Pourquoi la *smart city* enthousiasme alors que la Chine inquiète?

Je fais de mon mieux pour m’intéresser au sujet de la smart city. Cela ne m’intéresse pas vraiment en soi mais les questions que cela pose sont fondamentales.

Voici la définition qu’en donne notre excellente CNIL :

La ville intelligente est un nouveau concept de développement urbain. Il s’agit d’améliorer la qualité de vie des citadins en rendant la ville plus adaptative et efficace, à l’aide de nouvelles technologies qui s’appuient sur un écosystème d’objets et de services. Le périmètre couvrant ce nouveau mode de gestion des villes inclut notamment : infrastructures publiques (bâtiments, mobiliers urbains, domotique, etc.), réseaux (eau, électricité, gaz, télécoms) ; transports (transports publics, routes et voitures intelligentes, covoiturage, mobilités dites douces – à vélo, à pied, etc.) ; les e-services et e-administrations.

Ce n’est pas d’une clarté folle mais ça laisse a minima imaginer une ville connectée permettant de gérer un certain nombre d’infrastructures à distance : réduction de la vitesse sur les rocades quand la qualité de l’air fait défaut, déclenchement à distance du chauffage ou de la climatisation, relevé de compteurs, optimisation de l’allocation des ressources en matières de transports en commun, routes capables de recevoir des véhicules (semi)autonomes…

La question que ce sujet lève – par-delà les inquiétudes bizarres mais existantes liées au compteur Linky – est celle de la nature des opérateurs de la ville intelligente. Les investissements nécessaires pour connecter les villes sont titanesques, disqualifiant presque d’emblée les acteurs publics. Le cas de Google à Toronto est à l’avenant de celui de Bolloré pour Autolib ou Smovengo pour le Vélib à Paris. Il existe évidemment des contrats de concessions, des partenariats publics privés (cf. les autoroutes en France) ou toute sorte de statuts spéciaux.

Mais dans le fond, est ce que les entreprises privées sont capables de servir le bien commun ?

En qualité de marketeur, je crois à cette possibilité. En tant que citoyen, j’aimerais y croire à 100% mais j’ai du mal à ne pas avoir quelques doutes. L’Etat n’a pas le monopole de l’intégrité. Mais confier sa ville à Google qui peut collecter des données sur les citoyens à leur insu ne me paraît pas dénué de risques.

Bref, la vraie question que je me pose c’est surtout : pourquoi tout le monde s’extasie sur le concept de smart city alors que quand la Chine explique que sous ses habitants sont fichés dans un grand dossier centralisé et qu’ils peuvent payer leurs impôts par reconnaissance visuelle, les gens ont peur ?

1 réflexion sur « Pourquoi la *smart city* enthousiasme alors que la Chine inquiète? »

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