Etre sales c’est propre

Les bons vendeurs sont une espèce rare. Energie, résilience, détermination et bonne humeur caractérisent ces forces de la nature, impossiblement découragés, toujours d’attaque, jamais avares d’un petit râteau, qui ne fait qu’exciter leur appétit. Les bons vendeurs sont une espèce rare, et c’est à ça qu’on les reconnait. Leur rareté les rend beaux.

Dans le milieu de la communication, j’ai l’impression que le talent de vente n’a pas (ou plus) bonne presse. Tantôt les structures qui les emploient les exhortent à devenir des consultants ou des conseils (pour ne pas dire des business partners car ça donne la nausée et il faut bien finir ce modeste article), tantôt eux-mêmes aspirent à des fonctions différentes, à la croisée du conseil, de la stratégie, du commerce et d’autre chose.

Par tropisme vers le structuralisme, je considère que les entreprises du marketing sont responsables de la déconsidération du talent de vendeur. Les vendeurs sont des victimes.

Quelle hypocrisie.

Quand on regarde de plus près, la majorité des entreprises à succès sont des machines à employer les vendeurs. Que ce soit les GAFA aujourd’hui (Facebook et Google ont beau essayer de nous expliquer qu’ils conseillent, leurs slides ne sont que des brochures commerciales du search), les entreprises de software hier (Adobe, Microsoft, Oracle…), de hardware avant-hier (IBM, Xerox, HP, Compaq…).

Cette petite séquence issue de la série Silicon Valley illustre ce décalage entre les ingénieurs et les vendeurs :

Même les agences de pub apparaissaient plus agressives commercialement quand on relit des vieux livres ou qu’on regarde Mad Men : des gens comme Peter Campbell sont des vendeurs de génie.

Je trouve terrible qu’on cherche à brimer les vendeurs, à les maquiller en consultants, à contrarier leurs talents. Ils finissent pas flétrir, se trouver nul, perdre confiance en eux, essayez de changer de job, n’y rencontrer que le mépris, la déconsidération.

Aujourd’hui, c’est un mot d’amour que j’ai envie d’adresser aux vendeurs : restez vous-même, n’écoutez pas les Cassandre, cultivez vos talents. Vous faites un beau métier, sans vous ce sont des milliers de familles qui sont à la rue.

Continuez à vendre, et arrêtez d’essayer de faire autre chose. Vous avez un don. Vous avez le don.

2 réflexions sur « Etre sales c’est propre »

  1. Les agences ne vivent que grâce aux vendeurs. L’expertise, la créa, le planning = de « simples » fondamentaux. Ce sont les vendeurs qui permettent aux agences de passer des caps, de se développer, de résister dans le temps.

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