Il ne faut pas scier la branche sur laquelle on est assis

Encore un document intéressant identifié par Anais.

Il décrit les décalages entre perception et réalité dans une douzaine de pays sur des sujets divers : sécurité, santé, bonheur, taux de connexion aux réseaux sociaux.

Naturellement et sans surprise, les hiatus sont parfois monumentaux.

Un point m’interpelle – m’agace à la vérité – dans la manière dont cette étude est restituée : elle évoque les *périls* de la perception. Pour parler de résultats d’étude.

Au-delà d’être intrinsèquement con – une étude est une étude de perception – elle raconte un monde inquiet, sans interroger les causes de ce sentiment global d’insécurité.

Résultat : pris pour argent comptant, cela ajoute de l’inquiétude à la population, pire, cela légitime l’inquiétude des gens. La presse s’en empare et on finit par avoir des conversations racistes au café du commerce.

Donc oui on peut blâmer les médias de répandre de fausses informations, mais la manière de poser la question est bien aussi dangereuse.

Au final oui il faut se méfier des périls de la perception, surtout quand les gens prétendant jauger les perceptions sont des crétins.

L’avenir de la publicité digitale racontée par des investisseurs

Quelques très beaux chiffres sur le dynamisme du marché publicitaire à l’heure de l’économie digitale.

Globalement les introductions en bourse sont de mauvais paris (a priori sur le NASDAQ et les marchés liquides), dans les diapos suivantes on comprend que la scalabilité des produits SaaS plateformisés (désolé pour le jargon) reste la bonne assurance pour lever, sans quoi la fusac est la meilleure exit strategy.

Slide 21 : l’ARPU des clients Amazon Prime aux USA est 5x supérieur aux clients volatiles. De l’importance d’un bon produit CRM qui apporte du service.

La pub TV est dans la ligne de mire de la croissance digitale.

Je n’avais jamais vu de graphique résumant aussi efficacement la logique capitalistique. A fortiori pour faire face aux problématiques de fraude publicitaire : seuls les très gros auront les moyens de lutter.

Bref on pourrait y passer la journée, je vous recommande chaudement de bien lire toutes ces slides sous peine d’être au chômage dans 5 ans. Bisous

L’évolution du marché de la publicité à la lumière de l’évolution des appels d’offre

Le rapport de la 3e édition du Baromètre des compétitions de l’association des agences-conseils en communication constate la diminution du temps pour travailler sur un nombre de compétition qui augmente :

Entre 2008 et 2016 le nombre des compétitions auxquelles ont participé les agences a cru de +20% en 8 ans et le délai de réponse a été divisé par 2 d’après l’étude.

Point étonnant – a fortiori pour des agences de communication :

Le temps homme investi par l’agence sur une compétition est toujours 2 fois supérieur à la perception de l’annonceur ; les frais extérieurs dépensés par l’agence sont en moyenne 5 fois moins élevés selon les annonceurs.

Pour terminer :

Depuis 2008, le budget moyen des compétitions n’a pas cessé de diminuer (en moyenne -18% en 2010 vs 2008 et une nouvelle baisse de 18% en 2017 vs 2010). Si l’on met cette diminution en regard de l’augmentation du nombre des compétitions, il apparaît qu’il y a de plus en plus de compétitions sur des petits budgets. On peut souligner également que 65% des compétitions sont multi-métiers (3 métiers en moyenne).

Il y a deux manières d’analyser ces constats.

  1. Décidément la pub c’était mieux avant : on bossait moins pour plus de pognon et avec moins d’expertises différentes.
  2. Décidément la pub est en pleine mutation : les besoins sont variés, les enjeux ont des périmètres différents et il faut étoffer les équipes de savoir-faire innovants.

Je me sens naturellement plus dans le 2e camp, a fortiori au sein d’une jeune entreprise qui cherche à se faire une place sur le marché. Plus il y a de compétition courtes et plus on a de chance d’être retenus par des annonceurs.

En qualité d’entreprise challenger, je suis heureux de la situation.

