En tant que marketeur (digital), je ne suis qu’un brave épicier

Ce post a été inspiré par une énième tribulation de BBH – portée cette fois ci par son head of product aka. responsable de la stratégie qui n’a de digital que le nom – fustigeant l’intérêt des annonceurs pour les leviers de bas de funnel au détriment des leviers de haut de funnel. Il prétexte un manque de courage par rapport aux perspectives de croissance offerts par ces deux leviers : petits mais peu risqués d’un côté, rares mais rémunérateurs de l’autre (livret A vs. capital risque pour dire les choses autrement).

Je comprends son point de vue même si je ne le soutiens pas. Il est possible de faire cohabiter les mêmes approches, à condition d’avoir une culture d’entreprise qui n’enferme pas les gens dans des cases.

Dans trop d’agences/groupes, les différents métiers se toisent sans véritablement se comprendre. Chez BBH il n’y a que de la publicité donc c’est facile de se sentir appartenir à un village gaulois. Mais dans les boites qui hébergent un département pub, un corporate, un digital, un shopper marketing, un édition, etc. c’est une autre paire de manche d’aligner tout le monde derrière une vision forte.

Pourtant, en repartant d’un exemple que tout le monde connait, on se rend compte que les passerelles intellectuelles entre court terme et long terme sont sous nos yeux, à condition de donner une chance à la chance.

Je pense notamment à la convergence intellectuelle entre 99% des initiatives digitales et le shopper marketing. On pourrait imaginer que ces deux aspects du métier de communicants sont singuliers (les publicitaires construisent des grandes marques émotionnelles à long terme tandis que les shopper construisent des opérations de promotions générateurs de gains à court terme) alors qu’en réalité ils partagent le même objectif : la génération de leads.

Une stratégie digitale (qu’elle soit e-commerce, sociale, branding, relationnelle ou tout en même temps) cherche à créer de la récurrence de trafic dans son écosystème, exactement comme un magasin. Pour générer de la fréquence de visite il fait appel à un calendrier thématique pour évènementialiser ses alibis de visite. Comme un magasin.

Je suis prêt à entendre tout mais je crois qu’après des années à faire de l’internet, plus personne ne saura me convaincre qu’en tant que marketeur digital, je ne suis qu’un épicier. S’il y a encore des gens pour croire que ce sont les campagnes plutôt que les vitrines qui construisent une marque, alors on ne peut plus rien pour eux.

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