Qui a donné le feu vert pour transformer Linkedin en sanctuaire du malaise ?

Depuis quelques mois (je n’ose pas dire semaines mais je le pense un peu), un phénomène étrange a fait son apparition sur LinkedIN : les gens racontent leur vie.

Les 10 premières années de ce réseau social furent sans histoire : croissance continuelle, joli rachat par Microsoft, sanctuaire digital incontournable des CV pour chercher du job.

Est-ce par contamination des coquetteries de Twitter/Instagram/Facebook ? Est-ce un effet papillon de LinkedIN Pulse, l’outil de publication intégré à la plateforme depuis quelques années? Est-ce un effet de basculement du à la popularité du site? Est-ce une énième conséquence de l’influence anglo-saxonne sur notre culture professionnelle (on pense notamment à cette abominable tendance à commencer un billet par une anecdote futile) ? Nul le sait.

Quoi qu’il arrive les professionnels sur LinkedIN se font désormais mousser vénère.

A tel point que les premiers trolls font leur apparition, à l’image de l’excellent Walter Laouadi qui fait des retours d’expérience premier degré sa cible de prédilection.

Le storytelling Linkedin a pourtant quelque chose d’assez fascinant, voire touchant.

Il fait état des compétences faiblardes des professionnels pour raconter une histoire.

Il fait état de l’étroitesse d’esprit de pas mal de gens (non jeune blanc diplômé né à Saint-Cloud qui brûle l’argent public dans une startup pourrie, la vie n’est pas galère, tu ne t’es pas fait tout seul malgré la pesanteur de l’état Français dont tu maitrises étrangement tous les codes).

Il fait état d’une vérité qui apparait à mesure qu’on mûrit en entreprise : de trop nombreux professionnels arrêtent de produire et considère que raconter des histoires pour manager les équipes suffit (je ne sais pas qui leur a raconté cette histoire mais spoilet alert c’était un troll).

Il fait état d’un besoin de communication : ces appels au secours continus dénotent une incapacité de l’entreprise et du corps social à écouter les complaintes de cadres, leurs vies, leurs soucis. LinkedIN est une bouteille à la mer.

Le Monde a consacré un article (ci-dessous) amusé au phénomène.

Vous en pensez quoi ?

John Hegarty remet le clocher au centre du village au sujet de la créativité

Les 5 dernières fois que j’ai parlé de John Hegarty, c’était pour pester contre ses réactions répétées contre l’internet, la data, la nouvelle manière de travailler.

Son interview donnée dans la presse – que Grégoire a eu le bon goût de partager – à l’occasion des Cannes Lions est intéressante en rappelant un certains nombres de points fondamentaux de nos métiers :

  • Les GAFA sont les ennemis de la créativité, en ayant notamment imposé la pensée always-on au détriment des bursts, diluant les temps fort de marque – et les investissements associés en production – au profit d’un enjeu d’occuper le terrain.
  • Preuve ultime de cette relation délétère entre agences et GAFA : ces derniers occupent les plus beaux emplacements de la croisette, alors qu’ils ne sont ni créatifs, ni annonceurs créatifs.
  • Fearless girl est une idée cool mais son attribution est tellement naze que dans le fond c’est une idée de merde. Ca fait du bien quand c’est dit.
  • Une bonne customer experience ne remplace pas une bonne marque, elle la complète. Nike+ ou Nike Fuel Band ne fait pas changer de chaussures de sport.
  • Je ne peux pour terminer qu’être d’accord avec ce point au sujet de la donnée comportementale, qui prétendrait remplacer la vision d’une marque :

Meaning that with targeting, advertisers are preaching to the converted?
It’s not that. It’s a lazy way of marketing: « Look at the data, what does the data tell us? It’s an instruction manual! » No, it’s not an instruction manual. You’ve got to think about how you’re building the values of this brand. I know I’m boring and I say this all the time, but a brand is made not only by the people who buy it but also by the people who know about it.

 

Etre sales c’est propre

Les bons vendeurs sont une espèce rare. Energie, résilience, détermination et bonne humeur caractérisent ces forces de la nature, impossiblement découragés, toujours d’attaque, jamais avares d’un petit râteau, qui ne fait qu’exciter leur appétit. Les bons vendeurs sont une espèce rare, et c’est à ça qu’on les reconnait. Leur rareté les rend beaux.

Dans le milieu de la communication, j’ai l’impression que le talent de vente n’a pas (ou plus) bonne presse. Tantôt les structures qui les emploient les exhortent à devenir des consultants ou des conseils (pour ne pas dire des business partners car ça donne la nausée et il faut bien finir ce modeste article), tantôt eux-mêmes aspirent à des fonctions différentes, à la croisée du conseil, de la stratégie, du commerce et d’autre chose.

Par tropisme vers le structuralisme, je considère que les entreprises du marketing sont responsables de la déconsidération du talent de vendeur. Les vendeurs sont des victimes.

Quelle hypocrisie.

Quand on regarde de plus près, la majorité des entreprises à succès sont des machines à employer les vendeurs. Que ce soit les GAFA aujourd’hui (Facebook et Google ont beau essayer de nous expliquer qu’ils conseillent, leurs slides ne sont que des brochures commerciales du search), les entreprises de software hier (Adobe, Microsoft, Oracle…), de hardware avant-hier (IBM, Xerox, HP, Compaq…).

Cette petite séquence issue de la série Silicon Valley illustre ce décalage entre les ingénieurs et les vendeurs :

Même les agences de pub apparaissaient plus agressives commercialement quand on relit des vieux livres ou qu’on regarde Mad Men : des gens comme Peter Campbell sont des vendeurs de génie.

Je trouve terrible qu’on cherche à brimer les vendeurs, à les maquiller en consultants, à contrarier leurs talents. Ils finissent pas flétrir, se trouver nul, perdre confiance en eux, essayez de changer de job, n’y rencontrer que le mépris, la déconsidération.

Aujourd’hui, c’est un mot d’amour que j’ai envie d’adresser aux vendeurs : restez vous-même, n’écoutez pas les Cassandre, cultivez vos talents. Vous faites un beau métier, sans vous ce sont des milliers de familles qui sont à la rue.

Continuez à vendre, et arrêtez d’essayer de faire autre chose. Vous avez un don. Vous avez le don.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #346

1.Les accoudoirs sont en fait des accotoirs. Un accoudoir est la partie supérieure horizontale d’une chaise.

2. Peugeot est le plus ancien fabricant de motos.

3. La conduite à gauche s’est imposée pour faciliter l’accès des passagères aux trottoirs.

4. L’agence R/GA change son modèle économique tous les 9 ans car le patron croit à la numérologie. Merci Anaïs

5. Le millenial loop.

6. Simuler les fautes au football est une tactique payante.

7. Sur 302 stations de métro à Paris, seules cinq portent le nom d’une femme.

8. Se tenir à carreau est une expression qui provient du milieu de l’arbalète.

9. Le pari audacieux du brocoli parfum chewing-gum lancé par McDo à destination des enfants.

10. Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, est la ville francophone la plus grande du monde.

Yournalist est une app d’information utilisant l’IA à l’envers

On aime beaucoup cette opération de la chaine de TV EITB récompensée au One Show.

L’idée est de créer une app permettant d’avoir accès à 6 angles différents pour chaque information. Une petite IA de reconnaissance textuelle permet d’identifier les angles différents, pour les présenter aux lecteurs, afin qu’ils se fassent leur propre opinion vis-à-vis d’un phénomène.

On aime l’idée d’utiliser l’IA dans un autre cadre que l’apprentissage renforcé pour identifier des subtilités.