Pour le moment, on imagine l’utilité de Wave dans des applications essentiellement professionnelles… Néanmoins, ces innovations devraient nous réserver de belles surprises pour l’avenir. Les agences ont le temps d’affûter leur argumentaire commercial. Je prends les paris : 2010 sera temps réel ou ne sera pas !

Pour aller plus loin, voici notre veille Né Kid sur le sujet :

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