10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #428

1. Le vin d’honneur d’un mariage vient de l’époque où les abbayes mettaient un point d’honneur à offrir leur vin aux voyageurs. Merci Nathalie

2. Le langage sifflé du Béarn.

3. L’emploi de l’esperluette dans les génériques de film indique que les collaborateurs ont bossé en équipe, contrairement au ET qui indique qu’ils ont bossé séparément.

4. L’hystérie collective. Genre ce cas de pare-brises fendus.

5. Les liens historiques de Harvard avec le commerce de l’opium.

6. Le célèbre tableau American Gothic représente un père et sa fille, non sa femme.

7. Le bouchon du Darièn est un marais entre le Panama et la Colombie rendant impossible la traversée routière de l’Amérique du Nord et du Sud.

8.Le martinisme.

9. Motorola a commencé par fabriquer des autoradios, d’où son nom.

10. Au Royaume-Uni, 60% des ventes d’alcool sont réalisées auprès d’individus identifiés comme consommateurs à risque.

Les petits gestes ne suffisent pas à freiner le dérèglement climatique, mais il faut quand même les encourager

Publiée il y a quelques jours dans le journal, cette colonne (capture infra) m’a fait frissonner. Si le point de vue de son auteur est défendable (attention à ne pas compter que sur les actions individuelles pour freiner le dérèglement climatique) je ne suis pas d’accord avec lui.

On ne devrait pas dire aux gens qui prennent leur vélo occasionnellement et trient leur déchet que c’est inutile. On ne peut, on ne doit, que les encourager à aller plus loin.

Peu importe qui partagera ces points de vue – je suis pour le coup, comme l’auteur, assez sceptique vis à vis de la capacité du marché à se charger lui même à la bonne vitesse de la transition – mais on doit être encourageant.

Le chiffre soulevé par l’article au sujet de la réduction décevante des émissions de gaz à effet de serre pendant le confinement de plus de la moitié de l’humanité (et pas la moins polluante) montre par ailleurs que les 2 gros leviers de réduction de notre impact sont identifiés : consommation énergétique et alimentation.

Or je ne vois pas beaucoup de frein à inciter les consommateurs à freiner lourdement voire arrêter la viande ainsi que les fruits exotiques et/ou importés (ce n’est pas si difficile). Idem pour la consommation d’énergie à la maison (attention on ne parle pas de transport ici mais il va de soi qu’il faut arrêter les city breaks en vol low cost).

Peut-être que cela ne suffira pas mais en l’absence de consensus institutionnel permettant de prendre des mesures drastiques, les petits gestes sont tout de même les bienvenus. C’est un peu facile d’attendre des décisions d’en haut alors qu’on sait bien qu’elles n’arriveront qu’au compte goutte, ne serait ce que pour ne pas mettre la moitié de la population mondiale travaillant dans l’industrie carbone au chômage du jour au lendemain.

Le marketing digital remplace le BTL pas l’ATL

Hier j’évoquais un article de The Economist traitant de l’avenir de la publicité.

Au milieu de l’analyse faisant état de l’ultra-compétitivité prédatrice de la publicité en ligne, une mention m’a fait tiquer.

A tel point que je lui consacre mon article du jour.

Companies are also diverting their “below the line” marketing budgets—for things like direct mail and in-store promotions—online. The analytics offered by technology giants have encouraged buyers to keep running commercials until the return on investment shows signs of decline.

Une ampoule s’est allumée au-dessus de ma tête.

Une ampoule qui éclairait pourtant mon quotidien, sans même que je m’en rende compte.

Tout ce qu’on peut raconter sur la différence entre la culture publicitaire et la culture digitale, la cohabitation d’impératifs entre le haut et le bas de funnel, la mesurabilité, le ROI…

Tout le monde passe sa vie à raconter que le marketing digital n’a *rien à voir* avec la pub.

Pourquoi ?

