Les lignes éditoriales des titres de presse sont-elles encore utiles?

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La presse réussira-t-elle à faire fructifier son modèle naissant du snacking?

Comme chaque année, on a tiré sur les ambulances : moqueries vis à vis des sujets marronniers des news, accusations de sexisme de la presse people, polémique sur la qualité des contenus, etc.

Nulle n’ignore les perturbations économiques de la presse. Ce que les marques médias perdent en papier n’est pas compensé par le digital (voire tableaux infra), malgré les nombreux et louables efforts entrepris.

Toutefois, on peut légitimement se demander si la presse n’a pas creusé sa propre tombe en favorisant un modèle basé sur le volume plutôt que sur la valeur. Jadis, on apprenait l’importance du taux d’abonné ou du taux de reprise en main qui disait le lien entre les titres et les gens. Aujourd’hui, seuls le nombre de lecteur, voire le taux de circulation inter-écrans compte.

A la lumière de la manière dont les gens plébiscitent les contenus aujourd’hui, la presse s’inspirait du même modèle que l’album musical : on payait pour 20% des contenus, 80% n’étaient jamais utilisés.

Aujourd’hui, musique et articles s’achètent / se consultent au titre, la valeur est passée du côté des 80%, ce qui remet en question la question de la ligne éditoriale. On prend la juste mesure des opinions du Figaro ou de Libération et parcourant l’intégralité d’un numéro. En lire 3 articles par mois ne permet pas de sentir pleinement la couleur des titres.

De fait, on peut se demander s’il est encore utile ou payant d’avoir des opinions pour un titre de presse ou une marque média.

Pis, analyser la consistance d’un titre n’a sans doute plus aucun intérêt, dans la mesure où seule une poignée de lecteur connaissent en profondeur les produits.

Les accusations vis-à-vis de la presse people ou des marronniers ne tiennent plus.

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5 réflexions sur “Les lignes éditoriales des titres de presse sont-elles encore utiles?

  1. Alors j ai pas tres bien compris l’analogie.
    En gros comme on consomme de la news et plus une marque de news, la ligne editorial est moins importante?

    C’est marrant j aurais un avis diametralement oppose:
    Si tout le monde pompe la meme news, alors il est important d’avoir une ligne editoriale forte pour se demarquer des autres.

    En effet, ne pouvant pas gagner la course au buzz a chaque fois, ils faut bien avoir un angle qui justifie aux lecteurs de venir autre qu’etre le premier.

    A ce sujet, j invite les amateurs de media d ecouter la dernier emission de The Stack chez Monocle http://monocle.com/radio/shows/the-stack/52/.
    Un des specialiste de la question suggere que le salut des journaux (daily news) passent par de l’opinion (columnist).

    Enfin, le planner qui dort en moi a grogner en voyant tes tableaux comme justification que les revenus digitaux ne compensent pas la baisse des revenus papiers. (fait que je ne challenge pas)

    En effet tu compare non seulement Papier VS Papier&Digital (alors qu il faudrait compaper Papier VS Digital+ Papier&Digital) et on parle ici de taux de penetration de l’abonnement et non revenue par lecteur.

    Bref 😉

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    1. Pour le premier point je comprends ton point de vue. C’est la logique qui voudrait ça et qui explique le développement (parfois le succès) de nouveaux titres tels que l’Opinion, Atlantico ou Mediapart. Toutefois, dans les grandes masses, ces titres demeurent anecdotiques par rapport à la force de frappe des fermes de contenus type Huff Co and co. Ici, on refait le débat entre TF1 et Arte et « ce que devrait être la TV ».

      Pour les chiffres, s’ils ne sont pas strictement illustratifs mais ne font que donner des indications, c’est parce qu’on sait que la plupart des magazines (c’est moins vrai pour la presse quotidienne) vivent grâce aux abonnements. Ce qui expliquait pourquoi un abonnement à une revue était souvent très bon marché et assorti d’une cafetière et 3 appareils photo.

      Je comprends ton point de vue et j’aurais tendance à vouloir être d’accord avec toi mais il faut bien reconnaître qu’Arte ne gagnera jamais face à TF1, mm si plein de gens sont OK avec ça sur le papier… (sans mauvais jeu de mot évidemment).

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      1. c’est parce qu’on sait que la plupart des magazines (c’est moins vrai pour la presse quotidienne) vivent grâce aux abonnements
        -> Interessant j aurais plutot pense que les magazines vivaient grace a la pub et donc brader leur abonnement (vogue 5£ par mois en kiosque, £15 l abonnement d’un an) avec des machines a cafe afin d’avoir une circulation garantie (et donc y indexer les pages de pub).

        Au passage, en parlant de mag, petite stat bien croquante
        « Digital still represents a mere 3.3% of total circulation — be it free or paid. »
        http://www.thestar.com.my/Tech/Tech-News/2013/08/12/Consumers-moving-to-digital-magazines-slowly.aspx

        Sinon concernant la legende de photo faisant referance au snaking:

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        1. De mémoire on dit que les abo font la moitié des revenus, l’autre moitié vient de la pub. Je vais me renseigner pour te confirmer.

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