Internet, un desperado comme les autres – la mythologie de l’étranger

Publié sur InternetActu hier, cet article est étonnant. Traduit du NY Times et signé par Arthur Gregg Sulzberger, il raconte comment l’arrivée d’un forum internet a bouleversé une petite ville américaine en créant une terrible chambre de résonance aux ragots – prééxistants.

Cette note est un sommet de néophobie.

Internet y est présenté comme une plaie d’Egypte. Sur la foi d’une preuve vacillante (les campagnards utiliseraient plus que les autres les lignes téléphoniques partagées où plusieurs personnes peuvent écouter une conversation), l’auteur conclut que les campagnards sont plus accros aux gossips que les citadins.

Au-delà des connotations passéistes de l’auteur – aka. le web a détruit les petites communautés et aura la peau de tous les PMU du monde – cette représentation du nouveau est quasiment mythologique.

On se croirait en plein western, où l’intrigue début lors de l’arrivée d’un étranger qui va troubler l’ordre institué par le shérif. Que celui qui n’a jamais vu ce genre de film dégaine le premier : Le Grand Silence, La nuit du chasseur, La horde sauvage… et même Rango, plus récemment.

Bizarre de lire des choses pareilles dans le Times. Plus bizarre encore : quels symptômes à l’origine de cette poussée de néophobie?

Les westerns ont connu leur apogée durant la guerre froide.

A quelle menace fait référence cette crainte non dissimulée des forums internet?

Des idées?

2 réflexions sur “Internet, un desperado comme les autres – la mythologie de l’étranger

    1. Merci pour l’attention que vous portez à ce blog ainsi que pour la qualité de votre réponse.
      Voici la mienne :
      – Si vous proposez une réponse contextualisée sur votre blog, l’objet de ma note était justement de s’étonner du manque de contextualisation (ce qui n’est pas leur habitude) opéré par le compte rendu d’Internet Actu – qui ne mentionnait pas la nature des travaux de Christian Sandwig.
      – En outre, je ne m’oppose pas au fond du texte, mais à sa forme, dont le mode de représentation me semblait néophobe, parce qu’il ne présentait qu’un aspect (une conséquence devrais-je préciser) particulièrement tragique des outils de communication digitaux.

      Merci d’apporter l’éclairage indispensable à la remise en situation de ce texte. Je comprends mieux l’article du NY Times, sans changer d’opinion quant à sa partialité. L’article aurait gagné à expliquer la variétés des modalités d’adoption et d’usages des nouvelles technologies dans différents environnements. C’est un effet de zapping.

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