10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #347

1.Logistics est le film le plus long de l’histoire. Il dure 857 heures, soit plus de 35 jours.

2. Les premières images américaines de la lune était de tellement bonne qualité que la NASA n’en montra que des versions dégradées pour ne pas stresser le KGB sur l’intelligence US.

3. L’iPhone X coûte cher parce que son écran est replié de l’intérieur.

4. La Bugatti Chiron dispose d’une clef spécifique pour avoir accès à toute la puissance de son moteur.

5. L’album de Pink Floyd The Wall est une boucle infinie.

6. Etymologiquement le toboggan est un traîneau.

7. Entrer en lice provient du monde des tournois médiévaux.

8. Merci Louis

9. Les polyglottes ont autant de personnalités associés à chacune des langues parlées.

10. Pour environ 4000 dollars par mois, le Bel Air Circuit fournit à 400 clients très riches les films hollywoodiens le jour de leur sortie directement chez eux.

Le jour où je suis devenu protectionniste

Ce billet de Benjamin Ferran est tiré d’une édition du Figaro Economie d’il y a quelques jours, je dirais autour du 10 juin. Je vous invite à le lire :

Si la référence à RGPD est tirée par les cheveux, le sujet soulevé par ce projet de réglementation européenne pose des questions qui commencent à me chauffer.

On a d’un côté les éditeurs de presse qui se font piller par les GAFA : depuis les bannos qui apparaissent sur Google News (dont les revenus tirés ne profitent aucunement aux éditeurs de presse) à l’algorithme Facebook qui joue avec les nerfs des trafic managers. Sans oublier la vidéo qui sous la pression des billets de banques posés sur la table par Amazon, Netflix et autre Facebook, voudrait faire plier les principes de financement de la culture européenne.

Micro parenthèse : vous râlez contre la chronologie des médias ? Soit. Ne perdez pas de vue que ce système repose une triple création de valeur. 1/ Une primeur à l’expérience cinématographique. 2/ Un modèle économique de chaine payante façon Canal. 3/ Une dernière monétisation sur les chaines privées/publics gratuites via des recettes publicitaires. Chacune de ces 3 phases de rentabilisation d’un film permet de financer la création, garantissant à la France et à l’Europe un dynamisme culturel superbe et indépendant politiquement.

Bref, comme le rappelle l’association des services internet communautaires, le web n’est pas un far west. Le *principe de responsabilité* des plateformes technologiques c’est du foutage de gueule néo-libéral qui repose sur un dogme d’une naïveté hypocrite : dans la vie, les gens veulent faire le bien autour d’eux. C’est la même argumentation que la NRA vis-à-vis du port d’arme : un pistolet ne peut pas appuyer tout seul sur sa gâchette. Résultat : le terrorisme prolifère sur Youtube et les Russes interfèrent dans l’élection de Trump. C’est le moment d’arrêter de se voiler la face (sans mauvais jeu de mot).

Déception immense, les gourous historiques de l’internet s’opposent naturellement à ce projet de réglementation qu’ils qualifient de censure et n’hésitent à comparer au débat sur la neutralité du net (didascalie : vous n’imaginez pas à quel point je lutte pour ne pas devenir grossier).

Dans la vie, NLQ aime les gens, aime la tolérance et la solidarité. Cet amour s’arrête là où la négation de la sociologie commence. Comment peut-on être assez naïf pour faire confiance à ces entreprises gouvernées par des libertaires? Faut-il vraiment acheter des voitures électriques à un abruti dont le passe-temps consiste à lancer une société qui commercialise des lance-flammes ?

Contrairement à ce que ces pseudo-babacools bourgeois appellent censure (sous couvert d’un profond conservatisme protégeant leurs propres profits de mâles blancs diplômés gardons ce point en tête : « à qui profite le crime? »), il s’agit de protéger des éditeurs de presse, des producteurs de contenus, des tonnes de métiers indispensables à l’essor du net, dont la vertu repose sur l’accès à l’information. Considérer que les agrégateurs qui pillent les éditeurs c’est de la censure, c’est cautionner que les distributeurs tordent le bras des producteurs de nourriture. C’est inadmissible et talionesque.

C’est difficile de se retrouver dans la position de l’Européen menacé par une hégémonie sans foi ni loi. Défendre le protectionnisme est un drôle de délire. Mais dans le cas présent, je ne peux pas soutenir l’electronic Frontier Foundation dont l’idéologie aveuglée pose trop de problèmes away from keyboard. Tant pis s’il faut fermer les frontières, mettre des droits de douane ou virer Netflix du festival de Cannes.

Il est hors de question qu’on se laisse ken par les GAFA aujourd’hui et les BATX demain. Il est sans doute déjà trop tard pour gagner la guerre mais comptez sur moi pour animer avec ferveur et patriotisme la résistance dont l’Europe a besoin pour faire valoir sa vision démocrate et solidaire de la politique économique.

Bisous.

Qui a donné le feu vert pour transformer Linkedin en sanctuaire du malaise ?

Depuis quelques mois (je n’ose pas dire semaines mais je le pense un peu), un phénomène étrange a fait son apparition sur LinkedIN : les gens racontent leur vie.

Les 10 premières années de ce réseau social furent sans histoire : croissance continuelle, joli rachat par Microsoft, sanctuaire digital incontournable des CV pour chercher du job.

Est-ce par contamination des coquetteries de Twitter/Instagram/Facebook ? Est-ce un effet papillon de LinkedIN Pulse, l’outil de publication intégré à la plateforme depuis quelques années? Est-ce un effet de basculement du à la popularité du site? Est-ce une énième conséquence de l’influence anglo-saxonne sur notre culture professionnelle (on pense notamment à cette abominable tendance à commencer un billet par une anecdote futile) ? Nul le sait.

