Est-ce que toi aussi tu considères que le monde va mal?

Je ne suis pas fan de Tim Harford, économiste et journaliste. Il m’arrive toutefois fréquemment de tomber sur ses articles, beaucoup partagés en ligne. Son article The world is not as gloomy, or wonderful, as you may think interroge pourtant une question qui m’est chère : le monde coure-t-il à sa perte ou sommes-nous plus intolérants vis-à-vis du malheur ?

Harford rebondit sur les études de décalage de perception résumée dans le livre Factfulness de Anna Rosling Rönnlund, Ola Rosling et Hans Rosling :

  • 2/3 des citoyens américains croient que la population vivant sous le seuil de pauvreté a doublé alors qu’elle a été divisée par deux.
  • La plupart des citoyens britanniques croient que la criminalité augmente (alors qu’elle baisse depuis les années 90) et qu’il en va de même pour les grossesses adolescentes (dont le chiffre n’a jamais dépassé les 1% de 13-15 and).
  • La plupart des pays surestiment fortement leur population musulmane depuis le 11 septembre.

Ces chiffres admettent par ailleurs un *double fond* :

We don’t see a serious problem where we live, but we feel strongly that trouble is all around us, just over the horizon.

90% des citoyens britanniques se déclarent individuellement tout à fait heureux ou plutôt heureux alors qu’ils estiment que moins de la moitié de la population britannique est heureuse.

Sans souscrire à sa conclusion béhavioriste (pour ne pas dire conspirationniste) sur le rôle des médias, ce décalage de perception féconde d’interminables conversations au café du commerce, en salle de réunion, dans les foyers, dans la rue.

C’est la raison pour laquelle je travaille dans une entreprise spécialisée dans la data. Je n’ai aucunement fait le deuil de la paradoxalement difficile quête d’objectivité inhérente aux chiffres, mais le projet de rétablir un certain nombre de décalage au service d’un marketing respectueux, droit dans ses bottes et intègre m’anime totalement.

Il ne s’agit pas de jouer au *Batman de la donnée* redressant des torts, mais de participer au rééquilibrage du talent individuel des sujets travaillant dans la communication et de leur capacité à prendre des décisions les moins biaisées possibles.

Je ne supporte pas le pessimisme, a fortiori dans nos métiers. Le minimum vital du planning stratégique est d’en limiter le périmètre – à défaut de l’éliminer – afin d’aider le marketeur à ne pas broyer du noir, surtout sans raison. Les métiers du marketing n’ont déjà pas bonne presse, n’en rajoutons pas en injectant nos travaux de mauvaises ondes.

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