Et bien en fait le digital remplace le BTL, pas l’ATL.

Je crois qu’il est impératif de comprendre ça pour comprendre le marketing digital.

Vous vous sentez plutôt cafard ou dinosaure ?

The Economist a publié un article de fond sur la tectonique des plaques publicitaires.

On ne l’aime pas uniquement parce qu’il moque les campagnes hypocrites de soutien aux premiers de corvée, mais surtout : 

  • parce qu’il raconte le digital comme le média qu’on ne peut pas abandonner en ce moment, contrairement aux *vieux médias* (genre la presse et la radio qui sont morts suite à la crise de 2008 aux USA), notamment à cause de leur ticket d’entrée 
  • parce que même le hors-média est remplacé par le digital, offrant des capacités de mesure du ROI supérieures
  • parce qu’il re-rappelle à quel point le duopoly FB/GGL donne le la sur le marché, et pourrait d’un coup de pouce continuer à enfoncer la concurrence
  • parce qu’il raconte la capacité à du digital à accélérer la reprise du marché, justement parce que :
    • il dépend moins de gros annonceurs
    • il en a “encore sous le pied” : WhatsApp is “the most under-monetised app in existence”, Google monétise trop peu Maps d’un autre côté, le nombre d’internautes continue de grossir, les jeux vidéo et le streaming vidéo vont devenir le nouvel eldorado de la pub…
    • les habitudes de consommation digitale prennent le pas sur la consommation de vieux médias (cf. notre besoin existentiel d’internet pendant le confinement)
  • dernier point intéressant : internet ne favorise pas forcément les vieilles agences, qui géraient l’essentiel des films TV, alors que le top 5 des agences ne gère plus que 15% du search et 45% du display.

Bref, pour reprendre la métaphore de l’article, par les temps qui courent, il vaut mieux être un cafard de l’internet qu’un dinosaure de l’analogique.

Voici l’article :

La France est un pays raciste. Les chiffres.

En pleine vague antiraciste et à l’occasion de la sortie du film de JP Zadi qu’on aime très fort (il a réalisé notre campagne Mouv) j’aimerais partager un article publié la semaine dernière qui m’a estomaqué.

Mini parenthèse : je ne soutiens pas l’antiracisme tel qu’il est défendu par le comité Adama. Le racisme  me dégoûte. Je considère d’ailleurs que la France est un pays raciste. Mais je regarde d’un oeil circonspect la philosophie de l’opposition. Je ne vois pas comment les choses peuvent s’arranger en se montant les uns contre les autres. Je suis en revanche 100% pro discrimination positive et pro-quotas afin de tordre le bras des décideurs pour intégrer une diversité représentative dans les entreprises et les institutions. Quand aux blancs qui se cachent derrière leurs petits doigts, je les méprise. 

Bref, cet article m’a fait halluciné sur le niveau du racisme en France :

Tel un virus, le racisme mute et chaque mutation le rend plus dangereux, alertent les auteurs. Les vieux stéréotypes décrétant l’infériorité physique et morale des minorités ciblées font place à de pseudo-arguments culturels destinés à établir une incompatibilité entre les valeurs et les mœurs de certaines “races” avec la République.

Ainsi, pour vous donner une idée du cancer qu’est le racisme :

Ainsi, 45 % des personnes interrogées sont convaincues que « l’islam est une menace pour l’identité de la France » (+ 1 point par rapport à 2018) ; 37 % jugent que « l’immigration est la principale cause de l’insécurité » (+ 3 points) ; 59 % sont persuadés que « de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale » (+ 2 points) ; 60 % pensent que « les Roms [qui restent la minorité la plus stigmatisée] exploitent très souvent les enfants » (– 3 points) ; et 34 % continuent de penser que « les juifs ont un rapport particulier à l’argent » (– 2 points).

Je ne sais pas quoi ajouter. Si ce n’est que je soutiens les gens qui manifestent leur honte, c’est à gerber.