Six Sigma ou la tyrannie des best practices

Six Sigma est une méthode de management visant à maximiser les process en termes d’efficacité, de réactivité et de rentabilité. Elle vise à modéliser statistiquement la chaine de production afin de détecter les écarts-type qui ne rentrent pas dans les critères de productivité d’un organe de production. Sexy non? (Plus d’infos sur la page Wikipédia dédiée)

En clair, Six Sigma cherche à atteindre un Graal : la standardisation. Tout est fabriqué rapidement, en grande quantité, l’usine tourne à plein pot.

But…

80% des produits lancés sont un échec. Mais que se passe-t-il?

Pourquoi est-ce que le succès d’un produit ou d’un service n’est pas forcément compatible avec les préceptes industriels?

Réponse rationnelle : le manque de communication entre les départements marketing et R&D. La séquentialité (elle-même issue du Six Sigma, lointaine petite-fille du Taylorisme) des tâches est pertinente pour la production à grande échelle d’un objet dont on connait le succès mercantile.

Quid de la recherche, des essais, des tentatives? Des prises de risques?

Six Sigma possède les entreprises et annihile la créativité au nom de la rationalité capitaliste (désolé pour la phrase marxiste).

L’excellent Ken Robinson propose à ce sujet un point de vue connexe : comment l’école détruit la créativité au nom de la norme :

A une réponse rationnelle, je préfère la réponse de Tom Fishburne, le cartoonist le plus inspiré du marketing. La poésie ne goûte guerre au Six Sigma ou autres contrôles qualité. De son propre aveu, les gens aiment l’imprévu et l’irrégularité.

Même s’ils apprécient d’acheter un produit au meilleur prix dans les meilleurs délais (obtenu grâce à des méthodes de standardisation), leur désir de conformité ne s’applique pas à toutes leurs dépenses.

La très “tarte à la crème” pyramide des besoins de Maslow nous le montre : nous sommes principalement drivé par les émotions :

D’où la pertinence et l’essor des concepts tels que la sérendipité, le random, la fonction shuffle sur les iPod, les jeux de hasard ou même les restaurants aveugles : la prédictibilité n’est pas fun, pour les gens comme pour les entreprises.

La chance sourit aux audacieux.

14 thoughts on “Six Sigma ou la tyrannie des best practices”

  1. […] Six Sigma ou la tyrannie des best practices. Il y aurait tellement de choses à dire sur le sujet: doit-on / peut-on appliquer les mêmes règles à la production, à la recherche, et au design? Les échecs ne viennent-ils pas des délais de conception devenus extrêmement courts? de la volonté de proposer à tout prix quelque chose de nouveau, sans trop se soucier de l’utilité (Télé 3D par exemple), ou de la montée en volume avant d’atteindre la maturité technologique nécessaire? […]

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