Quoi qu’il arrive les professionnels sur LinkedIN se font désormais mousser vénère.

A tel point que les premiers trolls font leur apparition, à l’image de l’excellent Walter Laouadi qui fait des retours d’expérience premier degré sa cible de prédilection.

Le storytelling Linkedin a pourtant quelque chose d’assez fascinant, voire touchant.

Il fait état des compétences faiblardes des professionnels pour raconter une histoire.

Il fait état de l’étroitesse d’esprit de pas mal de gens (non jeune blanc diplômé né à Saint-Cloud qui brûle l’argent public dans une startup pourrie, la vie n’est pas galère, tu ne t’es pas fait tout seul malgré la pesanteur de l’état Français dont tu maitrises étrangement tous les codes).

Il fait état d’une vérité qui apparait à mesure qu’on mûrit en entreprise : de trop nombreux professionnels arrêtent de produire et considère que raconter des histoires pour manager les équipes suffit (je ne sais pas qui leur a raconté cette histoire mais spoilet alert c’était un troll).

Il fait état d’un besoin de communication : ces appels au secours continus dénotent une incapacité de l’entreprise et du corps social à écouter les complaintes de cadres, leurs vies, leurs soucis. LinkedIN est une bouteille à la mer.

Le Monde a consacré un article (ci-dessous) amusé au phénomène.

Vous en pensez quoi ?

John Hegarty remet le clocher au centre du village au sujet de la créativité

Les 5 dernières fois que j’ai parlé de John Hegarty, c’était pour pester contre ses réactions répétées contre l’internet, la data, la nouvelle manière de travailler.

Son interview donnée dans la presse – que Grégoire a eu le bon goût de partager – à l’occasion des Cannes Lions est intéressante en rappelant un certains nombres de points fondamentaux de nos métiers :

  • Les GAFA sont les ennemis de la créativité, en ayant notamment imposé la pensée always-on au détriment des bursts, diluant les temps fort de marque – et les investissements associés en production – au profit d’un enjeu d’occuper le terrain.
  • Preuve ultime de cette relation délétère entre agences et GAFA : ces derniers occupent les plus beaux emplacements de la croisette, alors qu’ils ne sont ni créatifs, ni annonceurs créatifs.
  • Fearless girl est une idée cool mais son attribution est tellement naze que dans le fond c’est une idée de merde. Ca fait du bien quand c’est dit.
  • Une bonne customer experience ne remplace pas une bonne marque, elle la complète. Nike+ ou Nike Fuel Band ne fait pas changer de chaussures de sport.
  • Je ne peux pour terminer qu’être d’accord avec ce point au sujet de la donnée comportementale, qui prétendrait remplacer la vision d’une marque :

Meaning that with targeting, advertisers are preaching to the converted?
It’s not that. It’s a lazy way of marketing: « Look at the data, what does the data tell us? It’s an instruction manual! » No, it’s not an instruction manual. You’ve got to think about how you’re building the values of this brand. I know I’m boring and I say this all the time, but a brand is made not only by the people who buy it but also by the people who know about it.

 

Etre sales c’est propre

Les bons vendeurs sont une espèce rare. Energie, résilience, détermination et bonne humeur caractérisent ces forces de la nature, impossiblement découragés, toujours d’attaque, jamais avares d’un petit râteau, qui ne fait qu’exciter leur appétit. Les bons vendeurs sont une espèce rare, et c’est à ça qu’on les reconnait. Leur rareté les rend beaux.

Dans le milieu de la communication, j’ai l’impression que le talent de vente n’a pas (ou plus) bonne presse. Tantôt les structures qui les emploient les exhortent à devenir des consultants ou des conseils (pour ne pas dire des business partners car ça donne la nausée et il faut bien finir ce modeste article), tantôt eux-mêmes aspirent à des fonctions différentes, à la croisée du conseil, de la stratégie, du commerce et d’autre chose.

Par tropisme vers le structuralisme, je considère que les entreprises du marketing sont responsables de la déconsidération du talent de vendeur. Les vendeurs sont des victimes.

Quelle hypocrisie.

Quand on regarde de plus près, la majorité des entreprises à succès sont des machines à employer les vendeurs. Que ce soit les GAFA aujourd’hui (Facebook et Google ont beau essayer de nous expliquer qu’ils conseillent, leurs slides ne sont que des brochures commerciales du search), les entreprises de software hier (Adobe, Microsoft, Oracle…), de hardware avant-hier (IBM, Xerox, HP, Compaq…).

Cette petite séquence issue de la série Silicon Valley illustre ce décalage entre les ingénieurs et les vendeurs :

Même les agences de pub apparaissaient plus agressives commercialement quand on relit des vieux livres ou qu’on regarde Mad Men : des gens comme Peter Campbell sont des vendeurs de génie.

Je trouve terrible qu’on cherche à brimer les vendeurs, à les maquiller en consultants, à contrarier leurs talents. Ils finissent pas flétrir, se trouver nul, perdre confiance en eux, essayez de changer de job, n’y rencontrer que le mépris, la déconsidération.

Aujourd’hui, c’est un mot d’amour que j’ai envie d’adresser aux vendeurs : restez vous-même, n’écoutez pas les Cassandre, cultivez vos talents. Vous faites un beau métier, sans vous ce sont des milliers de familles qui sont à la rue.

Continuez à vendre, et arrêtez d’essayer de faire autre chose. Vous avez un don. Vous avez le don.