Les concepteurs de services digitaux sont-ils de gigantesques enfoirés au service des marques?

Cette excellente présentation d’Hubert Guillaud fait état des grandes problématiques liées à la relation que nous entretenons à nos appareils connectés.

Je n’ai habituellement pas pour habitude de céder aux théories néo-béhavioristes des *éthiciens du design* mais à la longue, on finit par en douter.

A fortiori devant les preuves avancées par cet article, le dernier Nobel d’économie décernée à un des auteurs de Nudge – une resucée comportementaliste – ou encore cette conférence*, bien qu’un peu dramatisante.

Sommes-nous les esclaves de nos appareils? Les concepteurs de services digitaux sont-ils des hypnotiseurs au service des annonceurs? Sommes-nous manipulés par nos écrans? Le déconnexionisme est-il une vogue bobo?

Alors que la Silicon Valley est plus décriée que jamais, les annonceurs ont-ils scellés un pacte avec le diable? Est-ce que cela finira par retomber sur le dos des marques qui – au nom de l’injonction à l’innovation – seront accusée de manipulation à leur tour ?

Réponses à venir dans l’avenir #grosjeudemot 

*La conférence en question :

La sophistication des effets spéciaux fait écho à l’ère de la post-vérité

Cette petite vidéo élabore des théories sur les conséquences de la fin de l’ère de l’uncanny valley en matière de CGI.

Pour la faire simple, la uncanny valley désigne un lieu fictif où une représentation du réel n’est pas suffisamment précise et produit un effet de malaise.

Aujourd’hui, les techniques d’effets spéciaux sont tellement sophistiquées qu’elles se font oublier – rendant hommage à la maxime good design is no design – et plongent les spectateurs dans une ère post-CGI, où il est de moins en moins possible de distinguer le vrai du faux.

Une réflexion qui n’est pas sans rappeler les problématiques de post-vérité qui ont éclaté durant la campagne de Trump.

Une maturité technique qui ouvre le champ à une nouvelle esthétique*, offrant une alternative à la tyrannie instagram au bénéfice d’un territoire plus grotesque, moins sérieux, plus fantasmatique (cf. les 3 dernières minutes de la vidéo).

Connaissez-vous l’indispensable plateforme Open Strategy?

Je n’ai jamais pris le temps de formellement remercier la plateforme collaborative Open Strategy.

Initialement page web centralisant des ressources gratuites et payantes à destination des planneurs stratégiques, Open Strategy a ouvert il y a déjà plusieurs mois une page Slack hyper active, où vous pouvez discuter avec des planneurs du monde entier, demander des conseils, choper des missions en freelance…

On ne peut pas vivre sans.

C’est l’internet comme il devrait être.

Bravo Jonathan et Matthew, les deux éminences derrière le projet.

Merci à Olivier pour la découverte.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #320

1. Zest est étymologiquement une onomatopée du bruit du sabre brisant le vent.

2. L’octobasse est un instrument de musique qui mesure 4 mètres de haut.

3. Les pleurs de bébés ont un accent.

4. Les Vivandières : des combattantes françaises (souvent épouses de soldats) pour servir à boire aux soldats (on apprend dans cet article qu’aux 18e siècle, de nombreuses armées en campagne étaient composées de plus de femmes et enfants que de soldats).

5. Le blob.

6. Le magret dérive de l’adjectif maigre.

7. En France, 40 000 personnes disparaissent chaque année. 30 000 sont retrouvées.

8. Amazon occupe 19% de la surface de bureau disponible à Seattle. Merci Romain

9. 30% du temps passé au travail se résume à envoyer et lire des emails (source : McKinsey, sans doute périmétré au secteur tertiaire).

10. L’acronyme CAPTCHA signifie Completely Automated Public Turing test to tell Computer and Humans Apart. Merci Gregory

Pas de porte, conservatisme et radinerie : le e-commerce n’a rien à envier aux boutiquiers

En voilà un document barbant. Toutefois, en plissant les yeux on y trouve matière à commentaires :

  • Slide 4 : le moment du e-commerce reste globalement Noël. C’est sans doute également vrai pour le commerce offline.
  • Slide 6 : ça y’est le mobile est le premier appareil pour naviguer les sites de e-commerce (pas encore en termes de chiffres d’affaires, cf. slides 7 et 9). Ca a pris le temps. Il y a encore énormément à faire pour rendre le web compatible avec le mobile.
  • Slide 8 : la mode est le secteur le plus navigué par mobile en e-commerce. Est-ce leur extrême innovation en matière de services (notamment la réexpédition gratuite?) ou leur capacité à générer des achats fréquents qui stimule le lèche-vitrine avant l’achat?
  • Slide 14 : les sources de trafic n’évoluent pas du tout en 24 mois. Le social augmente – cf. slide 15 – mais partait de tellement loin qu’il reste tout petit. Le référencement organique décroit, à la molle faveur du référencement payant et de l’email. On se croirait en 2003.
  • Slide 18 : l’email observe un pic de taux de conversion en soirée. L’email c’est le nouveau catalogue.

En conclusion :

  • Il y a une place à prendre en mobile, à condition d’y mettre les investissements pour faire basculer le marché (un peu comme ce que l’iPhone a réussi à faire faire au marché du smartphone). Ca ne viendra donc que d’un GAFA : Amazon ou AliBaba.
  • Le social média ne sert décidément à rien, même si l’utiliser comme pourvoyeur de trafic ciblé demeure une option viable bien que coûteuse (plus des 2/3 des sources de trafic sont des médias owned, cf. slide 14).
  • Le véritable facteur de croissance e-commerce c’est l’UX : en mobile, en référencement, en invitation à capturer des emails.