A l’aube d’une nouvelle révolution industrielle, les marques devraient plus que jamais se considérer comme des voyages plutôt que des destinations

Suite à la note d’hier sur les industriels qui se rendent compte que la différenciation est une mythologie en perdition (plus de détail ici, ici ou ), il y a matière à interroger la notion de statut.

Si ce dernier existe depuis la nuit de temps, les révolutions industrielles ont systématiquement bouleversé sa définition. Avoir l’électricité ou l’eau courante fut statutaire à une époque, tout comme rouler en automobile ou prendre l’avion.

Comme l’explique Olivier dans ce commentaire, plus la technologie avance et plus il est difficile de créer de la valeur ajoutée dans la fabrication (pays à faible coût de main d’oeuvre, imprimantes 3D…). Les marques ne peuvent plus se contenter de vendre des objets mais des expériences (où l’on retrouve une excellente illustration de l’hypothèse médiologique selon lequel les idées influent les outils comme les outils influent les idées, cf. le digital…). On passe de l’avoir à l’être.

On peut ainsi raisonnablement décréter officiellement l’obsolescence du statut et invoquer la sagesse taoïste selon laquelle l’important est le voyage, pas la destination. Si le statut est mort, les marques ne devraient plus se considérer comme des destinations mais comme des voyages. Elles doivent être des leviers (/ des ingrédients) au service d’autre chose : l’expression personnelle, la cohésion sociale, la sauvegarde de la planète, peu importe.

N’importe qui peut rouler en Mercedes ou posséder un sac Vuitton. Tout le monde ne peut/ ne veut s’engager pour une cause quelconque, apprécier la qualité d’une publication ou jouir d’une invitation spéciale dans un musée.

Cette prééminence du money can’t buy sur la performance industrielle laisse entrevoir un âge d’or pour les métiers du marketing et de la communication.

3 thoughts on “A l’aube d’une nouvelle révolution industrielle, les marques devraient plus que jamais se considérer comme des voyages plutôt que des destinations”

  1. Pour rebondir a cette excellente reflexion, une citation trouvee dans ce fabuleux fourre tout qu’est YMFY:

    “The product is what you buy. The brand is what you buy into.”

    http://www.youmightfindyourself.com/post/20991167858/the-product-is-what-you-buy-the-brand-is-what-you

    Je ne m’interdis pas de la re-utiliser. 😉

    Sinon, un petit contre point concerant ces 2 derniers articles.

    L’Oreal rachete Cadum (les savons) pour 200 millions d’euros. (x20 en 9 ans pour les repreneurs).

    Un produit de commodite, du marketing, une success story

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/04/26/les-savons-cadum-passent-dans-le-giron-de-l-oreal_1691738_3234.html

    PS: toutes mes excuses pour l’orthographe

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    1. J’espère qu’ils sauront en faire qqchose d’intéressant.

      La valorisation actuelle de Cadum ne vient pas de sa marque… (ils annoncent en ce moment dans la rue et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça pue le milk).

      Je ne connaissais pas YMFY, ma vie vient de basculer.

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    2. Ah mince je m’attendais à autre chose concernant le blog… Son titre évoquait des trouvailles insolites. Dommage

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