L’adieu à Solférino, une histoire de la dépendance du pouvoir au mid management

Sur les conseils d’un ami proche du parti socialiste, j’ai visionné L’adieu à Solférino il y a quelques jours. Ce documentaire d’une heure et demi commandé par Public Sénat livre un retour d’expérience sur le mandat de François Hollande par ceux qui l’ont vécu de l’intérieur. Son titre indique sans fard le dénouement de ces cinq années.

[J’ai voté François Hollande aux deux tours en 2012, autant contre Sarkozy que pour le programme et les valeurs du PS. Je considère qu’il a mené un mandat honorable au bilan positif.]  

Au-delà de la qualité des coups de poignard adressés à François Hollande que vous prendrez plaisir ou déplaisir à ré-entendre, il y a quelques belles leçons de management à tirer de ce contenu.

La première, c’est la dépendance d’un chef à son middle management. Entre un gouvernement et un codir, il y a des parallèles. Ici, François Hollande s’est mis à dos son codir au bout d’1 an avec l’affaire Florange, qui lui a pourri le reste de son mandat. 

La question levée par ce premier couac est relative au recrutement : le talent doit-il surpasser la fidélité ? Quelles sont les contreparties exigées d’une nomination à un poste clef ? La culture de l’horizontalité de gauche empêche-t-elle les sanctions ? Je ne comprends toujours pas pourquoi Montebourg n’a pas démissionné, plutôt que de rester là, toxique et bavard. Un bon vieux Chevènement aurait su la boucler.

La capacité de nuisance d’une pomme pourrie est dingue. Mieux vaut couper la branche, vite et sec. De la même manière : mieux vaut éviter de bosser avec et pour des amis, ça finit souvent mal.

Ensuite, la nécessité d’une culture d’entreprise semble permettre de surpasser les entorses pragmatiques. Hollande n’aurait pas dû faire de promesses fermes à Florange, mais de là à se faire totalement lâcher, c’est un peu fort de café. Même leçon pour la réforme du loi travail : mal racontée et noyautée par l’ambitieux Macron, sous les yeux médusés d’El Khomri qui ne comprend pas qu’il faut se battre pour faire passer ses idées (je n’arrive pas à me retirer de la tête que Macron a su tirer son épingle par des valeurs acquises en entreprise). Bref, un récit fort aurait permis de surmonter ces chaos, qui ont fini par faire imploser le gouvernement, puis le parti socialiste, preuve que la concorde était de toute manière fragile.

Finalement : l’importance de la fidélité, en politique comme en entreprise. Hollande aura attendu des dizaines d’années avant de fureter ce mandat présidentiel, tout ça pour se faire défoncer par les siens une fois arrivé sur le trône. C’est navrant, de tout point de vue. C’est une leçon à retenir pour tous les managers ou futurs managers : les complications commencent quand vous les pensez derrière vous.

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