Du besoin impérieux de modération sur les réseaux sociaux

Il y a quelques jours, Facebook annonçait le recrutement de Nick Clegg – ancien adjoint de David Cameron au Royaume-Uni durant son mandat de premier ministre – pour gérer ses affaires publiques, dont les controverses dont fait l’objet le réseau social au sujet du discours haineux en ligne, sur le point d’être menacés de sanction par Bruxelles.

Le trollisme est un des effets secondaires du web des plus redoutables et populaires : la plupart des producteurs de contenus (qu’il s’agisse d’un post de blog, d’un tweet, d’une photo Instagram ou d’un article sur un forum) en ont déjà fait l’expérience (je me souviens personnellement de quelques individus ayant reproché à NLQ son niveau d’anglais en 2014 durant son année à la conquête de l’ouest, ce qui était gratuit et terriblement blessant).

Hier, l’excellente newsletter PetitWeb relaie la réaction d’une philosophe au sujet de cette intervention vidéo de Maud Bailly (ci-dessus), la patronne du digital d’AccorHotels.com (qui se trouve être un client d’Artefact, autant le préciser).

De manière surprenante, la réaction philosophique est très peu philosophique. Elle attaque :

  • le discours de Bailly (son fond sa forme ses métaphores)
  • le professionnel qui essaie de lui expliquer en commentaires que ce discours jargonneux est destiné à un cénacle de professionnels du marketing,
  • la nature même de cette conférence (à l’aide d’un titre pourtant diablement marketing puisque qu’il racole plus bas que terre).

Je ne remets pas en cause le droit de chacun de prendre la parole sur ce qu’il veut, c’est le vice et la vertu des réseaux sociaux. Mais dénoncer un discours dont on ne comprend pas les tenants et les aboutissants – mention spéciale à put oneself in someone shoots au lieu put oneself in someone’s shoes (preuve ultime que l’empathie n’est pas le sujet de prédilection de cette philosophe) s’apparente au mieux à du trollisme, au pire à une initiative ridicule de personal branding.

Que fait Mme Laurence Bouchet sur Linkedin ? Qu’est-ce qu’elle cherche à nous vendre? Du coaching anti-bullshit? Des cours de vocabulaire bienveillant? Des leçons de management? Du conseil en biographie Linkedin (le fait qu’elle moque le type qui se dit rainmaker alors qu’elle se désigne conductrice de philomobile est ahurissant).

Je ne me permettrais jamais de juger le discours d’un philosophe. Au nom de quelle légitimité cette philosophe juge-t-elle ce discours marketing? Qu’elle en produise une analyse est tout à son honneur, mais ce ton pamphlétaire de son topo attise la haine.

Toute viralité n’est pas bonne à prendre, surtout quand elle est à ce point délétère.

2 réflexions sur « Du besoin impérieux de modération sur les réseaux sociaux »

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