Heureusement, BBH est là pour nous rappeler à quel point on s’ennuie dans les agences de pub

Je viens de trouver cette présentation grâce à Anais. 

Après leur présentation calamiteuse sur les médias sociaux, je crois qu’on peut officiellement se dire que cette agence est fossilisée dans le 20e siècle. C’est dommage.

J’en parlais hier avec un annonceur, les publicitaires voient l’internet comme un danger incontrôlable responsable de l’élection de Trump et de la faim dans le monde :

Facebook’s inability to spot Russian involvement in the US election shows that even for the most advanced, data-driven businesses, the ones involved in the really deep drilling, there’s still a load of important data lying close to the surface, ignored and untapped.

Et pour ne rien gâcher, ils se raccrochent à des théories old school. 

  1. 80% des achats sont faits par 20% des acheteurs. Ok. Est-ce une raison pour en déduire que 80% des acheteurs occasionnels ne sont pas intéressés par la pub? Faut-il investir de l’argent sur des gens qui achètent déjà?
  2. 84% de la pub n’est pas mémorable. Ok. Mais 16% de gens touchés susceptibles de changer leurs comportements c’est déjà pas mal, pas la peine de se fouetter. On ne peut pas plaire à tout le monde. D’ailleurs pourquoi mesurer le taux de mémorisation d’une campagne sur toute la population alors que le point précédent indique qu’il faut concentrer ses efforts sur une petite frange de la population?
  3.  Pas plus d’un message par message. 😬
  4. Les campagnes émotionnelles fonctionnent mieux. Oui. Le feu ça brûle et l’eau ça mouille. Oui.
  5. Les campagnes de notoriété génère plus de croissance de la part de marché (spécialement lorsque la part de voix est supérieure de 10 points à la part de marché). Ca s’appelle du carpet bombing.
  6. La création est le 2nd facteur de multiplication de l’efficacité d’une campagne. Ok mais est-ce encore un combat à mener?
  7. La création marche bien. Oui ok même point que supra.
  8. Les marques devraient dépenser 60% de leur budget pour construire leur marque et 40% en activation (aka. des activités commerciales). Peut-être. Ne perdons juste pas de vue que les dépenses publicitaires ne constituent qu’une partie des dépenses marketing d’un annonceur…
  9. ESOM : carpet bombing.
  10. -15% par semaine : on se croirait à l’époque de week in week out de Procter.
  11. La considération est bonne pour les ventes. On aurait pu croire que BBH parlerait un peu d’internet ici. Mais non. Non non. Non non NON.
  12. La TV est le média qui génère le plus gros ROI. Oui effectivement. Mais est-ce excitant créativement de produire des 30 secondes pour des séniors?

Bref, chez BBH il faut être créatif et bourriner en média. Merci d’être passé.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #326

1.L’avocat du diable était une fonction dans l’église catholique à produire un examen de conscience vigilant avant une canonisation.

2. Seulement 20% des essais cliniques sont réalisés sur des femmes.

3. La première utilisation du verbe googler date d’un épisode de Buffy contre les vampires en 2002.

4. C’est Louis XVI qui a eu l’idée d’incliner la lame des guillotines, 11 mois avant de faire personnellement le test de leur efficacité. Merci Victor

5. En raison de normes environnementales beaucoup plus strictes, les camions récents polluent jusqu’à 10 moins que les voitures.

6. Il existe 4 formes standardisées de nuggets de poulet chez McDonalds.

With PowerPoint as well as its predecessors, the motif of the slide was, of course, lifted directly from the world of photography. Some presentation programs actually generated 35-mm slides for display with a slide projector. In most cases, though, the early programs created slides that were printed on paper for incorporation into reports, transferred to transparencies for use on overhead projectors, or saved as digital files to be displayed on computer monitors.

7. Le format par défaut des slides PowerPoint est issu du monde de la photo : c’est celui d’une diapositive analogique.


8. Voilà.

9. 47% du temps, notre cerveau rêvasse.

10. Un homicide est le fait de tuer quelqu’un, volontairement ou non, un meurtre est un homicide volontaire et un assassinat est un meurtre avec préméditation.