“The best minds of my generation are thinking about how to make people click ads” : comment catalyser nos intelligences au service d’un grand dessein

détournement message amour déclaration

Quel sens donner aux principes keynésiens à l’heure de la nouvelle économie?

La relance par l’augmentation des salaires visant à doper la consommation domestique a du plomb dans l’aile depuis que nos achats transitent par Amazon, iTunes et Google Play. Si les nouveaux entrepreneurs français désertent le navire, c’est parce que l’Hexagone n’est plus leur marché. Une application mobile distribuée en ligne peut être achetée par tous, partout et à toute heure.

On le voit pour Amazon (pourtant brick and mortar), Facebook et Google qui ne paient pas un rond au fisc des pays dans lesquels ils opèrent. Une situation qui résulte d’une tendance entamée avec le développement du commerce international il y a plusieurs siècles.

L’économie immatérielle pèse encore peu dans la somme totale des échanges internationaux mais ses perspectives de croissance sont excellentes.

***

La déconsidération des thèses keynésiennes advenues dans les années 70 entre en résonance avec l’histoire de la publicité.

Le fondement de Keynes, c’est la demande effective, ie. la dynamique qui stimule la dépense (au détriment de l’épargne) et permet de créer de l’offre. Durant les 30 glorieuses, on vit de dette et d’inflation amortis par une énorme augmentation du PIB et du niveau de vie. Lorsque la croissance se tasse, on ne peut plus se permettre d’emprunter et faire tourner la planche à billet. Il faut trouver de nouvelles manières de stimuler l’économie, moins coûteuses pour les Etats.

La publicité moderne est née pendant les 30 glorieuses et n’a pas changé depuis. Elle repose sur le dogme – un peu béat – de la consommation au service de l’élévation du niveau de vie. S’endetter à vie pour devenir propriétaire ou posséder un four à micro-ondes étaient les avatars du progrès dans lequel nos aïeux ont grandi.

Inutile de préciser à quel point l’environnement socio-économico-culturel a évolué durant les 30 mytheuses : chômage, inflation, endettement, mondialisation, crise environnementale sont les symptômes d’une gueule de bois héritée d’une autre époque.

Si quelques exemples encourageants de publicité réformée existent, cet outil au service de la demande effective n’a jamais su terminer sa mue, tout comme les environnements dans lesquels il opère.

La publicité doit quitter son rôle passé de soutien docile de la croissance au bénéfice d’un rôle de moteur de la croissance, en stimulant la circulation des idées neuves et progressistes : le consommer moins et mieux, l’intelligence collective, l’éveil aux Humanités, le recul des inégalités.

Il y a quelques mois, un employé de Facebook parti monter un réseau social non-profit déclarait “the best minds of my generation are thinking about how to make people click ads and that sucks”. C’est vrai.

Seulement l’outil est neutre, à nous de catalyser l’intelligence qui bosse dans la publicité au service d’un dessein plus élevé.

Ne tirons pas sur le pianiste, nous composons les mélodies.

7 thoughts on ““The best minds of my generation are thinking about how to make people click ads” : comment catalyser nos intelligences au service d’un grand dessein”

  1. L’outil est peut etre neutre mais notre mission est clairement definie: elle consiste a influencer positivement in fine la vente d’un produit ou d’un service.
    A notre niveau (celui de la publicite), il me semble illusoir de croire que l’on peut changer le but de nos clients. Si on souhaite s’elever a un plus grand dessein (dans l’hypothese que l’on soit mecontent de l etat actuel des choses), la premiere etape me semble etre dans le choix des clients.

    Like

    1. Il ne s’agit pas de changer radicalement nos clients mais conjuguer croissance et responsabilité. Less is more satisfait autant les consommateurs que les CFO non? En outre, changer de client est trop facile… C’est un peu comme ces agences qui gagnent des prix avec des ghosts.

      Like

  2. Hey. Ce qui est frustrant, c’est qu’en travaillant dans la publicité, on se retrouve à la croisée de plusieurs technologies et outils qui nous permettent parfois d’avoir un impact déterminant sur les attitudes, les évolutions et tendances comparé à d’autres industries. Ces capacités que donne la publicité peut entrainer une envie de plus s’impliquer dans nos choix de sociétés.

    Malheureusement, je crois que la seule manière est de suivre l’exemple de ce mec de Facebook : partir et monter la boite en laquelle on croit ou choisir une agence qui semble porter nos valeurs. Changer nos clients à grande échelle me semble compliqué sans une réelle volonté commune des collaborateurs de l’agence.

    Like

    1. S’il n’y a que les collaborateurs d’agence à recruter pour faire bouger les clients, alors cela est possible. On n’a pas toujours besoin d’être très nombreux en outre.

      Like

          1. Pas vraiment si ce n’est son lobbying Made in the US et sa croisade contre Coca. Sur le reste je sais pas trop ce qui se pqsse

            Like

Qu'en penses-tu?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s