Le projet d’aménagement de la gare du Nord incarne la croissance verte dont la France a besoin

La bataille pour les municipales 2020 s’est ouverte 4 secondes après la fin des élections européennes. La majorité manque d’ancrage locale, on comprend son souhait de profiter de ses bons résultats – conjugués à la débâcle confirmée des 2 anciens grands partis – pour installer la tendance dans le maximum de villes possibles.

Imaginer que ce sont les candidats de la majorité qui attaquent chaque initiative d’Hidalgo est une hypothèse. Le parti écologique est également enhardi par le scrutin européen, à la manière dont Jadot agace la gauche. En tout cas, cet article paru dans le journal il y a quelques jours n’est pas signé. Il détaille les parti-pris du projet d’aménagement de la gare du nord dans la perspective des JO de 2024.

Au-delà du tombereau d’attaques ad hominem contre la responsable du projet de la foncière d’Auchan qui a remporté l’appel d’offres doublé de remarques dignes des pires revues anarcho-marxistes (morceaux choisis « Les terrasses des restaurants ouvrent en outre sur les zones d’ombre… Cela crée une forme d’autocontrôle social. C’est mieux que des rondes de police ! »), j’ai été choqué par l’opinion inconciliable du profit et du transport :

« Les gens ne se rendent pas compte de ce que va générer cette chose qui, avec près de 700 000 visiteurs par jour, va devenir le plus grand centre commercial de France. »

Je ne comprends pas comment on peut attaquer l’idée de mettre des commerces dans une gare : cela donne des raisons de prendre les transports en commun, cela dynamise le quartier (des magasins ce sont des employés donc un petit écosystème de restauration, de services de proximité), cela permet aux voyageurs de créer du PIB pendant qu’ils attendent. Conjuguer économie et transports en commun incarne de mon point de vue une illustration idéale de la croissance verte qui profite à tous de tout point de vue.

Evidemment que ce projet ne souhaite pas réduire les voyageurs à des consommateurs. Evidemment que les 3 péquins qui vont manger chez Burger King ne vont pas gêner le transit des voyageurs. Evidemment que les terrasses veulent améliorer les temps d’attente (le problème numéro 1 des transports en commun faut-il peut être le rappeler) plutôt que de créer une surveillance foucaldienne.

J’ai rarement lu quelque chose d’aussi con dans Le Monde, je ne suis pas content.

Le projet de la Gare du Nord va rendre plus sexy que jamais les transports en commun et surtout offrir une arrivée à Paris depuis CDG digne de ce nom. Il était temps.

Voici l’article :

Mon Cannes lion de coeur : Go Back To Africa

Parmi la quantité de travaux remarquables ayant reçu des distinctions à Cannes, j’ai été frappé par l’intelligence et la puissance de cette campagne de l’entreprise de tourisme Black & Abroad.

Le marketing communautaire est généralement assez caricatural, sur la défensive (on peut d’ailleurs le comprendre).

Cette approche pleine d’intelligence et de positivité transforme le racisme ordinaire des réseaux sociaux pour inciter les personnes de couleur à visiter l’Afrique, quelles que soient leurs origines.

L’Afrique est probablement le continent qui va connaitre la plus forte transition économique au 21e siècle.

Raison de plus pour partir à la rencontre de nos racines communes.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #389

1.89% des propriétaires de thermostats réglables ne les règlent pas.

2. Le homard coûte cher car il n’est pas élevable dans des fermes.

3. Nvidia tire son nom de la jalousie en latin :

« On n’arrivait pas à en trouver un » expliquait Jensen Huang au média Fortune en 2017. « Du coup on nommait tous nos fichiers NV comme abréviation de Next Version. » Au bout d’un certain temps, il est devenu nécessaire de trouver un nom officiel. Les cofondateurs étant attachés aux lettres « NV », ils ont cherché un mot qui correspondrait à cette abréviation. Ils ont finalement choisi le terme latin « invidia » (auquel ils ont retiré le « i ») qui signifie « envie » ou « jalousie ».

4. Il est existe un sous-champ de la sémiotique dédié à la production de signes d’avertissements radioactifs intelligibles par les êtres vivants qui les croiseront dans 10 000 ans.

5. Spandex est un anagramme de expand. Merci Olivier

6. La pétanque a été inventée pour permettre aux malades atteints de rhumatisme de pouvoir faire du sport.

7. La prison d’alcatraz était assez cool, à tel point qu’elle recevait des demandes de transfert.

8. Près d’1/4 des actifs français dispose d’un diplôme considéré comme surqualifié pour l’emploi qu’ils occupent. C’est la proportion la plus forte en Europe.

9. Les pieds rouges : des Français qui se sont rendu en Algérie après son indépendance pour œuvrer à la reconstruction.

10. Lego est tellement flippé de se faire copier que l’entreprise cache les moules de ses pièces dans les fondations de ses bâtiments.

Superbe article sur les objecteurs de conscience des GAFAM

Un lien rapide du vendredi, un article passionnant à lire sur les dissidences internes des GAFAM.

Peut-être que les Cannes Lions sont en train de muter en festival du film d’auteur ?

Deux mini malaises intéressants à débattre qui sortent pendant Cannes.

D’un côté cette étude de l’IPA montrant que les campagnes primées créativement ont un impact business de moins en moins perceptible par rapport à des campagnes non primées. Comme le précise ce tweet, ce serait bien la prééminence de cas primés dans des catégories à faible impact business (corporate, non profit…) qui dégrade le lien entre créativité et impact sur les affaires.

De l’autre, les voix se multiplient contre l’obsession de Cannes pour les grandes causes et les sujets corporate, au détriment de la communication produit. Dernière en date celle du patron de la création de BBH creusant le même sillon que les patrons de la création de TBWA Paris :

Je ne suis pas sûr de savoir quoi penser de ces deux phénomènes.

Je concède aux jurys le droit d’évaluer des campagnes hors-sol. On observe ce phénomène dans d’autres prix créatifs : cinéma (repensez à l’absence de la catégorie comédie aux César par ex), théâtre, architecture.

Quelques exceptions notables existent pourtant. Si les Cannes Lions fonctionnaient comme des Grammy Awards – dont les récompenses sont décernées en fonction des performances business – il y aurait probablement d’autres voix dissidentes pour dénoncer le monopole des acteurs de la communication habitués au gros ROI, notamment les distributeurs ou VéPéCistes.

Je me dis que ce mouvement dessine peut-être les prémices d’un marché divisé en deux grandes catégories : les films d’auteurs et les blockbusters. Certaines agences feront l’un, l’autre, ou les deux. Et les annonceurs choisirons le type de produit qu’ils souhaitent.