Jaron Lanier et le futur de l’internet

Partagée par Etienne, cette conférence de Jaron Lanier est indispensable pour qui travaille dans la communication. Elle pose les grandes problématiques du moment de manière simple et intelligible.

Deux remarques : 

1.De la même manière que Jaron Lanier établie un parallèle entre le comportementalisme et les réseaux sociaux, il est possible qu’à la manière du champ universitaire, on finisse par se rendre compte des limites du comportementalisme (cf. mon article précédent). De la même façon que pour les cultural studies qui ont démontré que les gens n’étaient pas aussi manipulables qu’on voulait le croire. Les scénarios catastrophes sont structurels de l’émergence des nouvelles technologies, tout comme ils sont concomitants de mythes progressistes.

2.Je ne suis pas sûr que payer pour les services gratuits financés par la publicité soit une solution pour améliorer la situation. Introduire d’avantage d’argent ne ferait qu’exacerber la logique de marché, donc l’enjeu des plateformes de pousser de la publicité. Aujourd’hui, Facebook et Google tirent leur valorisation boursière de leur capacité à faire augmenter la lifetime value de leurs usagers. Les prix ne pourraient pas être fixés et l’assiette de clients potentiels diminuerait drastiquement. Bref je n’y crois pas.

Vous en pensez quoi vous?

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #341

1.Le sushi ne désigne pas le poisson cru mais le riz vinaigré.

2. TBSterre battue synthétique.

3. Le Bitrex est la substance la plus amère au monde : son goût intolérable oblige immanquablement l’enfant à recracher le produit. La plupart des produits ménagers en sont équipés.

4. Les enfants se confient plus à leurs animaux domestiques qu’à leurs frères et soeurs.

5. TAG Heuer = fusion de TAG et Heuer, Tag signifiant Techniques d’avant garde.

6. Les livres Penguin sont les IKEA de la littérature.

7. L’invention de la plaque d’immatriculation. Merci Simon

8. Quand les fachos de l’action française s’en prenaient au bouillon Kub.

9. « La voltige aérienne s’est développée pendant la guerre froide, pour valoriser la dextérité plutôt que la puissance de feu ».

10. Les restaurants installés dans d’anciens bâtiments industriels a dramatiquement augmenté les nuisances sonores qui sont leur premier sujet de plainte dans le monde.

La mauvaise utilisation des outils de marketing est un baromètre de la non collaboration interne

De manière générale je suis plutôt adepte des outils et des process dans le marketing.

Certes, ces derniers normalisent le mode de fonctionnement d’une entité collective (on dit que les process rendent les gens mauvais moyen et les gens forts moyens) mais il me semble que le *vivre ensemble* passe par des codes et des impératifs communs, pas uniquement une *culture* de la bière après 18h (ce qui est déjà pas mal ceci dit).

Pourtant, les méthodes/process/outils ne devraient être que des moyens, pas des fins en soi.

Je pense à ces présentations digitales composées de tableaux indigestes dont la substantifique moelle a tout juste été extraite. Je pense à ces résultats de panel consommateurs qui veulent tout dire et son contraire tant les questions étaient attrape-tout. Je pense à ces parcours consommateurs prenant en considération 17 étapes. Je pense à ces études de personas qui font état de pas moins de 8 profils.

Dans ce genre de situation, il apparait évident que les auteurs de ces études réfléchissent en fonction de leur expertise plutôt que du métier de l’entreprise (qu’elle soit agence, annonceur, peu importe).

Les entreprises intégrées qui collaborent efficacement finissent souvent par réduire le nombre d’outils utilisés et le nombre de conclusions qui en découlent. Un bon plan d’action c’est 3 ou 4 grandes priorités pas plus. Tout ce qui est plus granuleux génèrera un impact dilué, au pire fera perdre son temps à tout le monde.

Un peu comme l’anglais à l’union européenne : 1500 mots suffisent à donner des directives claires. Et tant pis pour les particularités de langages locaux.

Non mais franchement comment trouver des bonnes idées quand on brief un créatif avec 8 personas et 6 devices et 5 messages et 4 canaux clefs?

Les femmes numériques n’auraient pas à se regrouper si les hommes numériques n’étaient pas aussi cons

Je ne suis pas toujours fan des méthodes de Guillaume Meurice pour amuser : les micro-trottoirs sont un exercice pernicieux, en tant que marketeurs nous ne le savons que trop bien.

Il y a quelques jours avait lieu la journée de la femme digitale au sein de la maison de la radio, aussi, Guillaume Meurice s’en donne à coeur joie, à coup d’interviews qui démontrent l’utilité floue de cette démarche.

Je ne suis pas sûr de savoir quoi penser de cette journée mais j’ai envie de la défendre, pour une raison à laquelle l’histoire donnera raison.

En tant qu’homme blanc diplômé qui travaille dans l’industrie numérique (je suis donc un homme du digital pour reprendre la formule qui amuse la matinale d’Inter), je comprends – et j’encourage – les femmes à se mobiliser pour exister dans un environnement professionnel majoritairement composé d’hommes et de son corolaire de pratiques socioprofessionnelles masculines.

Empowerment ou « femme de l’IT » sont certes des expressions qui sonnent comme du jargon pour les auditeurs de France Inter, mais dans une industrie qui ne respectent pas la parité des salaires (comme le rappelle Guillaume Meurice), où la culture de la frat’ régit les rapports professionnels (c’est un peu moins vrai en France qu’aux Etats-Unis où la bro culture pose problème) et où le manque de diversité peut conduire les hommes à devenir des prédateurs, on doit encourager les femmes à se défendre, à se regrouper, à se mobiliser pour faire peser leur voix (c’est tout le combat de Sheryl Sandberg, COO de Facebook).

La plupart des start-ups prétendent innover, sauver le monde, améliorer la condition des gens. Or, que ce soit dans leur propre politique RH ou dans leur démarche d’innovation, la culture dominante de l’homme blanc diplômé est un frein, une filter bubble, un cancer. A l’avenant de la gentrification de San Francisco (où la majorité des start-ups s’emploient à inventer des services qui réduisent les rapports humains), l’innovation digitale est victime de son absence de diversité.

L’innovation devrait profiter à tous et dans le temps, pas uniquement aux geeks élitistes qui ne supportent plus de descendre acheter leur lait de soja chez Carrefour Market.

Je vous recommande à ce titre une bonne lecture : Start-up, arrêtons la mascarade. Contribuer vraiment à l’économie de demain, de Nicolas Menet et Benjamin Zimmer. Les auteurs y pointent les enjeux de profitabilité intégrale des futurs projets : soucieux de croissance économique bien sûr, mais aussi de respect des gens et de la planète.

Bref, oui il y a peut-être de quoi sourire des femmes numériques, mais il y a surtout à pleurer des hommes numériques.

Mais ce n’est pas une fatalité, alors appelons de nos voeux des entreprises représentatives de nos potentiels consommateurs, ça semble la moindre des choses.

Oui à la stratégie du semainier par MGM Resorts

C’est rare d’avoir une stratégie de communication (message et médias) sur les jours de la semaine. C’est l’idée de MGM Resorts (une espèce d’endroit à l’américaine pour se détendre avec un casino et compagnie) : valoriser la destination en dehors des week-end avec un film par jour.

C’est fin. Ca donne des bonnes idées d’activation. C’est propriétaire. On aime.

Mention spéciale au tournage sur fond vert qui tout a fait tolérable, notamment sur format mobile (où l’on se rend moins compte de ces différences).