Oui les consommateurs attendent que les marques fassent le bien. Sauf quand elles font le mal.

Le simple fait de tenir un blog depuis plus de 10 ans indique mon amour profond d’internet. Pourtant, les éléments d’affaiblissement de cet amour s’accumulent.

Il y a quelques jours, L’Union Européenne adressait une amende de 50M d’euros à Google pour non-respect de la directive RGPD (il est impossible de savoir ce que GGL fait des tonnes de données moissonnées quotidiennement // je vous joins l’article en pied de page). C’est le début d’une longue lutte de rééquilibrage de la puissance des GAFA (je vous dis ça depuis mon navigateur Google Chrome sur lequel je suis loggé : j’ai des progrès à faire en matière de résistance, comme tous).

Cette amende n’a rien à voir avec la question des droits voisins. Pourtant, c’est un relisant des articles sur le lobbying contre l’Union Européenne qu’elles me sont revenues en mémoire. Google – comme Facebook – paye des milliards pour maintenir son statut d’hébergeur plutôt que de média. Cette neutralité permet de ne pas être tenu responsable des contenus échangés/hébergés sur sa plateforme. C’est cette logique qui a conduit à fermer Google News dans certains pays puisque même si Google ne publiait officiellement que des extraits des journaux sur son agrégateur, cela lui suffisait à capter la majorité des recettes publicitaires des dits « extraits » (cela a participé à mettre à terre une bonne partie de l’industrie de la presse et du journalisme de qualité).

Bref, je voudrais revenir sur la campagne la plus honteuse de l’année dernière : #SaveYourInternet. L’article 13 de la directive européenne sur les droits d’auteur, approuvé mi-septembre par les députés européens, ouvre la voie à l’évolution du statut d’hébergeur de Google. Youtube – ou Facebook – pourraient être obligés de passer des accords nationaux avec les organismes régisseurs du droit d’auteur pour rémunérer les ayant-droits d’oeuvres utilisées sans accord dans les contenus publiés sur leurs plateformes. Télérama résume très bien l’enjeu concret de cet article :

Le youtubeur Squeezie met en ligne une vidéo sur l’ascèse avec un extrait d’Oncle Boonmee, du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. YouTube n’aura alors le choix qu’entre deux options : régler des droits d’auteur ou supprimer la pastille du vidéaste.

Afin d’éviter de signer un gigantesque chèque sous peine de fermer 80% des vidéos qu’il héberge, Google (via Youtube) se débat comme un diable pour amender l’article 13 en envoyant des éléments de langage à ses « créateurs » pour qu’ils s’insurgent contre la potentielle suppression de leur oeuvre. En réalité, il ne s’agit pas de tuer la création mais de la soutenir en rémunérant les ayants-droits en cas d’utilisation d’une oeuvre. Ce n’est pas à des Français que Google va apprendre cela : qu’il regarde l’excellent Beaumarchais l’insolent s’il veut s’en convaincre.

On ne va pas jeter à la pierre aux pauvres créateurs – très souvent amateurs même si certains en vivent – Youtube empapaoutés qui ne font que répéter les arguments de Youtube : le pauvre Squeezie n’est pas tenu de se rendre compte qu’il a construit son succès sur une plateforme hors-la-loi qui ne lui a jamais interdit de publier des extraits d’oeuvres.

C’est vraiment à Google que j’en veux. A la mauvaise foi de sa créatrice qui défend ses recettes publicitaires au nom de la création alors qu’il suffirait de reverser une partie de ses revenus stratosphériques aux organismes de rémunération des ayants-droits. Il est anormal qu’un créateur Youtube qui publie des extraits d’un film, d’une chanson ou d’une bande-dessinée ne verse pas une partie de ses recettes financières au créateur de l’extrait utilisé (ce qui ne manque pas d’ironie puisque je peux vous dire que pour avoir déjà essayé de négocier avec Google de les faire apparaître dans des films de pub, je peux vous dire qu’ils ne laissent absolument rien passer).

Je voulais juste vous rappeler à qui nous donnons, en tant qu’agences de pub, une très grande partie de nos investissements publicitaires et créatifs : à des voyous qui se créent au far-West. Qui ont certes créé des produits fabuleux, mais qui profitent aujourd’hui de leur position dominante. Gardons ça en tête.

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