Le paradoxe de l’innovation : savoir se faire oublier pour réussir

Tombant sur cette image sur Ffffound, il est difficile de ne pas attribuer le champ sémantique de ce t-shirt à une personne exerçant un métier créatif. Au cinéma, en littérature, au théâtre, en peinture, à la TV ou même dans la publicité, il y a une prime à l’inédit. C’est souvent selon ce critère que l’on se figure les ambitions des artistes : apporter une pierre à l’édifice de la sagesse humaine par leur empreinte personnelle.

Néanmoins, corrigez-moi si je me trompe, le désir de nouveauté de la créativité peut être un piège. Je pense évidemment aux cas de la pub ou du design.

On répète à l’envi l’axiome no design = good design. Une expérience réussie devrait être à ce point intuitive qu’on ne remarque pas qu’elle a été savamment conçue. Idem pour la publicité parfaite qui n’est rien d’autre que de l’information (au sens journalistique du terme) par sa capacité à apporter une donnée informative à la bonne personne au bon endroit au bon moment et de la bonne manière.

De fait, la peur du déjà vu chez les créatifs devrait être une ambition plutôt qu’une hantise.

Le déjà vu peut être sinon synonyme de familiarité du moins de bonne compréhension (une vertu rare en communication).

Ce t-shirt fait état de l’agenda du personnage créatif, pas de l’objectif du dessein qu’il sert. C’est dommage. La vraie créativité ne cherche pas à se faire remarquer.

9 réflexions sur « Le paradoxe de l’innovation : savoir se faire oublier pour réussir »

  1. L’obession de la nouveaute ou la chasse a la copie (JoeLaPompe pour nous publicitaires) est un mal qui ronge beaucoup d’industries.

    Je n’ai pas vraiment trouve d explication si ce n’est l’assumption que ceux qui est nouveau est meilleur de ce qui est deja fait.

    Pour autant, nouveaux n’est pas meilleur, et ancien n’est pas mauvais.

    On remarquera avec ironie le succes de la nouveaute-nostalgique (re edition, effet vintage, rehabilitation de designers inconnus).

    Bref la nouveaute n a de valeur que si elle ameliore l’existant (l’innovation), et non pas sur le seul fait d’etre nouveau (invention).

    Encore une fois l’eternal debat des moyens et de la fin.

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  2. Avec moins de fautes de français, c’est mieux ^^

    L’obsession de la nouveaute ou la chasse a la copie (JoeLaPompe pour nous publicitaires) sont des maux qui rongent beaucoup d’industries.

    Je n’ai pas vraiment trouve d explication si ce n’est l’assomption que ceux qui est nouveau est meilleur de ce qui est deja fait.

    Pour autant, nouveaux n’est pas meilleur, et ancien n’est pas mauvais.

    On remarquera avec ironie le succes de la « nouveaute-nostalgique » (re edition, effet vintage, rehabilitation de designers inconnus).

    Bref la nouveaute n a de valeur que si elle ameliore l’existant (l’innovation), et non pas sur le seul fait d’etre nouveau (invention).

    Encore une fois l’eternal debat des moyens et de la fin.

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    1. Yes, tu remarqueras au passage ma petit théorie publiée sur le vintage symbole de crispation de la propriété intellectuelle (au-delà de tous ses atouts long tailiens)…

      J’adore la question de la vanité, in memento mori. Je pense que les créatifs sont des angoissés par la mort. Ils veulent laisser une trace.

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  3. Je vous trouve un peu sévère avec la nouveauté, presque réac 😉
    Et l’analyse me semble un peu partielle.
    La recherche de la nouveauté n’est pas, il me semble, chez un bon créatif, une fin en soi. Simplement il faut tout de même bien voir, que dans un monde de la sur sollicitation et de l’économie d’attention, la prime à la nouveauté reste, parfois, une stratégie efficace pour émerger (il ne s’agit donc pas là nécessairement d’une volonté créative mais parfois stratégique ou tactique)

    Pour ce qui est du déjà-vu, il faut bien distinguer plusieurs notions comme le télescopage, le pompage, la ressemblance etc…
    D’ailleurs sur la critique de Joelapompe, si son nom est un peu racoleur, il ne fait que poser des questions : pompage ou télescopage ?
    Dans les nombreuses interviews de lui, vous pourrez lire qu’il n’est pas surpris ou choqué que les pubs se ressemblent. Dans un monde globalisé où les outils d’inspirations sont malheureusement souvent les mêmes, des mêmes idées peuvent émerger. Il combat par contre le pompage pur et dur, c’est à dire la copie conforme, qui est une entrave à la propriété intellectuelle.

    Il y a donc un vrai sujet sur le paradoxe de l’innovation.
    On pourrait d’ailleurs débattre sur les cas de Nike ou d’Apple, qui oscillent entre innovation, invention et ré interprétation.

    Au plaisir d’en discuter !

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    1. Absolument ! Merci pour ton commentaire et ton point de vue. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi, il ne devrait jamais être question de propriété intellectuelle dans la pub. Ce qui est public appartient au public.

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  4. Bien évidemment, l’art et le design sont des activités bien vaniteuse! Mais on peu être vaniteux, ne pas avoir inventer le fil à couper le beurre et passer à la postérité malgré tout. Pour moi le saint graal d’un designer dans la société actuelle reste toujours le stylo bic : un objet d’usage courant qui séduit par son efficacité, sa simplicité et son coût.
    Bien sûr, aujourd’hui, du jetable/polluant dans un monde en pleine prise de conscience écologique n’est plus d’actualité, mais le symbole est là!
    Être créatif pour le monde de demain passe aussi par l’innovation!

    La où tu parles de vintage, j’y vois de la culture, voilà tout. Les designers doivent participer à l’éducation et au développement de la culture en générale, par l’innovation mais aussi par entérinement des savoirs vernaculaires et populaire. Il n’ y a pas d’incompatibilité.
    ex.: En ce moment je travail avec des minorités ethnique afin de développer des produits « vendables » qui valorise leur artisanat. Je me plaît à ne leur donner que des axes d’orientations tout en conservant leur savoir-faire et leur esthétique, mais j’essaie aussi de leur apporter des améliorations techniques.
    C’est un travail tout en subtilité où le designer doit savoir s’effacer! Le travail de créatif n’est juste qu’une remise en contexte des choses. Tout à déjà été inventé. Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme comme le disait Lavoisier!

    En revanche, quand tu parles de réussite, ce n’est qu’une vue marketing. Bien sûr que le travail du designer est voué à être vendu. Mais le succès dépend de la contextualisation du produit avec son design, à savoir comment le produit se communique, s’il met en avant l’innovation où justement une évolution de nos usages populaires…
    Car après tout:
    *Pourquoi les gens achèterais ce qu’ils ont déjà? Parce que certains produits ont acquis une forme/ fonction (…) plus ou moins définitive qui rapportée au prix/usage ne peut pratiquement pas évoluer sans devenir gadget/baroque.
    *Pourquoi les gens achèterais ce dont ils n’ont jamais eu besoin avant? Parce que un nouveau besoin d’usage à été récompensé.

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      1. ca va bien! Je commence mes derniers projets avant de revenir en décembre en France… et partir vers de nouveaux horizons!
        D’ici là bonne continuation et à bientôt l’ami

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