Quitte à lutter contre la vérité, autant se raconter de belles histoires

Il y a quelques jours, un portrait d’Elisabeth Badinter paraît dans le journal (cf. screenshot). Elle y parle notamment de sa fondation qui finance des jeunes défavorisés. Elle y mentionne une idée qu’on retrouve assez fréquemment : le grippement de la mobilité sociale.

Selon elle, la mobilité sociale aurait même carrément diminué.

Pourtant, en allant faire un petit tour sur le site de l’INSEE, il est écrit noir sur blanc que :

De 1977 à 2015, la mobilité sociale des hommes est restée quasi stable, celle des femmes a progressé.

Dès lors, il n’y a rien de plus difficile que de combattre une perception. Quand même les élites informées ont des perceptions fausses de notre pays, il faut se retrousser les manches.

Une France qui se toise et s’affronte est en situation de faiblesse pour affronter les grands enjeux d’avenir. Notre modèle n’est pas cassé à 100%. Il est perfectible, il doit s’adapter aux changements de la société, il ne doit pas oublier sa fonction unificatrice et redistributrice.

C’est peut-être naïf de penser que nous gagnerions à nous faire confiance les uns les autres mais ça me paraît indispensable.

Mais ne jetons pas l’eau du bain avec le bébé par pitié.

2 thoughts on “Quitte à lutter contre la vérité, autant se raconter de belles histoires”

  1. Synthétiser en une phrase un article avec autant de nuances me semble à la limite de l’honnêteté intellectuelle….

    Voir les points suivants évoqués dans le document de l’INSEE cité :

    – “Pour les hommes, la reproduction sociale reste forte parmi les cadres comme parmi les employés et ouvriers qualifiés”
    – “Les inégalités sociales d’accès aux professions de cadres sont encore très élevées”
    – Mobilité structurelle ≠ mobilité nette : “Une structure de l’emploi qui a changé : « «Une partie de la mobilité sociale des femmes et des hommes est directement liée à l’évolution de la structure des emplois. De fait, depuis le milieu des années 1970, c’est-à-dire depuis la fin des Trente Glorieuses, de profonds changements ont marqué la société française : essor du salariat, poursuite du déclin de l’emploi agricole, recul de l’emploi industriel, tertiarisation de l’économie, développement de l’emploi qualifié »
    – Les inégalités de genre « Comparées à leur père, les trajectoires des femmes sont toujours moins favorables que par rapport à leur mère (figure 1c). » ” Devenir cadre comme ses parents est toujours moins fréquent pour les femmes que pour les hommes »

    + Autres sources :
    La mobilité sociale est une réalité au sein de la classe moyenne mais au deux bouts de la hiérarchie sociale l’immobilisme prévaut toujours (http://www.observationsociete.fr/categories-sociales/tel-pere-tel-fils-du-nouveau-en-matiere-de-mobilite-sociale.html) // “Une pauvreté persistante
    Comme l’a résumé le Prix Nobel d’économie, Jean Tirole, « la France a plutôt moins de pauvres que les autres pays mais cette pauvreté est persistante. En clair, les pauvres sont toujours les mêmes. »”(https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/en-france-le-manque-de-mobilite-sociale-est-plus-problematique-que-les-inegalites-de-revenus-1027510)

    Intéressant aussi d’avoir un point de vue comparatif, on est plutôt mauvais élève au regard des autres pays (voir ici https://twitter.com/OECD_Social/status/1007605661860073474)

    Enfin dernier point : évolution ≠ résolution
    Justine

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