Plaisirs et angoisses du grand bain

Depuis 18 mois, nous bossons comme des chiens pour monter un pôle créatif d’une vingtaine de personnes. Au-delà des joies, des peines, du stress et des montagnes russes émotionnelles, je dois faire une confession, probablement inhérente à mon immaturité. Je prends un plaisir immense à être en première ligne : obtenir les informations brutes des clients, leurs demandes, leurs debriefs, leurs mécontentements, avoir le nez dans les sous, les timesheets, les taux de staffing.

Qu’il est doux de pouvoir se faire sa propre opinion sur les interactions commerciales qui ponctuent la vie d’une équipe. Qu’il est valorisant d’obtenir des retours non filtrés par des gens plus séniors. Qu’il est rassurant de comprendre enfin concrètement comment gagner sa vie.

Ce plaisir se trouve pour autant nuancé par un embryon d’inquiétude : et si nous prenions trop de plaisir à faire les choses nous-mêmes ? Que se passe-t-il le jour où tu as trop souvent l’impression de savoir ? N’est-ce pas un risque pour l’esprit d’équipe ? Pour les impératifs de croissance qui vont nécessiter d’élargir les rangs ?

La prochaine étape du succès va consister à transformer les talents individuels en méthodologie réplicable et intelligible. Ca promet.

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