Les femmes numériques n’auraient pas à se regrouper si les hommes numériques n’étaient pas aussi cons

Je ne suis pas toujours fan des méthodes de Guillaume Meurice pour amuser : les micro-trottoirs sont un exercice pernicieux, en tant que marketeurs nous ne le savons que trop bien.

Il y a quelques jours avait lieu la journée de la femme digitale au sein de la maison de la radio, aussi, Guillaume Meurice s’en donne à coeur joie, à coup d’interviews qui démontrent l’utilité floue de cette démarche.

Je ne suis pas sûr de savoir quoi penser de cette journée mais j’ai envie de la défendre, pour une raison à laquelle l’histoire donnera raison.

En tant qu’homme blanc diplômé qui travaille dans l’industrie numérique (je suis donc un homme du digital pour reprendre la formule qui amuse la matinale d’Inter), je comprends – et j’encourage – les femmes à se mobiliser pour exister dans un environnement professionnel majoritairement composé d’hommes et de son corolaire de pratiques socioprofessionnelles masculines.

Empowerment ou « femme de l’IT » sont certes des expressions qui sonnent comme du jargon pour les auditeurs de France Inter, mais dans une industrie qui ne respectent pas la parité des salaires (comme le rappelle Guillaume Meurice), où la culture de la frat’ régit les rapports professionnels (c’est un peu moins vrai en France qu’aux Etats-Unis où la bro culture pose problème) et où le manque de diversité peut conduire les hommes à devenir des prédateurs, on doit encourager les femmes à se défendre, à se regrouper, à se mobiliser pour faire peser leur voix (c’est tout le combat de Sheryl Sandberg, COO de Facebook).

La plupart des start-ups prétendent innover, sauver le monde, améliorer la condition des gens. Or, que ce soit dans leur propre politique RH ou dans leur démarche d’innovation, la culture dominante de l’homme blanc diplômé est un frein, une filter bubble, un cancer. A l’avenant de la gentrification de San Francisco (où la majorité des start-ups s’emploient à inventer des services qui réduisent les rapports humains), l’innovation digitale est victime de son absence de diversité.

L’innovation devrait profiter à tous et dans le temps, pas uniquement aux geeks élitistes qui ne supportent plus de descendre acheter leur lait de soja chez Carrefour Market.

Je vous recommande à ce titre une bonne lecture : Start-up, arrêtons la mascarade. Contribuer vraiment à l’économie de demain, de Nicolas Menet et Benjamin Zimmer. Les auteurs y pointent les enjeux de profitabilité intégrale des futurs projets : soucieux de croissance économique bien sûr, mais aussi de respect des gens et de la planète.

Bref, oui il y a peut-être de quoi sourire des femmes numériques, mais il y a surtout à pleurer des hommes numériques.

Mais ce n’est pas une fatalité, alors appelons de nos voeux des entreprises représentatives de nos potentiels consommateurs, ça semble la moindre des choses.

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