Existe-t-il un *politiquement correct* vis-à-vis du digital?

Depuis quelques années, sous l’effet conjoint du vieillissement de la population et de la globalisation de l’économie, une frange de la pensée de droite s’est radicalisée (ce qui n’est pas sans ironie quand on connait leurs marronniers), reprochant à notre époque de « ne plus oser dire la vérité », au nom du « politiquement correct ». Emmanuel Todd, Eric Zemmour, Dieudonné, Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Thierry Ardisson… Les exemples ne manquent pas.

En bon démocrate je respecte leur point de vue, à défaut d’y adhérer. D’ailleurs le sujet de cet article ne porte pas sur les réactionnaires français mais sur les réactionnaires de la pub.

Le développement du digital produit un effet un peu similaire à celui de la globalisation sur les professionnels du marketing, divisant la profession en deux camps :

  • Ceux qui embrassent la nouveauté, comme d’autres s’emballèrent autrefois pour la machine à vapeur, la voiture automobile, ou la radiodiffusion.
  • Il y a ceux qui regrettent le bon vieux temps, qui voient Internet comme une menace.

Une fois encore, il ne s’agit pas de juger ces points de vue, chacun prêche pour sa chapelle et la vérité n’existe pas. Toutefois, et à titre personnel, je suis bien embêté de constater que bon nombre de mes idoles font désormais partie du camp des réactionnaires.

Martin Weigel, apôtre déchu de l’engagement planning, chantre d’une publicité comme on n’en fait plus, regrettant la couardise des marques, apostrophant l’absence de cohérence des marketeurs. Son dernier article sur le courage est un archétype de naïveté.

Deuxième grosse déception : Dave Trott. Dont le talent d’auteur n’a d’égal que son dégoût de la nouveauté. Après plusieurs années à nous rappeler les bases du métier avec force anecdotes, ce Cassandre génial passe désormais le plus clair de son temps à cracher sur la jeunesse, à dénigrer le présent, à regretter le futur.

Il ne s’agit pas d’être dans l’excès inverse et d’accepter sottement toutes les nouveautés du monde de marketing. Tout le monde a le droit d’avoir son point de vue, même à rebrousse chemin.

La question que je me pose, c’est comment peut-on muséifier – pour ne pas dire momifier – l’héritage publicitaire alors que son génie est né de l’innovation ? La radio, la télévision en couleur, le développement des études quali/quanti, l’apparition de nouveaux appareils de consommation de l’information.

Pourquoi le progrès pose désormais problème? Est-ce le fruit de l’époque? Est-ce la disparition des gatekeepers traditionnels qui laisse émerger ce genre d’opinions?

Vous en pensez quoi?

Une réflexion sur “Existe-t-il un *politiquement correct* vis-à-vis du digital?

  1. Vous êtes sur d’avoir bien lu l’article de Martin Weigel … ? Il y critique l’usage abusif de l’idée de bravoure, plutôt que la couardise en communication.
    J’y ai plutôt vu une réponse aux réactionnaires qui regrettent la disparition d’un soi disant age d’or pendant lequel la publicité était évidemment plus audacieuse et « courageuse », car libérée de toutes ces petites prudences « médiocres » imposées par la proliferation d’outils de mesure digitaux.
    On y lit la défense d’une créativité « efficace », rejetant l’idée que celle-ci serait toujours un coup de dés ou un va tout a hauts risques. Ca devrait vous plaire.
    La « bravoure » peut parfois devenir l’excuse d’une créativité un peu paresseuse et probablement narcissique.
    Je n’y ai en tout cas pas vu l’article d’un vieux de la pub. au contraire.

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